Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Gabriel Malika
Date de saisie : 03/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Intervalles, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782916355597
GENCOD : 9782916355597
Sorti le : 23/09/2011
À Dubaï, un riche et influent homme d'affaires décide d'organiser un tirage au sort dont le premier prix est une croisière sur le détroit d'Ormuz. Les heureux gagnants viennent des quatre coins du monde.
Depuis le navire, ces personnages aux destins singuliers vont assister à une catastrophe qui va changer la physionomie de la région. Passé le choc initial, l'organisateur de la croisière tient à ce que l'un des passagers, un jeune Français récemment installé à Dubaï, interroge les participants afin de trouver dans leurs parcours personnels un sens à ces événements extraordinaires.
Les Meilleures Intentions du monde raconte l'histoire d'êtres venus de tous horizons convergeant vers cette immense mégapole qu'est devenue Dubaï, une ville qui n'était encore il y a cinquante ans qu'un petit village de pêcheurs, et où les sentiments et les aspirations de chacun semblent constamment mis à l'épreuve.
C'est aussi une parabole qui dépeint les gloires et déboires d'une cité née des sables qui a tant contribué à changer l'image du monde arabe, au risque d'y perdre son âme.
Gabriel Malika vit au Moyen-Orient depuis près de sept ans. De Beyrouth à Karachi en passant par Djeddah, il s'est imprégné de la beauté et de la complexité de cette région en ébullition. Témoin privilégié de l'émergence de Dubaï, il conserve un attachement à la fois profond et critique à cette région. Les Meilleures Intentions du monde est son premier roman.
Hawwa
- C'est ma décision.
- Comme tu voudras, me répondit mon cousin Rémi, qui m'avait laissé devant le terminal C de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais.
Un commando de terroristes avait récemment sévi dans la capitale saoudienne. Les Occidentaux ne se sentaient plus en sécurité. Les consulats s'agitaient et de grandes guirlandes de barbelés fleurissaient autour des compounds. C'est le moment que j'avais choisi pour venir m'installer à Djeddah, ville des bords de la mer Rouge, étape incontournable pour les pèlerins qui se rendent à la Mecque. On disait qu'Eve, Hawwa, y avait son tombeau. Ma famille avait bien tenté de me dissuader mais il était trop tard. Les contrats étaient signés et les valises bouclées.
J'avais suivi une formation dans une école de design à Paris.
Sur les bancs de l'école j'avais rencontré Fahd, un Saoudien que son père n'avait pas destiné à une carrière de fonctionnaire ou de banquier. Un petit miracle qui lui avait valu de suivre les cours avec moi. Il était doué et me parlait sans cesse d'«opportunités». L'Arabie s'ouvrait au monde, l'argent y coulait à flots et nous avions, disait-il, assez de talent pour y faire fortune.
Nous nous étions spécialisés dans le design de mobilier. Mon ami avait raison. Le Moyen-Orient s'enrichissait et les Saoudiens, grâce à l'argent du pétrole, avaient de grandes maisons qu'il fallait garnir. Les Saoudiens affectionnaient un style que je qualifierais d'«arabaroque».
Sans complaisance et avec délectation, nous nous mîmes à produire des pièces sur mesure, dans la démesure. Le cahier des charges était rarement régi par les contraintes budgétaires. Nous n'avions pour limite que la fantaisie de nos clients. Les commandes les plus extravagantes affluaient, des fauteuils à tête de faucon, d'immenses salons ornés de dorures ou des canapés rouges frappés des portraits de la famille régnante.
Nos caisses étaient bien remplies et l'appât du gain avait raison de notre éthique de créateur. Je décidai alors de lancer une édition limitée de fauteuils de salon. Des pièces aux couleurs discrètes, parsemées d'écriture arabe. Les motifs calligraphiques se déclinaient dans des formes sensuelles. Il était facile à l'oeil averti d'y reconnaître les courbes d'une femme.
Tels les artistes de la Renaissance qui se jouaient de la morale et dissimulaient l'équivoque au sein de leurs compositions, nous nous amusions à introduire ici et là une touche de malice. Ce fut un jeu, et bientôt, ce devint notre marque de fabrique. Cette discrète provocation fit notre succès.
Le bouche à oreille fonctionna à merveille, notre affaire prospéra. Un prince fortuné, grande figure du royaume, eut vent de notre réussite et nous proposa un partenariat sur la base duquel nous pourrions revoir nos ambitions à la hausse. C'est à partir de là que je commençai à m'ennuyer et à douter de notre entreprise. Je gagnais bien ma vie, certes, mais je n'en profitais jamais. Nous étions jour et nuit sur les planches à dessin ou dans les salons surchargés des familles locales. Fahd, lui, rayonnait. C'était pour lui la consécration, l'affranchissement du père, la réalisation d'un rêve de jeunesse. Je voyais les choses autrement. Mon travail devenait répétitif. Il me manquait quelque chose. J'attendais un signe.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia