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Date de saisie : 06/09/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Sabine Wespieser éditeur, Paris, France
ISBN : 9782848051055
GENCOD : 9782848051055
Sorti le : 06/09/2011
À l'occasion de la parution du cinquième volet du Quintet de l'islam - La Nuit du Papillon d'or -, Tariq Ali évoque, dans un court texte imprimé en prélude de ce carnet de notes, les raisons, les anecdotes et les personnes qui l'ont incité à écrire cinq romans dont la toile de fond est l'histoire des conflits entre l'Occident chrétien et la civilisation islamique.
Chacun des livres de ce cycle romanesque est consacré à une période d'ascension ou de déclin de l'islam.
Situés à cinq époques différentes, ils se lisent indépendamment l'un de l'autre.
Un sultan à Palerme (2007)
explore la Sicile cosmopolite du XIIe siècle.
Le Livre de Saladin (2008)
met en scène Salah al-Din, qui libéra Jérusalem des Croisés en 1187.
L'Ombre des grenadiers (2009) revient sur la fin d'al-Andalus en 1499.
La Femme de Pierre (2010)
est une chronique du déclin de l'Empire ottoman.
La Nuit du Papillon d'or (2011)
dresse un portrait dévastateur du Pakistan contemporain.
Notes sur le Quintet de l'islam
traduites par Dominique Goy-Blanquet
Lahore : années cinquante
J'ai grandi à Lahore, et à l'époque l'histoire de l'islam ne m'intéressait pas le moins du monde. Non. C'était l'affaire des vieux rasoirs, des mules patriotes, des garçons sous l'emprise de parents religieux ou de mollahs. Un de mes jeunes oncles s'était mis à arborer une barbe. Il cherchait un refuge dans la religion pour expier je ne sais quel péché qu'il avait commis. Imaginaire ou réel ? Ça m'était égal. Quand il arrivait chez nous, mes parents qui le trouvaient ennuyeux comme la pluie disparaissaient pour aller jouer au tennis. Il fallait que je marche avec lui dans le jardin pendant des heures interminables, ou du moins c'est l'impression qu'elles me donnaient. L'oeil illuminé, il me racontait des histoires sur les débuts de l'islam et la grandeur des premiers califes. Pas un mot sur les assassinats ni leurs mobiles, ou sur l'intrépide Aïcha, la plus jeune épouse de Mahomet, qui selon la tradition était la seule à oser parfois se moquer de lui. Tout cela est venu plus tard. Mon oncle rendait l'histoire tellement barbante (comme les hagiographies chrétiennes) que j'avais appris à me déconnecter complètement pour penser à des choses plus agréables. C'est sa faute si j'ai perdu tout intérêt pour les origines de la culture dans laquelle je vivais. Mes parents étaient communistes, et notre maison était pleine de poètes et d'artistes, leaders paysans, syndicalistes, critiques littéraires. Qui avait besoin de la religion ?
Oxford- Londres : années soixante et soixante-dix
Il y a de la révolution dans l'air. Nous sommes prêts à combattre. Nous vaincrons : Paris, Londres, Rome, Berlin. Les victoires se situaient en Asie : Vietnam et Pakistan. Défaite des Américains. Leur retraite ignominieuse : le spectacle réjouissant des hélicoptères américains rembarquant leurs troupes. Quel bonheur d'être vivant. Des étudiants radicaux ont combattu les autorités militaires. Us scandent des slogans socialistes et anti-intégristes. Ils sont rejoints par des ouvriers et des hommes de loi, des magistrats et des épiciers, des médecins et des prostituées ! Us tiennent tête aux militaires pendant trois mois pleins. Ils perdent toute crainte de la mort. La dictature militaire vacille et tombe. Je ne pense pas encore à l'histoire de l'islam ou de la chrétienté. Très peu de gens y pensent...
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