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Auteur : Jean-François Saluzzo
Date de saisie : 27/09/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Belin, Paris, France
Collection : Regards
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 9782701158532
GENCOD : 9782701158532
Sorti le : 18/10/2011
20 ans. C'est la baisse moyenne de l'espérance de vie en Afrique subsaharienne, après un quart de siècle d'épidémie de sida. Et aucune vaccination n'est encore envisageable... Alors que les vaccins font régulièrement l'objet d'attaques, cet exemple devrait rappeler combien ils ont joué un rôle déterminant dans la formidable augmentation de la durée de la vie dont l'humanité a bénéficié au XXe siècle.
En racontant la saga humaine, scientifique et industrielle qui se cache derrière la mise au point des vaccins contre les principales maladies virales (rage, fièvre jaune, polio, hépatite B, grippe, etc.), Jean-François Saluzzo tient non seulement en haleine le lecteur, mais il répond aussi à de nombreuses questions concernant la fabrication des vaccins, leur composition, les espoirs d'un vaccin anti-sida, etc. Sans oublier les «affaires». Celles, par exemple, des vaccins contre l'hépatite B et contre la rougeole, respectivement accusés d'être responsables de cas de sclérose en plaque et d'autisme. Qu'en est-il réellement ? L'auteur fait aussi le point sur ce sujet controversé.
Jean-François Saluzzo, a travaillé à l'Institut Pasteur, puis chez Sanofi Pasteur, où il dirigea notamment la production des vaccins viraux. Actuellement consultant auprès de l'OMS, il est chargé du transfert de technologies pour le développement des vaccins dans les pays émergents
Une mise au point rigoureuse et facile à lire sur les vaccins et leurs «affaires». À lire de toute urgence...
La production des vaccins contre les virus
L'âge du bricolage microbiologique
Avant de nous intéresser en détail à la production des vaccins viraux, présentons rapidement les propriétés bien particulières des virus et leurs conséquences sur le concept même de vaccin viral.
A la fin du XIXe siècle se produisit la révolution microbiologique incarnée par Louis Pasteur et ses disciples. À cette époque, les scientifiques se livraient une course effrénée pour la découverte de nouveaux germes. Deux groupes de microbes responsables de maladies infectieuses étaient alors décrits : celui des bactéries et celui des virus. Parmi les bactéries, on recense des germes tels que les bacilles de la typhoïde, du tétanos, de la diphtérie ou encore du choléra. Leurs principales caractéristiques : on peut les observer au microscope optique et les cultiver dans des «bouillons de culture». À l'opposé, les virus sont de trop petite taille pour être visibles avec les microscopes d'alors - il faudra attendre les années 1940 et la mise au point du microscope électronique pour pouvoir enfin les observer - et ils ne se cultivent pas.
Comment la présence d'un virus pouvait-elle être détectée à cette époque ? Prenons l'exemple de la rage : l'inoculation de la salive d'un animal enragé à un animal sain, un chien ou un lapin, provoquait la maladie, qui était donc transmissible d'animal à animal. Une fois la maladie reproduite, les chercheurs en déduisaient qu'ils étaient en présence d'un germe, mais, malgré leurs efforts, celui-ci demeurait invisible. Une propriété remarquable complétait alors cette notion de germe invisible et transmissible : même après avoir été passée au travers d'un filtre très fin, la salive d'un chien enragé continuait à transmettre la maladie. On parlait alors d'«agent ultra filtrant» (le premier nom attribué aux virus). On s'en doute, les premiers virologues furent particulièrement frustrés de ne pas pouvoir observer les virus qu'ils venaient de découvrir et de devoir faire appel à des expérimentations complexes sur des animaux pour multiplier ces agents infectieux mystérieux.
La difficulté à cultiver les virus eut pour conséquence le retard important que prit la virologie par rapport à la bactériologie, notamment dans son application vaccinale. Dans les années 1930, seulement deux vaccins contre les maladies virales étaient disponibles, les vaccins contre la variole et contre la rage, tandis que l'on comptait un grand nombre de vaccins contre les maladies dues aux bactéries : typhoïde (1896), choléra (1896), peste (1897), diphtérie (1923), tétanos (1927), tuberculose (1927), coqueluche (1926).
Pendant près de cinquante ans - entre 1900 et 1950 - les rares vaccins viraux disponibles furent préparés sur des animaux vivants : sur flancs de génisses pour la variole, sur cerveaux de moutons pour la rage, sur oeufs fécondés pour la fièvre jaune et la grippe, sur cerveaux de souris pour l'encéphalite japonaise. L'avènement des cultures cellulaires à partir des années 1950 donna un essor à la virologie. Une nouvelle page du développement des vaccins s'ouvrit, notamment avec le vaccin contre la poliomyélite, qui était très attendu. Mais les techniques de culture, encore rudimentaires, ne permirent pas, dans un premier temps, la production de vaccins à grande échelle. La naissance de l'industrie des vaccins contre les maladies virales ne date que de 1975 environ. Elle fut autorisée par l'avènement et le développement de nouvelles technologies fondées sur la culture des cellules sur des microbilles, dans des biofermenteurs.
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