Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Le soleil sous la soie

Couverture du livre Le soleil sous la soie

Auteur : Eric Marchal

Date de saisie : 10/02/2012

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Anne Carrière, Paris, France

Collection : Roman

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-84337-609-2

GENCOD : 9782843376092

Sorti le : 08/09/2011

  • Le courrier des auteurs : 08/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un rêveur éveillé, né et ayant vécu à Metz, puis Nancy et Vittel, soit un glissement vers le sud de 50 km tous les 15 ans... j'ai les pieds enracinés dans la terre et la tête dans les nuages, comme les sapins des Vosges.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les temps héroïques de la chirurgie, au début du XVIIIème siècle, sans anesthésie ni antibiotiques, lorsqu'elle s'affranchit de la tutelle des médecins et devient un art à part entière, dans un petit état qui retrouve son indépendance après trente ans de guerre.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La première, elle est la porte qui ouvre sur tout le reste :
"La masure lui tenait chaud comme un manteau en drap d'Espagne"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un mélange du concerto grosso n°8 de Corelli et de This is War de 30 seconds to Mars, entre douceur et énergie pure.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Des émotions et des expériences de vie. L'intimité des chirurgiens de l'époque, leurs joies, leurs espoirs, leurs combats, des faits historiques ignorés ou oubliés, comme le statut des Roms dans l'Europe du XVIIIème siècle, les perles de la Vologne, l'homme sauvage, la ménagerie de Versailles... et, surtout, du rêve.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Les horaires me sont imposés par mes contraintes professionnelles : les soirées et les week-ends, le plus souvent dans la pièce en grand désordre qui me sert de bureau. Pour les musiques, j'ai des listes de lecture qui correspondent à mon humeur et mes envies du moment. Du thé, du café et l'écriture peut commencer !

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je crois plus à l'imagination qu'à l'inspiration, même si, certains jours, cette imagination a plus de mal à se mettre en route, surtout quand il faut se débarrasser des oripeaux de la journée ! J'ai besoin de régularité pour rester complètement imprégné de l'histoire, ce qui facilite le travail.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Comme beaucoup, j'écris depuis longtemps. Enfant, je commençais l'écriture de livres d'aventure, qui s'arrêtait au bout de quelques pages, que j'enfouissais dans un tiroir sous d'autres velléités romanesques ! Puis d'autres aventures, plus réelles, m'ont fait abandonner cette idée, mais ne m'ont pas fait passer l'envie de l'écriture. Et il a fallut Anne Carrière pour transformer mes manuscrits en livres édités, presque par hasard !

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Adolescent, "Anna Karénine", pris dans la bibliothèque de mes parents parce que la couverture en cuir bordeaux était belle. L'histoire m'a transporté. Puis, adulte, il y eu John Irving, mon idole, avec "L'épopée du buveur d'eau" et "L'oeuvre de dieu la part du diable", deux romans si différents, mais deux modèles d'écriture. Rien que de les évoquer me donne envie de les relire !

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Ils sont des passeurs d'émotions, tout comme les musiciens, les cinéastes, les peintres, les clowns, les pâtissiers, les ébénistes, et tant d'autres ! Le plus beau compliment qu'on puisse me faire après une lecture est de me dire qu'on a passé un bon moment, car le temps est ce que l'on a de plus précieux dans la vie et quoi de plus ennuyeux que de le perdre !

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Les librairies sont des sanctuaires à la porte desquels on laisse tous nos soucis et toute la pesanteur du quotidien. Elles sentent bon l'encre et le papier, c'est irremplaçable ! J'aime m'y promener, souvent des heures, fouiner, feuilleter, découvrir, comme dans les coffres de notre enfance, des trésors oubliés ou peu connus.


  • Les présentations des éditeurs : 10/02/2012

À l'aube du XVIIIe siècle, un des plus petits États d'Europe, le duché de Lorraine, se relève de l'occupation française, dans l'espoir de connaître une génération de paix. Nicolas Déruet est chirurgien ambulant. Emprisonné à la suite d'une opération durant laquelle le patient est décédé, il est obligé de s'exiler dans les armées de la coalition en guerre contre les Turcs. De retour à Nancy, il développera son art à l'hôpital Saint-Charles et n'aura de cesse de laver son honneur. Des campagnes lorraines aux steppes hongroises, des hôpitaux militaires aux ors des palais royaux, il connaîtra le destin hors norme d'un homme guidé par la passion de la chirurgie et déchiré par le choix impossible entre deux femmes que tout oppose : l'accoucheuse Marianne Pajot et Rosa, marquise de Cornelli.

Dans cette épopée romanesque, Éric Marchal s'empare d'un thème passionnant, la rivalité féroce entre médecins et chirurgiens. Il nous convie aux opérations que réalise son héros, Nicolas Déruet, toutes tirées de cas réels, documentés par les comptes rendus de l'Académie royale de chirurgie.

Éric Marchal a 48 ans et vit à Vittel. Son premier roman, Influenza (2 tomes) a reçu le prix Carrefour Savoirs 2009.



  • La revue de presse Blaise de Chabalier - Le Figaro du 22 septembre 2011

Éric Marchal, pharmacien de formation, a plus d'un tour dans sa trousse de premiers soins. Après avoir achevé l'an passé Influen za, roman en deux tomes où il est question de la grippe espagnole pendant les deux guerres mondiales, le Messin se penche cette fois-ci sur les pionniers de la chirurgie. Le résultat est une formidable fresque historique, largement située dans le duché de Lorraine, à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles.


  • Les courts extraits de livres : 10/02/2012

Duché de Lorraine, janvier 1694

La masure lui tenait chaud comme un manteau en drap d'Espagne. Il l'avait avisée, à la sortie du bois de Nomeny, alors que le ciel crayeux avait crevé sur lui une armée de flocons neigeux, puis il avait tiré jusqu'à l'épuisement sur les rênes de sa mule qui refusait d'y entrer, et s'était écroulé, avec sa bête, devant l'âtre rempli d'une couverture de cendres froides. À son réveil, il avait constaté avec soulagement la présence d'un fagot de bois sec, qu'il s'était empressé de faire crépiter. Il serait temps, le lendemain, d'aller chercher quelques branches mortes afin de rendre le tas tel qu'il l'avait trouvé. L'habitation, tout en torchis, était inoccupée. Peut-être une famille qui avait fui au passage des troupes françaises. Ou de la disette, qui rôdait. La Lorraine n'avait pas fière allure en cette fin de siècle, martyrisée par trente ans de guerre et d'occupation française, avec un clan ducal exilé en Autriche, en campagne ouverte contre Louis XIV. Abandonnés à leur sort, les habitants payaient un lourd tribut au conflit, par l'enrôlement des leurs dans la milice et les impôts levés dans tous les bailliages pour l'entretien des troupes.
Nicolas frotta ses mains avant de les présenter aux flammes généreuses. Il craignait plus que tout les engelures et les crevasses qui, en cette période, n'épargnaient pas les doigts, même s'il voyageait toujours les mains emmitouflées dans des manchons de laine. Elles étaient ses plus précieux outils. Plus encore que ses lancettes et ses ferrements.
La mule s'était elle aussi rapprochée de la source de chaleur et lui présentait ses flancs. Il avait déchargé ses affaires, qui tenaient dans deux sacs de toile et une mallette, et les avait installées dans l'angle opposé à la cheminée, à côté de la porte sous laquelle le vent se faufilait en hurlant à chaque rafale. Son dernier patient, un fermier du village de Soigne, lui avait laissé assez de vivres pour subsister trois ou quatre jours. Il l'avait débarrassé d'une grosseur à la base du cou en employant un emplâtre, que le médecin Pierre Alliot avait appliqué avec succès sur le fils du duc de Lorraine. Ce détail avait rassuré l'homme autant que la perspective d'éviter une cautérisation douloureuse.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia