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Auteur : Richard Labévière
Date de saisie : 12/09/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Nouveau Monde éditions, Paris, France
Collection : Les enquêteurs associés
Prix : 14.90 € / 97.74 F
ISBN : 9782847366266
GENCOD : 9782847366266
Sorti le : 21/08/2011
On a tout dit sur le 11 septembre 2011. Tout et n'importe quoi ! Un festival d'idées reçues, d'amalgames et d'approximations.
Ce petit livre ramasse au contraire l'essentiel : l'incapacité des États-Unis à maîtriser le personnage d'Oussama Ben Laden qu'ils ont tant contribué à créer au travers de leur alliance stratégique avec l'Arabie Saoudite, Ben Laden qui a fini par leur échapper et dont ils ont ensuite fabriqué l'image d'«ennemi public numéro 1».
Cet ouvrage est le fruit de l'expérience d'un observateur français qualifié des Proche et Moyen-Orient ; un journaliste-écrivain qui n'a pas attendu l'effondrement des tours du World Trade Center pour enquêter sur les filières d'Al-Qaïda, ses alliés et ses sources de financement. Car la première fois que Richard Labévière a entendu le nom de Ben Laden, c'était en 1993...
Pour nous, il braque aujourd'hui le projecteur sur les 11 mythologies du 11 septembre 2001 : le poids du passé ; le rôle de l'Arabie Saoudite et des États-Unis ; le «syndrome de Pearl Harbor» ; la vraie personnalité de Ben Laden ; les dollars de la terreur ; la vérité sur Al-Qaïda ; la «guerre globale contre la terreur» ; le soi-disant «choc des civilisations» ; la mort à géométrie variable ; les menaces de demain et leurs conséquences en France.
Un livre-boussole pour comprendre hier et anticiper l'avenir.
Richard Labévière est consultant international. Ancien grand reporter à la Télévision suisse romande (TSR), ancien rédacteur en chef à Radio France Internationale (RFI), ancien rédacteur en chef de Défense (Institut des hautes études de défense nationale) ; il est l'auteur d'une quinzaine de livres dont Les Dollars de la terreur-Les États-Unis et les islamistes (Grasset, 1998) et La Tuerie d'Ehden ou la malédiction des Arabes chrétiens (Fayard, 2009).
MYTHOLOGIE 1
Les mille et une nuits du Quincy
Pour commencer à comprendre les attentats du 11 septembre 2001, un petit détour historique s'impose. Après la disparition du Califat en 1924, la conquête du pouvoir en 1932 et l'exploitation des premiers gisements pétrolifères d'Arabie à partir de mars 1938, la tribu des Saoud reste en quête d'une légitimité qui ne va pas de soi, très contestée par les autres grandes familles, notamment les Hachémites. La tribu du Nejd va alors consolider son pouvoir à partir de deux piliers : le wahhabisme et la protection américaine.
En effet, c'est grâce au parrainage des États-Unis que le wahhabisme - interprétation ultra-réactionnaire de l'islam -va s'affirmer comme la doctrine officielle de l'Arabie Saoudite avant de se propager dans l'ensemble du monde arabo-musulman grâce aux pétro-dollars et à la bienveillante protection de Washington. Non seulement ce conte américain des mille et une nuits ne se démentira jamais, mais il survivra aux attentats du 11 septembre 2001. Sans refaire toute l'histoire de la péninsule arabique et de la saga de l'agent britannique Lawrence d'Arabie, il faut pour la comprendre remonter à l'acte fondateur de cette politique des États-Unis aux Proche et Moyen-Orient : le pacte du Quincy, une histoire de pétrole, de sécurité et de puissance.
Spéculant sur la défiance que nourrissait la jeune monarchie saoudienne à l'encontre des vieilles puissances coloniales, c'est en 1933 que la Standard Oil of California obtint la première concession pétrolière sur toute la région orientale de l'Arabie Saoudite, contre le versement de 50 000 livres sterling-or, pour une période de 70 ans. Pour la même période, la compagnie américaine obtiendra en 1939 une nouvelle concession, l'ensemble représentant plus de 1 200 000 kilomètres carrés dans l'est du pays. En 1944, la Standard Oil of California s'allie à la Texaco pour constituer un consortium baptisé Aramco (Arabian American Oil Company). En 1948, Mobil Oil (Socony) et la Standard Oil of New Jersey entreront à hauteur de 40 % dans l'Aramco, bouclant ainsi la constitution définitive de son capital. On n'insistera jamais assez sur l'importance du pétrole dans les orientations de la politique étrangère américaine : c'est bien connu, les États-Unis n'ont pas de politique étrangère mais surtout des intérêts à défendre.
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