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.. Et rester vivant

Couverture du livre Et rester vivant

Auteur : Jean-Philippe Blondel

Date de saisie : 03/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Buchet Chastel, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-283-02518-5

GENCOD : 9782283025185

Sorti le : 01/09/2011

Vingt deux ans. Tout juste grand mais déjà orphelin, de mère et frère. Accidents de voiture. En deux temps, mortel aussi pour le père quelques années plus loin. Comment rester vivant, seul ? Comment faire un tel deuil ?
Accompagné de deux amis très proches, chers anges gardiens, l'auteur/narrateur va s'échapper sur les routes californiennes vers Morro Bay, ville-chanson inscrite en boucle dans sa mémoire éclatée. Un parcours d'asphalte en quête d'oubli. Il s'agit de rouler, fuir la violence, les souvenirs mais «combien de temps pour l'amputation de trois membres, hein, combien ?» Un détail fait surgir le passé. Notes de piano dans un motel. Rencontres appelant les couleurs perdues. Et là, au bout du chaos, dans le champ des possibles, s'entrevoir au futur.
Un roman saisissant, d'une écriture douce, fluide et concise «qui ressemble à un hommage... à ceux qui sont partis mais, plus encore, à ceux qui lui ont permis de rester».


Jean-Philippe subit la compassion de tous à chaque rencontre, chacun connait son drame. Un accident de la route, son père macho fou au volant, son frère et sa mère succombent subitement. Quatre ans après, son père suit le même chemin. Que faire à vingt-deux ans quand il n'est plus possible de se rassurer en disant : «On a toute la vie devant nous» et qu'aucun projet laissé en suspens ne pourra être réalisé, et de n'être «plus soumis aux regards de ceux qui m'ont vu grandir». Il hérite et préfère tout vendre pour tout dilapider, se relever, renaître. Laure et Samuel, les deux fidèles qui ne posent pas de question, l'accompagnent aux États-Unis en direction de Morro Bay en hommage à une chanson de Lloyd Cole. Longue mue douloureuse vers une autre vie, vers la lumière au gré des rencontres. Sorte de road-movie, pause en mouvement avant de repartir, pour lever la brume, bancal, écorché pour tenter de reconstruire une vie. Il vit ce voyage tout en étant absent, détaché. En équilibre au dessus du vide. Évidemment l'appel du gouffre sera puissant, mais il saura résister, stopper le plongeon, détourner la tête, l'esprit car heureusement, «Putain, comme j'ai voulu vivre.». Un texte émouvant, mélancolique, rythmé par un humour désespéré qui dépeint avec justesse et franchise le retour à la vie, vers une sérénité salvatrice. Un vibrant hommage, le dernier l'espère l'auteur.


  • Le courrier des auteurs : 31/01/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un prof. Un écrivain. Un père. Un mari. Un ami - et un survivant.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central est en fait «Que faire de la liberté quand elle nous est soudain donnée ?» - c'est aussi la résilience, bien sûr.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Va vers ce qui te cicatrise»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Lloyd Cole and the Commotions - Rich

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je veux les emmener en voyage. Avec moi. Aux États-Unis. En 1986. Et qu'ensemble nous formions un duo. Ou un trio.


  • Les présentations des éditeurs : 03/02/2012

«Depuis, quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m'effleure le bras, on refoule des larmes, on me dit que c'est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continue d'enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux.»

Avoir vingt-deux ans - et plus aucune attache. Rouler sur les routes californiennes. Vivre des rêves éveillés et des cauchemars diurnes. Comprendre que l'important, désormais, c'est de continuer coûte que coûte. Et de rester vivant.

Jean-Philippe Blondel vit à Troyes. Il a publié, entre autres romans, Le Baby-sitter et G229 aux éditions Buchet/Chastel.



  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, septembre 2011

Jean-Philippe Blondel ne tente pas de faire le récit d'une rédemption. Il décrit les différentes étapes de la survie, cet instinct qui lui permettra de remonter à la surface et de respirer. Ce texte évite les gémissements, les lourdeurs du pathos, les épisodes dramatiques...
Il est écrivain, a pris son temps pour se mettre face à lui-même sans oublier qu'il s'adresse à un autre.


  • La revue de presse François Busnel - L'Express, septembre 2011

C'est un petit livre d'une grande vitalité. Et pourtant... Et pourtant, il parle de la mort, de la tentation du suicide, de toutes ces choses que l'on se promet de faire et que l'on ne fait jamais. La magie de la littérature, c'est cela : quand tout conspire à vous abattre, un mot, une phrase, une page, vous renforcent et vous grisent. Malgré tout...
Jean-Philippe Blondel a réussi un grand petit livre. Sobre, drôle, puissant. Il va à l'os. C'est comme une blessure : au début, on ne sent rien. Mais après, quand on a refermé ce livre épatant, alors on déguste.


  • La revue de presse - Le Figaro du 8 septembre 2011

Jean-Philippe Blondel raconte les mois qui ont suivi la mort de son père lorsqu'il partit pour un voyage sur la côte Ouest des États-Unis avec deux amis chers, qu'il prénomme Laure et Samuel. Il met en mots le tumulte intérieur, la dépression qui guette, le sentiment de vide et dit ce qu'il a toujours tu.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

Bien sûr, ça m'a déjà traversé l'esprit, d'écrire sur cette période-là.
J'ai tourné autour. J'ai effleuré.
Mais je me disais que si je me mettais vraiment à raconter ce qui s'était passé, personne ne me croirait.
Parce qu'il y a des limites à la fiction, mine de rien.
Bref, je ne l'ai jamais fait.

Je n'ai pas changé d'avis.
Je ne cherche pas l'adhésion. C'est un combat perdu d'avance.
Simplement, hier soir, j'ai reçu ce drôle de message électronique. Il émanait d'un collègue écrivain que je connais à peine mais dont je lis avec plaisir les rares romans - il est du genre dilettante, dans l'écriture de livres, un tous les quatre ou cinq ans, ça semble lui suffire. Il s'appelle Laurent Sagalovitsch.
Il habite sur la côte Pacifique du Canada. Hier, il devait s'ennuyer un peu.
Alors il a surfé sur Internet, comme nous le faisons tous parfois, par pur désoeuvrement. Il est allé sur le site de Lloyd Cole, un chanteur anglais dont il avait beaucoup écouté les disques dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, mais qui se fait plus discret depuis le passage au IIIe millénaire.


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