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Auteur : Laurène Champalle
Date de saisie : 03/10/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Intervalles, Paris, France
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782916355603
GENCOD : 9782916355603
Sorti le : 19/09/2011
Christiania a été fondée en 1971 au coeur de Copenhague sur une friche militaire de 34 hectares. Héritage du mouvement peace and love, la «ville libre» autoproclamée reste de nos jours un quartier mythique où flotte un drôle de drapeau et un parfum de liberté. Si aujourd'hui l'on ne s'y promène plus nu avec des fleurs dans les cheveux, Christiania demeure un immense squat urbain où près de mille personnes, dont deux cents enfants, expérimentent l'autogestion et la démocratie directe, et où le haschich et le cannabis sont en vente libre.
Qu'est-ce que Christiania ? Dix-sept Christianites ont ouvert leur porte et accepté de raconter leur quotidien à Laurène Champalle.
Christiania est la plus grande expérience de vie alternative au coeur d'une capitale européenne. Christiania est aussi un espoir : l'espoir qu'un autre mode de vie urbain est possible au XXIe siècle. Christiania est un chantier, une expérience en cours, un lieu unique au monde où rien n'est figé, où tout reste à inventer.
Laurène Champalle est née à Paris en 1981. Journaliste, elle se spécialise dans les questions de société et le grand reportage. Utopie réalisée mais fragile et menacée, Christiania est un sujet qu'elle suit depuis 2003. À cette époque, elle était correspondante à Copenhague des quotidiens Libération et La Tribune. Elle collabore depuis sept ans à de nombreux titres de la presse française (Le Figaro Magazine, Ulysse, Management...)
Extrait de l'introduction
1971, Copenhague. Une crise du logement sans précédent sévit dans la capitale danoise. Les forces de l'ordre expulsent les occupants des squats, rasent les bâtiments insalubres. Les plus précaires se retrouvent à la rue. Deux ans plus tôt, la marine danoise a abandonné la caserne de Bådsmandsstraede, sur la presqu'île de Christianshavn, au sud-est de la capitale. Un vaste terrain boisé de 34 hectares (soit une fois et demie le jardin du Luxembourg) à deux pas du centre-ville, abritant des bâtiments militaires du XVIIIe et du XIXe siècles, une forêt, un lac et même une petite plage : la seule de Copenhague ! En bordure des anciens remparts de la ville érigés au XVIIe siècle par le roi Christian iv, cette enclave de verdure est à quelques minutes du centre de Copenhague et pourtant isolée du reste de la ville par un haut mur d'enceinte et un canal qui se jette dans le port.
L'information circule et, petit à petit, une foule hétéroclite afflue vers la friche militaire : artistes fauchés, chômeurs libertaires, étudiants idéalistes, émigrés en quête d'un Eldorado, militants anarchistes et communistes, hippies sur la route... Des dizaines d'entre eux escaladent les barrières de la caserne désaffectée et investissent le terrain. Les forces de l'ordre les délogent à plusieurs reprises, puis, dépassées par leur nombre, elles renoncent à expulser les squatteurs, qui fondent leur cité idéale, oasis libertaire au coeur de Copenhague.
Christiania n'est pas née en un jour, mais ses habitants ont retenu une date : le 26 septembre 1971 naît donc Christiania, autoproclamée «fristaden» - «ville libre». Ses occupants forment une communauté composite. Si chacun poursuit son propre rêve, un esprit de pionniers les rassemble tous. Christiania ressemble à un immense chantier. La ville libre se construit dans un joyeux désordre. Les anciens entrepôts de munitions et les baraquements, pillés par les ferrailleurs au départ de l'armée, sont transformés en logements collectifs. Leurs murs de briques sont rapidement recouverts de fleurs et de fresques psychédéliques. Les bords du lac et les anciens remparts de la ville sont investis par des roulottes et des constructions sauvages de bric et de broc, où les hippies vivent d'amour et d'eau fraîche.
Le gouvernement social-démocrate reconnaît Christiania comme «expérience sociale». La vie de la communauté s'organise au jour le jour et Christiania devient un bastion de la contre-culture. De nombreux équipements collectifs et des commerces ouvrent : un jardin d'enfants, un centre de santé, des bains-douches et un sauna, un service de ramassage des poubelles, un magasin de matériaux de construction de récup', des ateliers d'artistes, une fabrique de vélos, un atelier de restauration de poêles, une fonderie, une imprimerie, une radio libre, un cinéma, une épicerie, une boulangerie et une foule de bars, de restaurants et de salles de concert. Un surréaliste marché à ciel ouvert des drogues douces, aussi : Pusher Street - la rue des dealers - où le haschich et le cannabis sont en vente libre sur de petits étals, bien qu'ils soient hors-la-loi au Danemark.
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