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Auteur : Nicolas de Cues
Préface : Hervé Pasqua
Traducteur : Hervé Pasqua
Date de saisie : 15/09/2011
Genre : Philosophie
Editeur : PUF, Paris, France
Collection : Epiméthée
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-13-058253-3
GENCOD : 9782130582533
Sorti le : 15/06/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Un philosophe du XVème siècle. Je suis aussi un diplomate, un homme d'action, j'ai parcouru l'Europe à dos d'âne, c'était la 2CV de l'époque.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Montrer avec respect que tout ce qu'il y a de beau et de vrai dans le Coran vient de l'Évangile. En le passant au tamis, on retient ainsi une poussière d'or. Ce faisant, le bon musulman, cohérent avec lui-même, découvre qu'il est chrétien sans le savoir.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Mahomet a dit : «Jésus le fils de Marie est le Verbe envoyé de Dieu à Marie». S'il avait connu Jésus, il serait peut-être devenu un des plus grands saints chrétiens de l'histoire.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La Passion de J-S Bach.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un bon couscous.
Nicolas de Cues (1401-1464), dans le De pace fidei, écrit l'année de la chute de Constantinople en 1453, avait souligné le danger de faire un usage politique de la religion. Une telle confusion du spirituel et du temporel, du religieux et du politique, se retourne et contre la religion et contre la politique, la religion en se donnant une mission temporelle et la politique en sombrant dans la mystique.
La Cribratio Alchorani est rédigée en 1461. Le contexte est politique plus que religieux. Le danger d'une invasion de l'Europe par les Musulmans était d'autant plus grand que l'Occident était divisé contre lui-même. Les États nationaux naissants étaient plus intéressés à renforcer leur pouvoir qu'à penser à la menace turque. Les Européens optèrent ainsi en faveur de Mohamed II, plutôt que de suivre le Pape.
Le philosophe mosellan comprit qu'il s'agissait d'un problème de civilisation et non de société. Au lieu de prendre les armes, il prit la plume. Il lut et étudia le Coran et toutes les oeuvres qu'il put se procurer sur le sujet, et que Pie II lui avait demande de rassembler en vue de sa lettre au Sultan. Il en sortit la Cribratio Alchorani.
Dans cette oeuvre, le Cusain se situe d'emblée sur le plan spirituel et théologique. Il déplace le problème : allant à l'essentiel, il prend le parti de faire une «pia interpretatio» du Coran, qu'il lit à la lumière de la Bible et de la raison. Sa lecture est religieuse et philosophieo-théologique. Elle s'appuie sur la «recherche de Dieu» propre à tous les hommes et seule capable d'unir chrétiens et musulmans.
Hervé Pasqua est recteur de l'Institut catholique de Rennes. Ses recherches portent sur le néoplatonisme en général et, en particulier, sur Maître Eckhart et Nicolas de Cues. Il a publié entre autres Maître Eckhart et le procès de l'Un aux éditions du Cerf (2006). Il a traduit, introduit et commenté Du non-autre (1462) (Le Cerf, «Sagesses chrétiennes», 2002) ; La docte ignorance (1440) (Rivages, 2008) ; La Paix de la foi (1453) suivi de la Lettre à Jean de Ségovie (Téqui, 2008) ; Dialogues de l'Idiot. Sur la sagesse et l'esprit (PUF, «Épiméthée», 2011).
Nicolas de Cues (1401-1464), le philosophe de la "docte ignorance" et de la "coïncidence des opposés", demeure un auteur méconnu. Sans doute, le Mosellan eut-il la malchance de vivre quand au Moyen Age finissant succédait la Renaissance. Il fut pourtant un penseur d'importance et un cardinal de l'Eglise de Rome qui milita en faveur de la paix en des temps plus que troublés. Sa pensée hautement catholique, au sens étymologique d'une quête de l'universel respectueuse des particularismes, devrait susciter l'intérêt...
icolas poursuivait un but politique : montrer aux musulmans la vérité de l'Evangile à partir du Coran lui-même et montrer aux chrétiens que le Coran bien lu - tout est là - cesse d'être une menace pour la foi chrétienne. Le tamis - cribratio - sert à isoler dans le Coran les pépites de vérité qui s'y trouvent. L'islam pour disposer au christianisme, il fallait y penser !
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