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.. Georg Baseliz

Couverture du livre Georg Baseliz

Auteur : Bernard Vasseur

Date de saisie : 23/09/2011

Genre : Arts

Editeur : Cercle d'art, Paris, France

Collection : Découvrons l'art

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 9782702209639

GENCOD : 9782702209639

Sorti le : 23/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 23/09/2011

Le parcours de Georg Baselitz (né en 1938) n'a cessé de se construire en réaction aux situations qu'il eut à affronter et qu'il s'employa à dépasser dans son travail d'artiste.

Étudiant à Berlin-Est, il sera renvoyé de l'École des Beaux-Arts pour «immaturité sociale et politique».
Mais, installé à l'Ouest, il fera scandale et deux de ses toiles majeures seront saisies avant de le conduire devant la justice (1963).
Il ne cessera alors d'affronter les tabous d'une Allemagne en cours de reconstruction, engoncée dans la recherche du confort matériel et la course à la consommation, au fil d'une oeuvre puissamment originale qu'il doublera souvent de manifestes écrits.
«Blasphème» et «transgression» seront alors des mots majeurs pour exprimer son refus du «décoratif», du «divertissement» et son engagement résolu dans sa quête de cheminements picturaux nouveaux.
En 1969, il peint son premier tableau dont le motif est à l'envers («La forêt à l'envers»), ce qui lui fournira sa «méthode» pour franchir les limites de la «représentation» propre à l'art classique (avec ses modèles et ses références extérieures) et pour désorienter les normes habituelles du regard (vouées aux contraintes de «l'utilité»).
L'expérimentation plastique engagée dans cet horizon ne le quittera plus.
Dix ans plus tard, en 1979, il s'engage dans la sculpture sur bois, une recherche qu'il mènera en parallèle avec ses travaux de peinture.
En surgiront des figures et des visages humains, taillés comme sauvagement à la hache, qui évoquent les statuettes africaines ou les idoles du paganisme trouvées dans la tourbe, et dont la verticalité totémique vient remettre à l'endroit l'inversion qui anime les toiles. Au total, c'est une oeuvre multiple qui se compose au fil du temps, ne s'enfermant dans aucun genre mais cherchant toujours à franchir ses propres acquis. Comme pour mettre en cause le style et l'identité mêmes du peintre, voués totalement au mouvement des nécessités d'un acte de peindre sans cesse réassumé dans ses ambitions généreuses et dévorantes.

Bernard Vasseur

L'AUTEUR

Après avoir longtemps enseigné la philosophie, Bernard Vasseur est aujourd'hui directeur du Centre de recherche et de création Elsa Triolet - Louis Aragon à Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Il a déjà publié aux Editions Cercle d'Art, Kijno, Tzara, Aragon, Ponge, et, dans la Collection Découvrons l'Art, Peter Klasen, Erró, Dana, Shingu, Ange Leccia.
Il est également l'auteur de la monographie consacrée à l'oeuvre dessiné de Jacques Zwobada.


  • Les courts extraits de livres : 23/09/2011

GEORG BASELITZ

Quand on parcourt l'ensemble de l'oeuvre de Georg Baselitz, on ne peut manquer d'être frappé par sa prodigieuse fécondité. Au-delà de leur nombre, ses oeuvres témoignent de l'incessante recherche de moyens et de techniques picturales nouvelles qui le mobilise en permanence. Jamais il n'a fait «du Baselitz», jamais il ne s'est installé dans un genre ou dans une image répétitive que son prodigieux succès aurait pu finir par imposer. En même temps, il est tout aussi saisissant de constater le nombre finalement assez restreint de ses thèmes de prédilection qui renvoient souvent à son enfance, à son histoire personnelle, à sa famille : «Mon travail n'est pas concevable, confiera-t-il à Eric Darragon, sans l'histoire, sans le passé, je refuse le divertissement. Je ne veux pas créer une surprise en produisant un beau chant !». De ce point de vue, il n'est pas exagéré de prétendre que ses toiles sont liées à sa biographie : n'est-ce pas ce qu'il veut dire quand, à vingt-trois ans, il choisit le pseudonyme de Baselitz, d'après l'appellation de son village natal (Deutschbaselitz) ? Il ne dissimule d'ailleurs pas que bien des sujets qu'il affectionne - chiens, lièvres, croix du bord des routes, aigles, forêts, etc. - sont issus des paysages de son enfance. Il multiplie les autoportraits (même inavoués ou détournés) tandis que l'on note la présence privilégiée de son épouse, Elke, mais aussi celle de sa famille, notamment dans la grande toile de 1996 Nous visitons le Rhin I (n° 48).
Ainsi, les traces de son enfance et de sa jeunesse, et - nous allons le voir - les blessures et les déchirements qui en résultent, semblent bien donner une piste pour entrer dans son oeuvre et comprendre l'engagement de son parcours d'artiste.

«PANDÉMONISME», HAINE ET DESTRUCTION

L'enfant n'a que sept ans à la fin de la guerre, mais cela suffit pour la connaître et en ressentir l'épreuve au plus profond de lui-même. Il racontera la destruction de l'école en 1945 où son père est instituteur, pendant que la famille s'est réfugiée à la cave. Il remarque les villages où il n'y a que des femmes (les hommes sont au front), il voit le convoi interminable de milliers de réfugiés venus de Pologne, découvre les ruines de Dresde bombardée, l'indicible misère pour survivre, etc. «Je raconte ces choses, dira-t-il plus tard, parce que je ne les ai pas oubliées et parce que je pense que par la peur et le malheur personnels, ces expériences ont nourri mon scepticisme, ma méfiance à l'égard d'événements sur lesquels je n'avais aucune prise. Je ne voulais plus croire personne, et moins encore ceux qui voulaient du bien.»


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