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Auteur : Julien Chauvierre
Préface : Michel Korinman
Date de saisie : 08/10/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Jourdan, Waterloo, Belgique
Prix : 17.90 € / 117.42 F
ISBN : 9782874661778
GENCOD : 9782874661778
Sorti le : 12/09/2011
En apprenant la mort de Ben Laden, il était tentant de penser qu'on avait ainsi mis un terme au terrorisme d'Al Qaeda et dispersé le Djihad dans l'océan.
C'est fort mal connaître cette nébuleuse de la terreur et ses adeptes qui entendent bien continuer le combat.
Aujourd'hui, qu'est-ce que le djihadisme ? Quels sont les différents groupes qui le composent ? Comment agissent-ils ? Qui en sont les chefs ? D'où viennent-ils ? D'où et comment agissent-ils ? Comment se financent-ils ? Et surtout comment les combattons-nous et comment peuvent-ils être vaincus ?
C'est à toutes ces questions que Julien Chauvierre entend répondre. Il nous présente dans son livre un des panoramas les plus complets jamais établis jusqu'à aujourd'hui de cet international de la terreur, des mouvements qui la composent et des menaces que nous courrons. L'auteur fait également le point sur la lutte anti-terroriste, sur la véritable traque que livrent la CIA et les autres services secrets à cet ennemi invisible.
Ce document accessible, précis et captivant se veut une référence pour tous ceux qui cherchent à comprendre la guerre dans laquelle nous sommes entrés depuis les attentats du 11 septembre et que la mort de Ben Laden est loin d'avoir fait disparaître.
1er mai, 23 h 30
Hélicoptère SHADOW ONE
Les trois hélicoptères MH-60K, des «Blackhawk» spécialement équipés pour les opérations spéciales, approchaient de la frontière pakistanaise. Partis de la base aérienne de Ghazni en Afghanistan, ils étaient pour l'instant toujours dans le ciel afghan. Normalement, ces hélicoptères de nouvelle génération étaient furtifs, c'est-à-dire qu'il était très difficile pour des radars de pouvoir les détecter. Très difficile mais pas impossible, c'est pourquoi le vol en rase-motte restait indispensable même s'il comportait plus de risques, surtout de nuit.
Mais les pilotes du 160th Special Operations Aviation Regiment «Night Stalkers» étaient des éléments d'élites, habitués à infiltrer et exfiltrer des unités de forces spéciales par tout temps, à toute heure et sur n'importe quels terrains. De plus, les hélicoptères Blackhawk de dernière génération ainsi que les systèmes de vue nocturnes du dernier cri fournissaient une aisance de pilotage hors du commun.
La lune n'était de plus guère brillante, cette nuit. Au niveau de la discrétion, cela se présentait bien. C'est en tous les cas ce que pensait le capitaine M. en jetant un oeil vers son calculateur de vol qui lui indiquait son prochain WP. La frontière pakistanaise n'était pas loin.
De son côté, Mike S. se rendit compte qu'il ne s'était jamais habitué aux sensations que l'on ressent lorsqu'on est transporté dans un hélicoptère qui pratique le «vol tactique». Et pourtant Mike avait eu l'occasion d'en faire des voyages en hélicoptère. Que ce soit au sein des forces spéciales de l'armée ou il commença à servir l'Oncle Sam ou par après à la «Division des Activités Spéciales» de la CIA, on l'avait souvent déposé en hélicoptère et pas que dans des endroits faciles : du Yémen à l'Afghanistan en passant par l'Iran. Et malgré cela, les vols tactiques lui donnaient toujours cette désagréable sensation. Peut-être était-elle particulière cette nuit en raison de l'importance de la mission.
Malgré son passé militaire, il était bien le seul «civil» de ce raid. La trentaine d'autres participants appartenaient tous à l'unité anti-terroriste des commandos de marine : ceux qu'on a longtemps appelé le «Team Six des Navy Seal».
Mais dans l'aventure de ce soir, seul son statut était civil. Pour le reste, il était équipé comme ses compagnons. Il portait une combinaison de saut en noir sur laquelle, il avait mis un ceinturon tactique de type Eagle VI-NU qui lui permettait de transporter aisément sa radio individuelle, des munitions et son kit de secours. Il y avait d'ailleurs inscrit au marqueur son groupe sanguin au cas où... Le port de son casque PROTEC, il ne le trouvait par contre pas aisé. Pourtant, ce casque était spécialement conçu pour les forces spéciales mais manifestement pas fait pour la tête de Mike. Vu la forme du casque, il avait l'impression d'être dans une équipe de hockey sur glace.
Mais Mike se reconcentra très vite sur la mission de ce soir. Peut-être la mission d'une vie ! Spécialiste de la nébuleuse Al Qaeda, il avait fait partie ces cinq dernières années du bras armé de la cellule spéciale de la CIA, qui pourchassait sans relâche les cadres djihadistes partout dans le monde.
Cinq années avec de vraies réussites mais aussi avec combien d'échecs et de déceptions. Échecs tellement plus lourds encore lorsqu'on y perdait un camarade. Déceptions plus fortes encore quand on a l'impression que ce sont les «huiles» de Washington qui ont fait rater une capture, à cause de leurs hésitations.
Mais manifestement, le «politique» suivait cette fois et le feu vert était donné : ce soir, ils y allaient pour réussir. Ils y allaient pour capturer ou éliminer Oussama Ben Laden, l'ennemi public n°1 des États-Unis et du monde occidental, le concepteur des attentats du 11 septembre, le chef d'Al Qaeda.
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