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Auteur : Donald Graeme
Date de saisie : 08/10/2011
Genre : Histoire
Editeur : Jourdan, Waterloo, Belgique
Collection : Curieuses histoires
Prix : 17.90 € / 117.42 F
ISBN : 9782874661761
GENCOD : 9782874661761
Sorti le : 12/10/2011
Nous avons tous entendu parler des grands chefs militaires, ceux dont les actions héroïques ont changé la face du monde.
Mais qu'en est-il des acteurs méconnus ou oubliés dont les interventions ne furent pas moins remarquables au cours de nombreux conflits ?
Ce livre raconte les aventures de 44 de ces héros anonymes, entre autres :
- Albert Göring et Heinz Heydrich, frères d'Herman et de Reinhard, qui risquèrent leur vie pendant des années en aidant des Juifs à s'échapper des griffes de leurs frères ;
- Werner Göring, neveu du Reischführer Hermann Göring, qui servit dans l'US Air Force et bombarda l'Allemagne ;
- Kitty Schmidt, la patronne allemande de bordel qui empêcha la prise de Gibraltar ;
- Tsutomu Yamaguchi, qui survécut aux deux bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki ;
- Meydrick Edward Clifton James, qui fut le sosie du maréchal Montgomery ;
- John C. Woods, le bourreau américain de Nuremberg qui sabota délibérément les exécutions, refusant aux condamnés le bénéfice d'une mort rapide ;
- J.F. Kennedy qui ne fut peut-être pas le héros de guerre que l'on dit ;
- La guerre de 14-18 qui n'aurait pas dû commencer à Sarajevo ;
- Victor Mac Lean qui vit la Guerre de Sécession commencer dans sa cuisine et la signature de la reddition du Sud dans son salon ;
Et bien d'autres personnages de guerre tout aussi incroyables...
L'ASSASSIN AVEUGLE
Son nom est sujet à controverse : Feiga Chaimonova Roytblat, ou Rotjman. Elle se faisait appeler Fanny Kaplan (1890-1918). Si elle échoua dans sa tentative d'assassiner Lénine, cette action provoqua une série de conséquences qui allaient coûter la vie, à des milliers de personnes.
Activiste politique dès sa jeunesse, Kaplan s'illustra pour la première fois en 19061, après sa tentative avortée de faire sauter le gouverneur tsariste de Kiev.
Adolescente que ce coup d'essai rendait fébrile, et déterminée à ne rien laisser au hasard, elle avait décidé de tester une dernière fois les circuits et le mécanisme d'horlogerie de sa bombe artisanale, avant de la déposer dans le palais.
Elle survécut à peine à l'explosion qui s'ensuivit, et brûlait encore, inconsciente, quand on réussit à l'extraire des décombres, avant de l'arrêter.
Condamnée à terminer son existence dans les bagnes de Sibérie, elle fut libérée lors de la Révolution de 1917. À cette époque, elle était presque aveugle. Conséquence des conditions de vie dans les camps ou de l'explosion de sa bombe ? La question reste posée. Quoi qu'il en soit, le choix d'un assassin affublé d'un pareil handicap, à qui l'on confie le soin de tirer sur une cible aussi importante que Lénine, paraît pour le moins surprenant.
Au printemps 1918, Kaplan était à Moscou ; elle était membre d'un groupe terroriste anti-bolchevique fondé par un Japonais et contrôlé par Grigory Semyonov (1890-1946), qui avait juré de tuer Trotsky et Lénine. Son travail consistait à surveiller ce dernier et de tenir à jour les dossiers le concernant. Semyonov avait déjà essayé deux fois d'attenter à la vie de Lénine, mais ses meilleurs tueurs, Usov et Kozlov, au sujet desquels on ne sait que peu de choses, avaient lamentablement échoué.
Dans la soirée du 30 août 1918, Lénine assistait à un meeting dans l'usine Morozov à Moscou. La réunion se termina à 22 heures, et il se frayait un chemin dans la foule pour rejoindre sa voiture, quand une femme sortie d'on ne sait où, supposée être Kaplan, brandit un revolver et tira trois coups de feu. La première balle le toucha au bras, la seconde atteignit la mâchoire avant de se loger dans la nuque, et la troisième blessa une spectatrice enthousiaste qui le remerciait de sa présence au meeting.
Encore conscient, Lénine fut poussé dans sa voiture par son chauffeur, un nommé Gil, qui le reconduisit à toute allure au Kremlin. Lénine avait, probablement à juste titre, estimé qu'il y serait plus en sécurité que dans n'importe quel hôpital. Les médecins n'avaient qu'à se déplacer.
Ceux qui l'examinèrent lui déclarèrent deux choses : la première, que les balles avaient été enduites de curare, et qu'il devait s'estimer particulièrement heureux d'avoir survécu aux blessures. La seconde, qu'il n'y avait aucune possibilité d'extraire la balle de son cou, en dehors d'un hôpital. S'il persistait à refuser de s'y rendre, la balle resterait où elle était, avec tous les risques que cela comportait. Lénine persista dans son refus.
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