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Auteur : Monique Pelletier
Date de saisie : 09/09/2011
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Anne Carrière, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782843376283
GENCOD : 9782843376283
Sorti le : 27/10/2011
«Qu'ai-je fait de ma vie ? À cette question que chacun se pose, j'ai eu envie de répondre de manière publique, car ma vie, heureuse et privilégiée, a été marquée par une suite d'engagements et de combats qui concernent, d'une manière ou d'une autre, tout un chacun. Combats contre la drogue, pour les droits des femmes, pour la justice et la situation des personnes handicapées.»
Mi-autobiographie, mi-réflexion sur notre époque, ce livre est le regard d'une femme sur les jalons qui ont marqué son existence depuis son enfance, dans sa vie familiale intense, mais aussi professionnelle, politique, puis associative. Elle y exprime son opinion sur les changements advenus en elle et autour d'elle, qui lui permettent de prendre position sur des questions clés.
Monique Pelletier, 85 ans, y apparaît sans fard, étonnante de vitalité, passionnée par l'action. Une femme de coeur, pour qui la politique consiste à promouvoir l'intérêt général. Monique Pelletier, mère de sept enfants, fut secrétaire d'État à la Justice, ministre de la Condition féminine et de la Famille, puis membre du Conseil constitutionnel. Elle préside Conseil National Handicap.
Monique Pelletier est née en 1926 dans le Calvados. Avocate, elle entre en politique en 1977 (mission sur l'état de la drogue en France), sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. En 1978, elle est nommée secrétaire d'État à la Justice auprès du garde des Sceaux, Alain Peyrefitte. Puis elle devient ministre de la Condition féminine, charge à laquelle s'ajoute, en 1980, celle de la Famille. De 2000 à 2004, elle est membre du Conseil constitutionnel. Elle travaille toujours comme avocate.
Le soleil peut attendre
Aujourd'hui, j'ai acheté deux places au soleil. Enfin, quand je dis «au soleil», c'est une façon de parler car, en réalité, l'endroit est ombragé par un arbre plusieurs fois centenaire, un arbre somptueux qui remplit parfaitement sa mission d'arbre de cimetière. En outre, il ne s'agit que du soleil de la Normandie, dont on connaît la présence relativement discrète. La petite église que le cimetière entoure est ravissante, sobre ; de l'art roman dans toute sa pureté. J'avais fait la demande auprès du maire d'un emplacement, sans idée particulière sur l'endroit, mais il semblait évident à mon interlocuteur qu'il ne pouvait pas choisir à ma place, l'enjeu était trop important pour que je n'en décide pas moi-même, je pouvais, par exemple, être à gauche ou à droite de l'église. Il était très gêné aussi de me dire que, vu le peu de profondeur de la terre, il me faudrait acheter deux emplacements et non un seul pour quatre, à moins que je n'accepte que les cercueils soient tête bêche. Affaire conclue : la mort, dans ce qu'elle a de concret, a un côté cocasse. Le miroir du marbre (j'aurais préféré un marbre mat, mais visiblement l'entreprise funéraire ne m'a pas comprise) reflète les feuillages et le bleu du ciel. C'est un lieu propice à la sérénité pour les vivants qui s'y promènent. N'étant pas croyante, je ne demande pas plus à un cimetière.
De tous les lieux dans lesquels j'ai vécu, la Normandie est sans doute celui auquel je suis vraiment attachée. Le petit cimetière d'Auvillars où j'ai fait l'achat dont je viens de parler est à une vingtaine de kilomètres de Trouville, où je suis née. Je croyais cependant être peu sensible aux résidences; ainsi, quant la maison de mon enfance, sur les hauteurs de Trouville, a été vendue, je n'en ai éprouvé aucune nostalgie. Pourtant, me voilà revenue tout près du pays de mon enfance, à la fin de mon existence : je tiens sans doute plus aux racines que je ne le croyais.
En visitant le cimetière, juste avant de me décider, je me disais que ce caveau pouvait attendre encore un peu, mais que cette décision éviterait aux enfants d'avoir à régler la question. Et puis, je suis plutôt heureuse d'avoir choisi cet endroit qui a quelque chose d'unique par sa simplicité et son charme bucolique. Cependant, la boucle n'est pas encore bouclée. En tout cas, je fais tout mon possible pour disposer encore d'un peu de temps.
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