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Auteur : Florent Griffon | Michel Griffon
Préface : Alain Cugno
Date de saisie : 09/09/2011
Genre : Environnement
Editeur : Odile Jacob, Paris, France
Collection : Sciences
Prix : 25.90 € / 169.89 F
ISBN : 9782738126474
GENCOD : 9782738126474
Sorti le : 21/08/2011
Nos sociétés occidentales prennent lentement conscience du changement planétaire qui est en cours. Ce changement est un changement global, sans précédent dans l'histoire de l'humanité.
Événements climatiques extrêmes, aggravation des tensions autour de l'approvisionnement alimentaire, surexploitation des ressources, instabilité des marchés financiers, émergence de nouveaux conflits : ces phénomènes, et bien d'autres encore, forment désormais un système complexe global qui tend à échapper au contrôle des États. Si rien n'est entrepris aujourd'hui, la situation pourrait devenir dramatique dès 2050.
Quel est donc ce «scénario noir», combinaison des pires évolutions environnementale, économique et sociale ? En quoi les quatre décennies qui viennent sont-elles capitales pour l'éviter ? Et surtout, sur quelles bases est-il possible d'élaborer cette gouvernance mondiale seule capable d'assurer désormais la viabilité de notre planète ?
Un livre choc destiné à provoquer une prise de conscience salutaire et une accélération des solutions qui s'imposent dès aujourd'hui pour notre monde et celui de demain.
Michel Griffon est président du Fonds français pour l'environnement mondial. Il est conseiller scientifique à l'Agence nationale de la recherche. Son fils Florent Griffon est analyste chez Dexia Asset Management. Michel Griffon est l'auteur de Nourrir la planète et, avec Florent Griffon, de L'Homme viable. Du développement au développement durable.
Extrait de l'introduction
On peut, sans catastrophisme, légitimement s'inquiéter de l'avenir de la planète et des sociétés qu'elle porte. Peut-on encore dire que le monde se développe au sens où se construirait un progrès général ? Le monde se transforme, et il connaît une croissance importante dans les pays émergents selon un mode de rattrapage rapide des vieilles économies industrielles et des «tigres et dragons» asiatiques. En même temps, ce commencement de siècle voit se préciser des menaces générales : changement climatique, dégradation des écosystèmes, rareté de certaines ressources naturelles, succession de crises économiques et financières... En toile de fond, l'accroissement démographique mondial se poursuit ; il accélère inéluctablement la colonisation de la planète par notre espèce qui marque ainsi son empreinte de manière de plus en plus inquiétante. La transformation conjointe de la nature, de l'environnement, de l'économie et des sociétés qui en résulte a reçu le nom de «changement global» en référence au terme anglais global change qui se réfère au changement de l'ensemble du «globe» terrestre et des sociétés du monde. Cette nouvelle transformation générale aux dimensions inédites submerge par son ampleur et sa complexité l'idée que l'on a pu se faire du développement économique et social et même du développement durable. Poursuivre, aujourd'hui, la ligne de réflexion qui a commencé par le développement et s'est poursuivie avec le développement durable, c'est comprendre le changement global et ses risques, puis chercher des issues en termes de viabilité pour la planète et ses sociétés. Mais d'abord, qu'est-ce précisément que le changement global ?
Comprendre le changement global, c'est savoir représenter le «grand tout» planétaire
La compréhension et la maîtrise du concept de changement global requièrent que l'on étudie et produise des représentations mentales de tout l'ensemble des changements de la planète et des sociétés qui, ensemble, constituent précisément le changement global. C'est une tâche immense. La représentation satisfaisante de ce «grand tout» dans sa globalité (système Terre-ensemble des sociétés) est encore actuellement hors de portée. Il faut se contenter de représentations partielles en fonction des besoins que l'on a d'étudier tel ou tel aspect, comme le changement climatique, les risques de pénurie alimentaire ou les risques de très grande épidémie, etc. Mais il y a un risque à découper ainsi cette totalité en un ensemble de domaines : une telle représentation du système planète-société ne rend pas compte de l'interaction entre les différents domaines qui le constituent, alors même que c'est de l'interaction entre ces différents domaines que l'on comprend les crises du système. En effet, la menace est de nature systémique. Par exemple, le changement climatique est une des causes de la perte de biodiversité des écosystèmes, celle-ci pourrait entraîner à son tour une fragilisation de la production alimentaire qui aboutirait à l'accroissement de la pauvreté et, en retour, l'impossibilité pour les pauvres d'utiliser les écosystèmes productifs sans les dégrader faute de moyens, etc. Découper en compartiments des systèmes complexes pour les analyser est pourtant une pratique courante, simplement parce que les questions de «globalité systémique» ont toujours été abordées en termes de disciplines (par exemple, la démographie d'un côté, la climatologie d'un autre, l'agronomie d'un troisième...) plutôt que de manière interdisciplinaire. Ce découpage en compartiments a donc quelque chose d'une dissection en ce qu'il produit des représentations figées du système global et, ce faisant, ignore l'essentiel de la compréhension du caractère dynamique de ce système, de ce qui rend ce système «vivant». Ainsi donc, une telle représentation ne rend pas compte des interactions internes au système, en particulier les interactions négatives (ou «externalités»).
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