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Auteur : Sophie Audouin-Mamikonian
Date de saisie : 08/10/2011
Genre : Jeunesse à partir de 9 ans
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 9782845635319
GENCOD : 9782845635319
Sorti le : 22/09/2011
«Certainement pas !»
À la stupéfaction générale, Tara, le jour de ses seize ans, refuse catégoriquement de devenir impératrice d'Omois, alors que sa tante, Lisbeth, annonce qu'elle abdique en sa faveur.
Et la stupeur devient terreur quand Tara s'incarne en... Reine Noire ! Démoniaque, prête à tout pour accéder au pouvoir, elle était tapie au fond de Tara depuis que celle-ci a utilisé la magie dans les Limbes, et attendait son heure...
Tara est obligée de fuir AutreMonde, car on veut la mettre aux arrêts afin de bloquer la Reine Noire. Il lui faut aller sur Terre, arrêter Magister. Elle sait aussi que, tôt ou tard, elle devra affronter celle qui vit en elle. Est-ce une entité démoniaque ? Ou la part la plus sombre d'elle-même ? Laquelle finira par dominer l'autre ?
Amour, humour et magie sont au rendez-vous de cette nouvelle aventure de Tara Duncan et de ses amis. Plus que jamais, Tara doit faire face à son destin. Sera-t-elle la future Impératrice d'Omois ? Ou le diabolique Magister aura-t-il raison d'elle ?
Dans Tara Duncan contre la Reine Noire, Sophie Audouin-Mamikonian campe avec brio une nouvelle aventure de la sortcelière préférée des jeunes lecteurs !
Magister
ou comment être en déni total de la perte de l'être aim... convoité.
Quelques heures plus tôt, sur AutreMonde...
C'était comme une douleur. Un lancement insidieux du côté de son coeur. Si inattendu, si violent qu'il n'arrivait pas à le maîtriser. Cela le poignardait, jour et nuit, sans répit.
Et cela le rendait fou. Il allait en mourir.
Mourir d'amour, alors qu'il était l'ennemi public numéro un d'une demi-douzaine de planètes, n'était-ce pas totalement pathétique ?
Magister se redressa. Sa robe d'un gris presque noir, tissée dans la plus pure soie d'aragne, flotta un instant autour de lui. Son masque d'or s'assombrit peu à peu pour refléter les tourments de son âme.
Il contempla le corps devant lui, celui de Selena Duncan. La jeune femme qui reposait là, enveloppée dans un cocon de machines étincelantes, semblait vivante. Pourtant, elle ne l'était pas. Ce n'était que son enveloppe physique. Son esprit, lui, avait déjà rejoint l'OutreMonde, l'endroit où les sortceliers allaient après leur mort.
Parfois, il avait envie de hurler. Sa rage, son désespoir ne trouvaient ni repos ni répit. Il faillit gémir mais se retint. Il avait résisté aux tortures des dragons. Mais ce que personne ne savait, ce que personne n'avait jamais vu, c'était ce qu'ils avaient fait de lui. Ils lui avaient brisé les membres, avaient fracassé ses dents et sa mâchoire, arraché sa peau, autant avec leur pouvoir qu'avec leurs griffes, le marquant à jamais.
Délibérément, il coupa sa connexion avec la Chemise démoniaque, qui alimentait son pouvoir.
La Chemise apparut, flottant devant lui, les visages emprisonnés des démons hurlant de rage comme s'ils voulaient en sortir. Il la posa sur une chaise, qui se mit à trembler et à fumer au contact corrosif des âmes démoniaques contenues dans l'étrange tissu noir.
Magister vacilla un instant, et du sang se mit à couler sur son coeur, à l'emplacement, invisible, qui l'avait lié à la Chemise. Il saignerait ainsi jusqu'à ce qu'il rétablisse la connexion.
Il détailla son corps parfait dans le miroir sculpté : son large cou de guerrier, ses longues jambes musclées, ses pectoraux impeccables, ses abdos à faire pleurer un gymnaste médaillé. Puis il laissa son pouvoir s'écouler. Son masque disparut en partie, dévoilant une bouche abîmée ; sa haute taille se voûta ; l'une de ses jambes se tordit légèrement. À présent, c'était un homme encore blessé qui faisait face au miroir. Couturé de cicatrices qui rampaient sur sa peau blafarde, tels des vers sanglants. Pourtant, sous ses blessures, on apercevait son ancienne beauté qui émergeait lentement, comme si elle tentait de se reconstruire en dépit des dommages.
- Ils ne t'ont pas raté, mon vieux, murmura-t-il d'une voix désolée. Saloperies de dragons ! Un jour, ils vont payer, je le jure.
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