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Auteur : Laura Kasischke
Traducteur : Éric Chédaille
Date de saisie : 26/04/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Bourgois, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-267-02211-7
GENCOD : 9782267022117
Sorti le : 15/09/2011
Les revenants de Laure Kasischke est l'un de ces livres qu'il est difficile de reposer quand on l'a commencé.
L'auteur nous fait partager le quotidien d'étudiants dans une université américaine. Il est donc question de collocation, de cours et surtout de sororités. Nous vivons avec ces personnages et le plaisir de les découvrir n'est rien face au mystère qui plane sur eux. Le tableau de ce que sont les sociétés secrètes sur le campus est dressé : bizutages, fêtes, cérémonies ? Pour être populaire, il faut faire des sacrifices et parfois ceux-ci entraînent les sacrifiés sur un chemin sinueux.
Une jeune fille, aimée de tous, est morte dans un accident de voiture et celui que l'on considère comme son meurtrier est le conducteur et petit ami. Non, il n'était pas ivre ou drogué, mais ils sont peu à vouloir le croire. Le pire ne réside pas dans le fait de faire son deuil car voilà que le fantôme de la belle vient le hanter au téléphone ou par écrit. Et il n'est pas le seul à subir ces manifestations ! L'esprit scientifique et logique sont tout d'un coup mis en doute.
Une personne peut avoir la réponse : un professeur qui donne des cours sur la mort et son folklore. À chaque problème, sa solution, mais ces apparitions sont inexplicables. Et si la vérité, bien que terrible, ne relevait pas de la machination ?
C'est encore un livre passionnant que nous offrent les éditions Bourgois. Et si vous avez aimé, n'hésitez pas à lire Le maître des illusions de Donna Tartt paru dans la collection Pocket.
Un campus américain. Le point de départ de l'histoire : un accident de voiture dans lequel la jeune Nicole perd la vie. Là où ça commence à dérailler, c'est que plusieurs étudiants continuent à la voir, certains lui auraient même parlé...
Un livre passionnant sur le regard que l'on porte sur la mort. Et un roman tout en secrets bien gardés et en suspense, nous entraînant sur plusieurs pistes jusqu'au dénouement final, glaçant...
Nicole, étudiante émérite et membre d'une sonorité populaire perd la vie dans un accident de la route où son petit ami Craig est tenu pour responsable. Perry son ami et colocataire va essayer de l'aider à remonter la pente, mais Nicole semble se manifester dans tout le campus. Que cache tout ceci et qui semble obséder et rendre fou tous les protagonistes liés à cette histoire ?
Laura Kasischke signe ici un roman qui se révèle absolument redoutable et sidérant !
«Les revenants» de Kasischke est un vrai roman comme on les aime, qui nous happe et ne nous lâche plus.
Les personnages sont enveloppés d'une aura de mystère, même s'ils sont bien ancrés dans la vie estudiantine.
Un accident. Une femme témoin. Une morte. Mais elle n'était pas morte d'après le témoin. Que veut-on cacher ? Pourquoi falsifier son témoignage ? Pourquoi l'enfoncer au sein de l'université ?
Laura Kasischke au sommet de son art.
Les romans que vous lirez ensuite vous paraîtront bien fades.
Élève brillante, Nicole était douce et sociable (cheftaine scout, membre de plusieurs associations d'étudiantes).
Elle meurt subitement dans un accident terrible. À l'automne suivant, tandis qu'un nouveau semestre commence, Craig, l'ancien petit ami de Nicole est renvoyé de l'université médiocre où il était entré par relations. Tenu pour responsable de la mort de Nicole mais relâché faute de preuves, il ne parvient pas à surmonter le drame, ne cesse d'y repenser et a l'impression de voir Nicole partout. Perry, son colocataire, était dans le même lycée que Nicole.
Lors d'un séminaire sur la mort par Mira Polson, professeur d'anthropologie, il fait part de ses interrogations et de ses doutes quant à la disparition de la jeune fille. Il dit avoir connu la vraie Nicole : une personne manipulatrice, malhonnête, et séductrice. De son côté, Shelly Lockes, unique témoin de l'accident, conteste la version officielle, selon laquelle Nicole, baignant dans une mare de sang, n'aurait pu être identifiée que grâce à ses bijoux.
Selon elle, la jeune fille était inconsciente mais ne présentait aucune lésion. D'étranges événements surviennent alors : mystérieux appels téléphoniques, cartes postales énigmatiques, apparitions de Nicole... ou d'une fille qui lui ressemble. La rumeur enfle à Godwin Hall, précipitant Craig, Perry, Mira et Shelly au coeur d'un ténébreux mystère qui va transformer leurs vies pour toujours : se pourrait-il que, trop jeune pour mourir, Nicole soit revenue ?
«Les Revenants est une perle rare : un roman littéraire servi par une prose splendide, aussi efficace que les grandes fresques que l'on dévore d'une traite, un défilé de créatures et de situations angoissantes. C'est comme si Les Raisins de la colère avaient été réécrits par H.P. Lovecraft.»
Chicago Tribune
«L'écriture de Kasischke agit comme celle d'un bon poème : elle nous laisse entrevoir la possibilité d'un autre monde et nous y transporte... Ses mots nous projettent sur une autre facette de l'existence, tout en reflets.»
New York Times Book Review
«La menace plane sur chacune de ses histoires, sans que l'issue soit jamais celle que l'on pressentait. À coups de symboles discrets, de descriptions à l'acuité troublante, Laura Kasischke épand du rouge sang sur la blancheur immaculée des apparences, et la tension monte, sans que l'on puisse jamais la conjurer.»
Sabine Audrerie, La Croix
Laura Kasischke a étudié à l'Université du Michigan, elle a gagné de nombreux prix littéraires pour ses ouvrages de poésie ainsi que le Hopwood Awards ; elle a également reçu la Bourse MacDowell.
Ses poèmes ont été publiés dans de nombreuses revues. Ses romans La Vie devant ses yeux et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Elle vit dans le Michigan, et enseigne l'art du roman au collège de Ann Arbor.
Que cachent les oies blanches de l'Université américaine ? Un conte fantastique et bien noir signé Laura Kasischke...
Pour briser la vitrine des apparences et démasquer les hypocrisies sociales, l'auteur de La Vie devant ses yeux se révèle une fois de plus redoutable. Avec cette morale, véritable leitmotiv de son oeuvre : les oies blanches cachent souvent de bien vilains petits canards.
Le verbe «revenir» recèle une mine de sens pour qui consent à s'y attarder. Qu'il s'agisse de revenir sur les lieux d'un crime, de revenir d'entre les morts, de revenir sur sa parole ou sur ses souvenirs. La géniale Laura Kasischke épand sur sa palette tous les éclats et acceptions de ce terme, dans un nouveau roman fascinant dont le titre original en langue anglaise, The Raising, plus mystérieux que le titre français, suggère un soulèvement collectif, capable de faire sortir les morts de terre, autant que le halo de lumière d'une apparition diaphane.
Où est la vérité ? Il n'est pas certain que chaque lecteur trouve la même. Les Revenants n'est pas une enquête policière, c'est plutôt une dérive aux frontières du réel, poétique, drôle et tragique, avec des chemins qui bifurquent, se croisent, se séparent, des existences pour lesquelles on se passionne, car elles sont autant de petits romans dans ce grand roman énigmatique.
Extrait du prologue
La scène de l'accident était exempte de sang et empreinte d'une grande beauté.
Telle fut la première pensée qui vint à l'esprit de Shelly au moment où elle arrêtait sa voiture.
Une grande beauté.
La pleine lune était accrochée dans la ramure humide et nue d'un frêne. L'astre déversait ses rayons sur la fille, dont les cheveux blonds étaient déployés en éventail autour du visage. Elle gisait sur le côté, jambes jointes, genoux fléchis. On eût dit qu'elle avait sauté, peut-être de cet arbre en surplomb ou bien du haut du ciel, pour se poser au sol avec une grâce inconcevable. Sa robe noire était étendue autour d'elle comme une ombre. Le garçon, qui s'était extrait du véhicule accidenté, franchit un fossé rempli d'eau noire pour venir s'agenouiller à côté d'elle.
Il parut sur le point de la prendre dans ses bras. Il lui parlait, il dégageait les cheveux qui lui barraient les yeux, il la regardait. Selon Shelly, il n'avait pas l'air affolé. Il semblait stupéfait et transi d'amour. Il venait de glisser les bras sous elle, pour la serrer contre lui ou la soulever de terre, quand Shelly se ressaisit et actionna le klaxon de sa voiture. Deux fois. Trois fois. Trop loin pour l'entendre même si elle avait crié à tue-tête, il entendit cependant les coups d'avertisseur et releva la tête. Surpris. Désorienté. Comme s'il pensait que la fille et lui étaient les deux dernières créatures sur terre.
Bien qu'il fût fort éloigné de Shelly et séparé d'elle par le fossé rempli d'eau de pluie, il paraissait attendre qu'elle lui dît ce qu'il convenait de faire. Elle y parvint, comme s'ils pouvaient communiquer sans avoir à s'embarrasser de parler. Comme s'ils pouvaient lire dans leurs pensées respectives.
Par la suite, elle repenserait à cela. Peut-être ne lui avait-elle pas parlé du tout, ou bien peut-être avait-elle crié sans s'en rendre compte. Quoi qu'il en soit, elle parvint à lui signifier, posément, afin d'être bien comprise : «Si elle est blessée, il ne faut pas la déplacer. Il faut attendre les secours.»
C'était vraiment la seule chose qu'elle connaissait concernant accidents et blessures. Elle avait été mariée quelques années à un médecin. Ce détail lui était resté en mémoire.
«Les secours ?» interrogea le garçon. Dans le souvenir de Shelly, sa voix était parfaitement audible, toute proche. Comment cela aurait-il été possible ?
«Je les ai appelés, dit-elle. Avec mon portable. Dès que j'ai vu ce qui est arrivé.»
Il eut un hochement de tête. Il avait compris.
«Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il. C'était qui ? Cette voiture tous phares éteints ? Pourquoi est-ce que...
- Je ne sais pas. Vous avez quitté la route.
- A l'aide», dit-il alors - un simple énoncé plutôt qu'une plainte, mais avec un accent à déchirer le coeur. Un nuage passa devant la lune, de sorte que Shelly ne le vit plus.
«Hé !» appela-t-elle, mais il ne répondit pas.
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