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Auteur : Michèle Halberstadt
Date de saisie : 26/04/2012
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Romans français
Prix : 12.90 € / 84.62 F
ISBN : 978-2-226-22971-7
GENCOD : 9782226229717
Sorti le : 17/08/2011
A douze ans, la Petite a décidé de mourir... Sans doute un faible sourire se dessine sur vos lèvres car les enfants ont cette désagréable habitude d'attirer l'attention sur eux en proférant des menaces, en faisant des caprices, en refusant tout ce qui leur est proposé. En revanche, notre jeune protagoniste n'est pas l'une de ces comédiennes qui se voit tout accorder par papa et maman en deux mots et quelques larmes. Elle a pris sa décision et rien ne pourra la faire changer d'avis.
Pourquoi ? demanderez-vous. Qu'est-ce qui peut bien amener une petite fille à vouloir quitter la vie aussi prématurément ? Nous n'avons peut-être pas assez conscience de tous ces maux que subissent les enfants ou encore des mots qu'ils interprètent grossièrement. Elle a essayé pourtant, mais personne ne l'a aidé à vouloir vivre. Son seul réconfort est parti alors pourquoi ne pas le rejoindre ?
C'est dans le silence, ce mutisme qui l'habite depuis si longtemps, qu'elle met son plan à exécution et personne ne voit rien. Injustement mise à l'écart ou élue pour un chantage odieux, sa peine est incommensurable, mais la petite peut encore découvrir que tout le monde a le droit à une seconde chance.
C'est un roman à la fois bouleversant et émouvant que nous offre Michèle Halberstadt qui signe ici son quatrième roman aux éditions Albin Michel. Son personnage est doué d'une réflexion étonnante qui nous fait dire que la petite n'est pas si petite que cela en définitive. Ainsi, aurons-nous peut-être un regard différent sur ces enfants qui ont du mal à se confier...
Dans les années 60, l'histoire d'une jeune fille de 12 ans, dont nous ne saurons pas le prénom, qui se sent incomprise auprès de tous, et qui cherche à mourir, dès la première page. Elle se sent invisible, inexistante aux yeux des autres, sauf avec son grand-père, mais celui-ci la quitte. Comment des adultes pas malveillants ne voient pas le mal-être, la douleur muette de cette petite ? Alors, il y a un ultime recours... heureusement positif et tendre.
Petite mais costaude !
Combien de fois entendons nous qu'il ne faut plus donner de fessés aux enfants ? Avec La Petite Michèle Halberstadt nous flanque une bonne claque, à nous les adultes !
En à peine 150 pages, Michèle Halberstadt aborde tous les maux de l'enfance ; mais si elle frappe fort, elle n'en oublie pas pour autant la décence. De la mort du grand-père à huit ans à la rivalité avec sa soeur, en passant par les mauvaises amitiés, elle décortique avec acuité l'enfance d'une petite fille en marge. Cette petite fille qui rappelle étrangement la Paloma de Muriel Barbery, une petite fille aussi discrète que surprenante, et qui porte un regard certes acéré sur l'ineptie de la vie des adultes mais qui n'en reste pas moins poétique : la mort est perçue comme «un ciel qui s'écorche» ou «comme une note pure qui devient stridente», la soeur est «une espèce inconnue, qu'on observe avec curiosité, comme le plus insondable des mystères», les amitiés «font qu'on vous regarde au lieu de vous voir, mais nous font prendre conscience que nous ne sommes que des pantins désarticulés.» Mais contrairement à Paloma, La Petite ne se sent pas intelligente, elle se voulait juste invisible, elle se croit désormais insipide. Car ce roman aborde également la solitude, et la compagnie retrouvée dans les livres. Chez Michèle Halberstadt la Littérature est un univers salvateur où les personnages paraissent plus humains que les hommes, où ils ont des mains qui font rêver la petite : «Des mains qui plient, qui ploient, qui caressent et qui brisent. Des mains qui forcent les destins, des mains qui tracent et bouleversent le cours des vies, des mains qui trouvent leur place dans le monde, des mains entrouvertes comme une porte sur un monde inconnu.» Et si finalement, dans ce récit cristallin, où sans cesse innocence et sauvagerie se répondent, Michèle Halberstadt, au lieu de nous flanquer une claque ne nous tendait-elle pas simplement la main ?
1) Qui êtes-vous ? !
Une adulte qui n'a pas oublié les blessures de l'enfance.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La difficulté de la pre adolescence, le mal qu'on peut éprouver à vivre quand on n'a pas les mots pour se faire comprendre, juste la maturité et la conscience.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
" J'ai 12 ans, et ce soir je serai morte". Il n' y a pas de larmoiement, pas de pathos. Juste l'envie qu'elle a de ne plus continuer à souffrir.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
C'est la pire question !... Je dirais " Because" des Beatles (dans l'album " Abbey Road" pour les connaisseurs...)
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais qu'en refermant le livre, le lecteur se sente moins seul...
«J'ai 12 ans et ce soir je serai morte. Méfiez-vous des enfants sages.»
Elle n'a pourtant vécu qu'une enfance ordinaire, celle des années 1960 où l'on gardait pour soi secrets et blessures : se sentir terne et insignifiante, et surtout bête et laide. Mais il faut se méfier des enfants sages, ils portent parfois en eux des océans de désespoir... Michèle Halberstadt, l'auteur d'Un écart de conduite, décrit avec autant de justesse que de sobriété le monde de l'enfance, l'engrenage insidieux du silence et du mensonge, et la peur de grandir.
Michèle Halberstadt est productrice de cinéma. Elle a publié trois romans chez Albin Michel Café viennois (2006), L'Étrange Histoire de Mademoiselle Paradis (2008), Un écart de conduite (2010), tous très remarqués par la critique.
Des bas noirs opaques, avec derrière une couture qui partait du milieu de la cheville et courait tout le long de la jambe. Je les ai remarqués tout de suite, quand ma mère est entrée dans ma chambre. Je ne sais pas quelle heure il était, j'avais beaucoup de fièvre, une mauvaise grippe. Cela faisait cinq jours que j'étais clouée au lit. Je regardais ses jambes, fascinée. Ma mère s'habillait toujours discrètement, avec des jupes mi-longues et des collants gris. Ces bas lui donnaient une allure sophistiquée tout à fait inhabituelle.
Au lieu de venir s'asseoir au bord du lit, elle faisait les cent pas et la chambre tanguait au rythme de sa jupe sombre.
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