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.. En descendant les fleuves : carnets de l'Extrême-Orient russe

Couverture du livre En descendant les fleuves : carnets de l'Extrême-Orient russe

Auteur : Éric Faye | Christian Garcin

Date de saisie : 10/12/2011

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 18.50 € / 121.35 F

ISBN : 9782234064560

GENCOD : 9782234064560

Sorti le : 12/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 11/12/2011

«Le vol Moscou-Iakoutsk donne la mesure de ce qu'est la Russie. En une nuit, cinq mille six cent quatre-vingts kilomètres vont être parcourus, six fuseaux horaires enjambés et plus de vingt degrés centigrades perdus. À sept heures trente, le Boeing crève le plancher nuageux et glisse vers un tapis de forêts ocellé de lacs. Rivières lascives dans la grisaille et 12 °C annoncés au sol. Et puis la voilà, ce ne peut être qu'elle. Elle porte de longs chalands sombres et des îles sablonneuses, et Katja avait raison, la Léna est un fleuve immense qui ne tolère, pour le moment, aucun pont.»

Partis de Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur le permafrost, et naviguant sur la Lena jusqu'à Tiksi, port à demi abandonné au bord de l'océan Glacial Arctique, Christian Garcin et Éric Faye ont parcouru des régions ouvertes depuis peu aux Occidentaux, sur lesquelles rares sont les auteurs à avoir écrit. En descendant les fleuves est aussi une pérégrination, de Khabarovsk au Birobidjan et à Vladivostok, aux confins du monde européen et de la Chine, sur les traces de Kessel et de Dersou Ouzala.

Éric Faye a publié chez Stock Croisière en mer des pluies (1999), Les cendres de mon avenir (2001), La durée d'une vie sans toi (2003), Mes trains de nuit (2005), Le syndicat des pauvres types (2006), L'homme sans empreintes (2008), Nous aurons toujours Paris (2009) et Nagasaki (2010, Grand prix du Roman de l'Académie française).

Christian Garcin est l'auteur de nombreux ouvrages (romans, nouvelles, essais, carnets de voyage...), parmi lesquels Le vol du pigeon voyageur (Gallimard, 2000), La piste mongole (Verdier, 2009) et Des femmes disparaissent (Verdier, 2011).



  • La revue de presse Alain Nicolas - L'Humanité du 8 décembre 2011

En descendant les fleuves est un récit de voyage d'où la rencontre et l'intériorité ne chassent pas le sentiment bien ancré d'arpenter une planète où l'espace se mesure, où le temps se compte. Le principe même du voyage s'inscrit dans le destin historique de ce pays...
En descendant les fleuves n'est pourtant pas un reportage de plus sur le destin de l'ancienne URSS. C'est un voyage, au plein sens du terme. Voyage dans les langues, sur lesquelles les auteurs insistent  : celles que parlent entre eux les voyageurs et celles que parlent les populations locales...
Et c'est un carnet de voyage, enfin, comme on l'aime, qui donne le sentiment de l'espace immense, où les seuls points de repère sont l'augmentation de la durée du jour et les progrès du froid. Plus que de la trace d'ours sur une berge sablonneuse, la surprise viendra d'un regard croisé, d'un panneau déchiffré, ou d'un souvenir de lecture.


  • Les courts extraits de livres : 28/09/2011

La Sibérie de la Sibérie

Le luxueux hôtel Polar Star, que je préfère nommer Etoile polaire car cela me rappelle je ne sais trop pourquoi - le nom d'un bateau, peut-être -l'album de Tintin L'Etoile mystérieuse, est situé au coeur de la ville un peu moins luxueuse de Iakoutsk, et appartient, tout comme le bateau de croisière Mikhaïl-Svetlov, sur lequel je vais embarquer demain, et quantité d'immeubles, avions, bateaux, banques et sociétés de la ville et de la région, à la richissime compagnie Alrosa, géant d'abord iakoute, puis russe, et aujourd'hui mondial, de l'extraction de diamants, qui a pour la première fois en 2009 devancé sur le marché planétaire ses concurrents botswanais et sud-africain, avec un chiffre de 35 millions de carats - chiffre qui n'évoque strictement rien pour moi, mais qui doit être énorme. L'hôtel a beau être international et luxueux, les jeunes filles un peu trop maquillées de la réception ne parlent pourtant pas d'autre langue que le russe, à l'exception d'une, plus grande que les autres, d'origine africaine, semble-t-il, qui allie le sens russe du service maussade et de l'hospitalité bougonne à une sorte de bonne volonté bourrue qui, étant donné qu'elle est de plus la seule à qui il soit possible de demander un renseignement et d'en obtenir une réponse, me la rend plutôt sympathique. Bizarrement, il n'y a dans cet hôtel aucune réceptionniste iakoute. Dans les rues de la ville, c'est pourtant nettement l'ethnie qui domine, même si les statistiques indiquent une égalité parfaite entre 45 % de Iakoutes et 45 % de Russes, auxquels viennent s'ajouter 10% de Caucasiens, dont je ne sais s'il s'agit de personnes vraiment originaires du Caucase, ou d'une transposition de l'anglais Caucasian qui, dans ce cas, désignerait ici les Blancs non russes. Le bar de l'hôtel, à l'étage, est quant à lui tenu par un jeune homme blond, mince et discret, totalement déconcerté lorsque je lui demande, accompagné d'un ami journaliste, Bolot Botchkarev (car là aussi la seule langue russe est de rigueur), une simple vodka. Habitué à la servir en carafe ou demi-carafe, il ne connaît pas la dose à verser dans un verre, et je repars avec un verre à whisky convenablement rempli de ce qui doit représenter quatre ou cinq vodkas servies à l'européenne, dont je ne doute pas que je ferai mon affaire.
Nous attendent quelques amis, dont une charmante jeune fille du nom de Margarita rencontrée dans l'avion de Moscou, aux traits iakoutes mais aux yeux et cheveux clairs, et Daniele, un Italien qui était en contact avec Bolot pour l'organisation de son équipée à vélo à travers la Kolyma. Les conversations fusent parfois en italien ou français (Daniele et moi), russe (Margarita et Bolot), mais surtout en anglais (nous tous), Daniele se révélant être, outre un sportif accompli, un parfait polyglotte, dont l'accent oxfordien n'est pas moins remarquable que la maîtrise du français - il faut dire qu'il est le reste de l'année moniteur de ski dans une station des Alpes françaises.


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