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.. Elle s'appelait Victoire : perdre un enfant

Couverture du livre Elle s'appelait Victoire : perdre un enfant

Auteur : Pauline Aymard

Préface : Françoise Molénat | Laetitia Schul

Date de saisie : 27/10/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Eyrolles, Paris, France

Collection : Histoires de vie

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782212551624

GENCOD : 9782212551624

Sorti le : 15/09/2011

  • Le courrier des auteurs : 29/10/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Femme de 40 ans, mère de famille et coach en entreprise, je travaille particulièrement sur la résilience professionnelle ou l'art de rebondir et de réussir après un accident de vie...un thème qui me passionne et que j'ai moi-même expérimenté.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Ce livre parle en tout premier lieu du deuil vu de l'intérieur. Et puis du poids social lié au deuil d'enfant.
Il illustre l'antagonisme entre l'énergie de vie et de survivre qui jaillit au travers des émotions et du chagrin et le poids du regard social qui préfère écarter les personnes qui traversent des épreuves.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Et je comprends toute la difficulté qui consiste à survivre. On survit mais quel est notre statut ? Celui de mort-vivant ?[...] Comment fait-on maintenant ? A-t-on le droit à un après ?»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un blues de Melody Gardot «Deep within the corners of my mind»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'ai écrit ce livre pour témoigner du deuil de l'intérieur.

Lorsque ma fille est décédée, j'ai cherché un livre qui m'aide, qui me montre le chemin à prendre, qui me rassure en me disant qu'il était possible de s'en sortir d'un deuil pareil, que ma vie n'allait pas s'arrêter là. A l'époque je n'ai pas trouvé ce livre, et je n'ai pas osé non plus demander tellement de conseils...
Il y avait bien des sites d'associations de parents en deuil, mais ça ne m'aidait pas de me confronter au malheur et au chagrin des autres, moi, ce que je voulais c'était vivre ! Avoir droit au bonheur comme tout le monde !
J'aimerais donc que mon témoignage aide toutes les personnes qui sont en deuil ou qui ont dans leur entourage une personne concernée. Je souhaite que mon témoignage les aide à réduire leurs maladresses, même si en fin de compte elles sont aussi touchantes et largement préférables à l'absence ou au silence. Je souhaite que mon témoignage aide toutes les personnes concernées par le deuil à revenir à la vie, à s'autoriser à être heureux...aussi.
Enfin, je souhaite qu'on se dise que les accidents de vie peuvent concerner tout le monde, n'importe qui. Justement, ça n'arrive pas qu'aux autres. Et ce n'est pas une raison pour considérer que ces personnes-là sont foutues et ne pourront plus jamais avoir une vie normale.


  • Les présentations des éditeurs : 29/10/2011

«Le docteur Lachapelle et Paco viennent à ma rencontre. [...] Les convulsions ne s'arrêtant pas, ils ont pris la décision de la plonger dans le coma pour ne pas la faire souffrir. Mais elle mange, elle m'entend et elle me sent. Je rentre dans une pièce toute bleue où sont disposées six couveuses. Dans la première, à gauche, je découvre ma fille. On m'approche un tabouret en métal jaune [...]. Je glisse ma main dans une des chaussettes de la couveuse et vais à la rencontre de la petite main de mon bébé.
Bonjour Victoire, c'est maman.»

A l'âge de 30 ans, Pauline Aymard perd sa première fille Victoire, une semaine après sa naissance. Avec pudeur, elle raconte dans ce livre son histoire : son accouchement douloureux, la froideur de l'hôpital, l'enterrement, le deuil à porter, l'urgence de vivre, les difficultés d'un couple endeuillé, la maladresse de l'entourage face au drame... Aujourd'hui, dix ans plus tard, elle est mère de trois enfants.

Préfaces de Laetitia Schul, psychologue et de Françoise Molénat, pédopsychiatre.


  • Les courts extraits de livres : 29/10/2011

Extrait de la préface de Laetitia Schul

«La mort d'un tout-petit n'est pas une petite mort»
Docteur Maryse Dumoulin

Il n'y a pas de mots pour décrire la souffrance engendrée par la mort de son bébé. Et pourtant Pauline, maman de Victoire, décédée après sept jours de vie, les a trouvés, se lançant dans un véritable travail d'élaboration pour nous livrer son histoire. Les mots de Pauline rejoignent si justement la douleur indicible des parents amenés à vivre le deuil de leur tout-petit qu'ils nous propulsent au coeur de sa souffrance. La souffrance d'une femme submergée par cet amour maternel qu'elle vit pour la première fois.

Je suis entrée dans le récit de Pauline comme on pénètre dans un lieu sacré. A la fois dans un mouvement de recueillement, et en même temps émerveillée par la justesse de cet univers qu'elle nous fait visiter au fil des pages. J'ai pu percevoir et éprouver toute la sincérité des émotions exprimées. J'ai été très humblement touchée par la beauté de son récit intime, bouleversant. Au travers de ce précieux témoignage, j'ai retrouvé les différents aspects du deuil périnatal qui révèlent à quel point il s'agit d'une épreuve singulière.

Extrait de la préface de Françoise Molénat

En dédiant son livre à sa fille Victoire, dont la vie s'arrêta à sept jours dans un service parisien de pédiatrie néonatale, Pauline Aymard nous offre un chant d'amour indestructible. Sa sincérité, sa volonté inébranlable de survivre dans l'épreuve tout en affrontant la violence des heures passées entre refus et acceptation de l'insupportable, ses moments de désespoir, son souci constant de protéger ceux qui l'entourent, sont autant de messages de vie pour les parents endeuillés. On ne peut que s'incliner devant ce déploiement d'énergie, devant l'humour dont elle imprègne la description quasi sociologique des réactions de l'entourage personnel (famille, amis, collègues).

Puisque j'ai l'honneur de préfacer ce qui constitue un témoignage personnel n'appelant en soi aucun commentaire, hormis l'admiration devant le courage de l'écriture, j'ai souhaité parler de vive voix avec Pauline Aymard, avant de m'autoriser une quelconque réaction. C'est en professionnelle - pédopsychiatre impliquée depuis plus de trente ans en médecine périnatale, que je l'ai sollicitée.


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