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Auteur : Sylvie Tanette
Date de saisie : 14/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Mercure de France, Paris, France
Collection : Bleue
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-7152-3222-8
GENCOD : 9782715232228
Sorti le : 01/09/2011
Région des Pouilles, début du XXe siècle : Amalia a passé son enfance à déambuler dans des paysages écrasés de soleil en imaginant des mondes inconnus au-delà des mers. Le jour où elle croise un beau marin aux yeux verts et qui dit avoir traversé la mer Noire à la nage, la jeune fille comprend que l'homme sera à la hauteur de ses rêves. Bientôt, Amalia et Stepan quittent Tornavalo pour aller tenter leur chance ailleurs. Début d'un incroyable périple...
La narratrice de ce roman, restitue auprès de son fils Téo âgé de huit ans, l'histoire de sa famille et surtout celle d'Amalia sa grand-mère - une sorte de Calamity Jane - qui trottait derrière un âne deux fois plus grand qu'elle, rêveuse pour les uns, sorcière pour les autres. Sylvie Tanette nous raconte avec des mots empreints de charme et de douceur la rencontre d'Amelia et de Stepan Iscenderini surgi un beau jour dans le village, venu de Turquie selon la rumeur populaire, mais allez savoir ! Auprès de ce merveilleux conteur, elle imagine les couchers de soleil sur Dubrovnik, Athènes et Istanbul, mais c'est pour Alexandrie que, désormais mariés - au mépris des coutumes de Tornovalo - ils quitteront l'Italie en laissant derrière eux leurs deux enfants. L'exaucement des rêves d'Amalia ? En quelque sorte, car chacun sait que le destin s'amuse à brouiller les cartes avec un malin plaisir... Un premier roman enchanteur.
Un devoir anodin que rapporte le petit Téo à la maison pour le week-end : construire l'arbre généalogique de la famille. Et pourtant, quel piège ! Cet exercice sera le prétexte pour rencontrer jusqu'aux arrières grands-parents de la mère de Téo. Une famille issue de la région des Pouilles, Tornavalo, petit village où la terre rouge omniprésente s'incruste partout. Une lignée de femmes qui rêvent de l'homme qui viendra les enlever et qui tombent dans les bras du premier voyageur, beau parleur, qui lui narre ses voyages et rencontres. Amalia jolie sorcière, rêveuse et brodeuse douée partira avec Stepan sorti de nulle part vers Alexandrie. Luna épousera Elias et ses utopies. Pourtant la narratrice aimerait refuser cette destinée de femmes cédant à leurs passions, mais en a-t-elle le choix ? Les remparts de Dubrovnik sont si attirants...
Si l'instit de votre fils lui demandait l'arbre généalogique de sa famille, vous seriez obligé de l'aider ; et dans ce premier roman, Sylvie Tanette nous conte l'histoire d'Amalia, l'arrière grand-mère de ce fiston.
Amalia vivait à Bari, rêvait, passait ses journées à travailler pour ses parents sans un sourire pour merci.
Quand un beau jeune homme se présente, elle est envoûtée par ses yeux verts et va le suivre jusqu'à Alexandrie en laissant deux enfants.
Au début du XXème siècle, son insoumission va faire parler.
Une femme pas comme les autres qui se battra pour faire ce qu'elle veut de sa vie malgré le machisme des hommes de sa génération.
Une femme peut toujours se réaliser.
1) Qui êtes-vous ? !
Sylvie Tanette. Je suis née à Marseille et je n'y vis plus.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Difficile à dire. Une fille d'aujourd'hui essaie, pour son petit garçon, d'imaginer la vie qu'ont eue ses grands parents et ses arrière-grands-parents, tous originaires de différents lieux de Méditerranée. Alors est ce que le thème central c'est la transmission ? l'immigration ? la Méditerranée ? Peut-être un peu tout cela.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Le jour où ton arrière-grand-père, Stepan Iscenderini, est arrivé à Tornavalo, le village s'est arrêté de respirer".
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Probablement une musique de Nino Rota, peut-être celle du film Amarcord, de Fellini.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un clin d'oeil complice
Amalia racontait les ronces qui envahissaient les chemins, les oliviers qui partaient à l'assaut des collines et dont, quand elle était petite, elle avait tellement peur. Elle racontait les brebis dans les granges et les murets de pierres sèches le long des champs. Le sentier qui menait à la falaise et l'âne un jour qui a sauté. Dans ces moments-là, Amalia redevenait pour un instant la petite fille qu'elle avait été, rêvant du monde entier sans avoir jamais quitté ses collines. Et même, mais alors vraiment rarement, Amalia parlait du jour où Stepan Iscenderini était arrivé à Tornavalo, le jour où le village s'était arrêté de respirer.
Région des Pouilles, début du XXe siècle : Amalia a passé son enfance à déambuler dans des paysages écrasés de soleil en imaginant des mondes inconnus au-delà des mers. Le jour où elle croise un beau marin aux yeux verts arrivé de Turquie, et qui dit avoir traversé la mer Noire à la nage, la jeune fille comprend que l'homme sera à la hauteur de ses rêves. Bientôt, Amalia et Stepan quittent Tornavalo pour aller tenter leur chance à Alexandrie. Début d'un incroyable périple...
De Bari à Istanbul, de Malte au Liban, d'Alexandrie à Marseille, Amalia Albanesi est la saga d'une famille sur quatre générations. Une lignée de femmes exceptionnelles ballottées d'un bord à l'autre de la Méditerranée au gré d'histoires d'amour passionnelles et des désordres de l'Histoire, de la révolution bolchevique à la guerre d'Espagne.
Sylvie Tanette est journaliste. Amalia Albanesi est son premier roman.
Lorsque j'ai demandé à ma mère des informations sur son grand-père, Stepan Iscenderini, elle n'a, sur l'instant, eu qu'une phrase : «Le jour où il est arrivé à Tornavalo, le village s'est arrêté de respirer.» Et alors j'ai eu sous les yeux un hameau écrasé de soleil, silencieux dans la lumière sans pitié du milieu de la journée, un village avec ses maisons de pierres sèches et ses portes closes, et un grand jeune homme qui commence à remonter les rues étroites, à pas de loup.
J'étais en train de construire un arbre généalogique avec mon fils. Mon fils Téo a huit ans. Vendredi, son institutrice a distribué à toute la classe un modèle photocopié à remplir, en disant à ses élèves de se faire aider de leurs parents. Quand mon fils m'a montré, ce matin, le travail qu'il avait à faire pour demain lundi, je suis restée impassible, mais j'ai commencé à bouillir intérieurement. Qu'est-ce que cette institutrice a dans la tête ? Est-ce qu'elle s'imagine que je n'ai que ça à faire, le dimanche, aider mon fils à faire ses devoirs ? Cela dit, au fond de moi, je savais bien que c'était autre chose qui me mettait en colère. En vérité, je me demandais comment une institutrice pouvait être assez stupide pour imaginer que l'on parviendrait à reconstituer un arbre généalogique en un seul week-end. Assez stupide pour supposer, en somme, que ce serait un travail anodin. Et en même temps j'ai pensé : quelle triste vie elle doit avoir ! Parce que je l'imaginais très bien, elle, Mme Muscat, avec son arbre généalogique d'une simplicité navrante, des grands-parents en Bretagne, je l'aurais parié, et d'autres dans le Poitou, chez qui elle passait ses vacances enfant. Sûrement qu'il y avait toujours, quelque part chez les Muscat, une grande maison ancienne remplie de souvenirs et de vieux objets. Je ne savais pas si j'avais raison de la plaindre, cela dit ce genre d'histoire familiale me fait horreur, et l'arbre généalogique de mon fils ne va pas ressembler au sien.
Alors on s'y est mis bravement, Téo et moi, assis tous les deux à la table de la cuisine. On a décidé que j'allais dicter ma partie, je devrais plutôt dire m'attaquer à ma partie, puis il rédigera la partie paternelle avec son père, qui pour l'heure est allé faire un footing, conscient qu'on en a sans doute pour un moment. Effectivement, m'est avis qu'on n'a pas fini.
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