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Auteur : Louis Bayard
Traducteur : Jean-Luc Piningre
Date de saisie : 10/09/2011
Genre : Policiers
Editeur : le Cherche Midi, Paris, France
Collection : Thriller
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782749115597
GENCOD : 9782749115597
Sorti le : 22/09/2011
«Un style exceptionnel, un sens de l'intrigue ahurissant, un plaisir de lecture rare : Louis Bayard fait définitivement partie des très grands du thriller historique.»
The Washington Post
«Un roman plein de chausse-trappes et de faux semblants qui nous surprend constamment. Long soit le règne de Louis Bayard !»
The New York Times
Enfant malade, Tim Cratchit est devenu célèbre bien malgré lui. Il a en effet été l'un des personnages principaux du roman de Charles Dickens, Un conte de Noël. C'était lui, le jeune Tiny Tim, qui réussissait à émouvoir le héros du livre, Ebenezer Scrooge, et devenait ainsi l'instrument de sa rédemption. En 1860, une vingtaine d'années plus tard, Tim a bien changé. Lassé de l'image d'Épinal qui lui a trop longtemps collé à la peau, il vit désormais dans un bordel des bas-fonds de Londres, où, en échange du gîte et du couvert, il apprend à lire et à écrire à la tenancière. Il lui arrive également de sillonner la Tamise sur le bateau du capitaine Gully pour récupérer les cadavres qui y flottent. C'est ainsi qu'il repêche un jour le corps d'une petite fille, marqué d'une lettre mystérieuse. Quelques jours plus tard, une autre enfant est retrouvée assassinée, son corps marqué de la même façon. Qui s'en prend ainsi aux petites filles perdues des bas-fonds de Londres ? C'est le début d'une enquête passionnante pour Tim, qui va le mener dans les beaux quartiers de la ville, là où tout s'achète et se monnaye. Pris dans un réseau de mensonges, de meurtres et de manipulations, ce qu'il va découvrir dépassera tout ce qu'il a pu imaginer.
Louis Bayard est journaliste au Washington Post et au New York Times et romancier.
A propos de La Tour noire :
«Le Paris de la Restauration est bien campé, la grande Histoire exhaussée, l'intrigue captivante. Et si c'était tout ! Mais le ton est juste, enlevé, le style intelligent, les dialogues sont décapants. Un come-back jubilatoire de Vidocq, ce qui, venant d'un Américain, est terriblement agaçant.»
Le Point
À propos d'Un oeil bleu pâle :
«Un oeil bleu pâle est une poupée russe : roman policier, gothique, mais aussi jeu littéraire et logique abouti. Brillant !»
Libération
Plus si petit que ça, notons bien. Presque cinq pieds huit pouces, il n'y a guère, et pas loin de cent cinquante-quatre livres sur la balance. Certains ont du mal à s'y faire : ma soeur Martha, pour ne citer qu'elle. La dernière fois qu'elle m'a vu, elle a déboutonné ma chemise, s'attendant à trouver, cachée en dessous, ma face de chérubin aux cils perlés de rosée. Elle ne veut pas accepter que je mesure aujourd'hui un pied de plus qu'elle. Il faudrait que je reste un bébé, et qu'elle puisse me choyer. N'a-t-elle pas assez de bouches à nourrir dans sa propre couvée ? Six, si je ne m'abuse. Sans compter cette espèce d'outre à vin qui lui sert de mari, et qui découche deux nuits sur trois. Mais c'est ainsi, la force de l'habitude. Alors, pour lui faire plaisir, je me suis agenouillé en regardant le ciel, avec ma bonne tête d'autrefois (pas grand effort, je vous l'assure), et j'ai entonné Annie Laurie. «Ouste !» a-t-elle dit en riant, non sans m'avoir fichu une claque. Pourtant je crois qu'elle était contente : qu'il était doux le temps où j'étais petit, moi et le reste du monde...
Il y a déjà bien longtemps qu'on a donné au ferrailleur l'attelle qui me serrait la jambe, et ma béquille a fini dans la cheminée - devant nos visages recueillis. Ne reste qu'une légère claudication, que certains trouvent cependant gracieuse, cadencée, musicale. Ma jambe droite hésite un peu avant d'honorer le trottoir, signe d'une vague frilosité dans la métrique. Pour qualifier cette démarche qui n'appartient qu'à moi, l'oncle N. m'a jadis conseillé d'employer le terme de césure, mais on m'a regardé d'un air si ahuri que j'ai vite renoncé. Alors je parle de mon rythme naturel. Naturel et syncopé. C'est innovant, cela me plaît beaucoup, même si je dois reconnaître que, pendant ce temps, je n'ai pas, moi, innové en quelque domaine que ce soit. Du moins pas ces dix derniers mois. Mais autant en donner l'impression.
À la vérité, je ne pense à ma jambe que lors des changements de saison. Une pointe de feu sous la fesse droite annonce l'arrivée du printemps. L'automne se signale par une douleur sourde dans la hanche, et l'hiver par un coup de pied au genou. Ma chère rotule fait des vocalises trois ou quatre jours de suite, et j'ai beau redresser et plier la jambe à loisir, même me boucher les oreilles, elle refuse d'arrêter sa chanson.
L'hiver est d'ailleurs là.
Nous sommes, pour être précis, le 12 décembre, une date que je commémore en restant au lit. Non que mon genou s'en porte mieux, mais si je reste allongé assez longtemps, il se fond dans le reste du corps et se fait oublier. Il serait plus juste de dire que c'est le reste du corps qui se fait oublier : je ne sais plus lever un bras
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