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Auteur : Ammar Amokrane
Date de saisie : 30/09/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Publibook.com, Paris, France
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 9782748366358
GENCOD : 9782748366358
Sorti le : 15/08/2011
La guerre fait rage en Algérie et la haine a pris possession du peuple qui se déchire. Dans ce monde fait d'incompréhensions, un jeune garçon grandit et tente de se construire au milieu des siens. Seulement, il ne parvient pas à comprendre qui il est. Même son prénom lui échappe : il est «Arab», c'est la seule certitude qu'il a de lui-même. Alors, le jour où cette situation ne lui convient plus, il part en quête de réponses, en quête de cette identité qui lui manque. Il quitte sa campagne et se retrouve à Alger où il intègre le FLN dont il devient un membre à part entière. Mais, au fil des jours, le garçon va prendre conscience de qui il est devenu. Et le brouillard va peu à peu se dissiper pour laisser transparaître la triste réalité des événements...
Ce récit extrêmement poignant est d'un surprenant réalisme. Tout au long du texte, on voit le personnage principal évoluer de manière considérable dans un contexte historique ayant marqué des générations. En effet, bien que fictive, cette histoire aurait pu être celle de n'importe quel enfant algérien, en mal d'identité et de reconnaissance. Et en toile de fond, se profile une véritable interrogation : la société est-elle finalement la seule responsable du destin de ce jeune garçon ? Un appel à la réflexion et à la tolérance, qui tiendra le lecteur en haleine jusqu'à la dernière ligne.
Cet ouvrage est destiné exclusivement à un public adulte.
Chaque jour qui s'en va emporte avec lui les regrets de mon existence mouvementée, parsemée d'imprévus, mais surtout soumise aux caprices de la bêtise humaine. Par moments, l'envie de me suicider me taraude l'esprit, pour en finir avec la vie monotone et blafarde, remplie de remords, que je mène, lorsque je me pose cette question récurrente : pourquoi y a-t-il tant de haine quand la vie regorge d'énergie et d'amour ? Il suffirait pourtant de tordre le cou à ce mauvais sentiment pour vivre sereinement... Dans l'arène arabo-catastrophique, il est difficile d'entrevoir une autre issue à cette misère qui pollue les neurones des uns et des autres telle une malédiction venue d'ailleurs... Oh que non, elle est née chez eux !
La religion me contraint au reniement, tout en me sommant de me soumettre corps et âme au prince du moment. Face à mes espoirs, à mes rêves d'enfant, elle a aussi effacé tout espace dédié à la liberté, à l'amour, au pardon et à l'histoire de mes ancêtres. Dans ce monde que je découvre au fil du temps, où la violence reste la seule alternative pour se faire une place au soleil et où il est déconseillé d'avoir une opinion contraire aux convictions bien enracinées dans les esprits des adeptes du djihad, de dire tout haut ce que l'on pense tout bas, je ne peux me lamenter qu'en mon for intérieur. La suite des événements est connue depuis fort longtemps. Et tant pis pour celui qui ne sait pas tenir sa langue, qui ne sait pas se mouvoir, et surtout, qui oublie de faire des courbettes !
Autour de moi, les hommes se détestent et s'entre-tuent au nom de cette religion, et dans leurs coeurs chargés de rancoeur, il n'y a aucune trace d'amour, ni de compassion. Hélas, je ne divague pas ! J'ai été confronté à cette dure réalité depuis que j'ai existé dans le ventre de ma mère ; et j'ai vécu depuis lors avec la peur d'être livré à la vindicte populaire. Car je ne suis que le fruit d'une histoire revancharde, contée par les hommes venus d'une contrée étrangère à mes ancêtres, les Berbères, pour leur enseigner la bonne parole, faisant d'eux, au fil du temps, des esclaves mentaux, honnis par les anciens... Mais qui étaient ces anciens, au juste ? Des Arabes venus de la lointaine Arabie pour s'enraciner dans la Numidie ? Ou les descendants de Massinissa ?
Trop de zones d'ombre les ont assiégés au nom de cette religion qui a calcifié leur mémoire... Pendant l'Antiquité, ils avaient pourtant leurs rois, leurs reines, leur identité, leur capitale, et chevauchaient fièrement leurs montures, mais peu à peu, ils se sont fondus dans le moule de l'arabité et ont fini par tomber dans l'oubli. Triste sort...
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