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.. L'an prochain à Tbilissi

Couverture du livre L'an prochain à Tbilissi

Auteur : Sana Krasikov

Traducteur : Esther Ménévis

Date de saisie : 09/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Terres d'Amérique

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 9782226231550

GENCOD : 9782226231550

Sorti le : 05/10/2011

L'an prochain à Tbilissi sonne comme une promesse... ou comme une malédiction, peut-être, pour les personnages de Sana Krasikov. Comment ne pas se perdre lorsque tant de lieux, tant de personnes, tant d'événements, tant d'obligations dissemblables, souvent même contradictoires, se mêlent dans un seul esprit, un seul corps ?

Cette dame de compagnie d'une vieille femme sur le déclin, qui assiste impuissante aux passages de plus en plus fréquents des rapaces, n'est-elle pas elle-même la proie facile et privilégiée de ce fils profiteur ?
Cette jeune fille qui aspire tellement à l'indépendance et à la liberté dans ce nouveau pays, ne se laisse-t-elle pas berner, encore et toujours, par cet homme violent, parce qu'il est parfois si difficile et si effrayant d'être seule ?
Et celle-ci encore qui, aveuglée par cet étrange sentiment que l'on appelle parfois amour, se voit entraînée au coeur de dangereuses manigances, ne choisit-elle pas de fuir, sous prétexte de renouer avec un passé, des origines qu'elle ne comprend pas, des amis qu'elle ne comprend plus ?

Les nouvelles de Sana Krasikov mettent en exergue, avec une grande délicatesse, les aspirations et déconvenues de ces expatriés d'Europe de l'Est qui ne trouvent plus leur place, ni dans un pays ni dans l'autre, perdus entre deux cultures, deux identités. La puissance narrative de cette jeune auteure américaine d'origine ukrainienne éclaire les existences de ces femmes, plus ou moins tristes, plus ou moins blessées, qui se battent pour plus de libertés, pour un peu de reconnaissance et, tout simplement, pour une vie meilleure...


  • Les présentations des éditeurs : 22/10/2011

De temps à autre apparaît un jeune écrivain d'une maturité exceptionnelle, dont les personnages incarnent une expérience peu commune. Sana Krasikov est de ceux-là. Avec L'an prochain à Tbilissi, elle s'impose d'emblée comme une voix majeure, influencée par les traditions littéraires juive, russe et américaine.
Dans ses nouvelles au ton doux-amer, cette jeune Américaine d'origine ukrainienne décrit les réussites et les défaites d'immigrés d'Europe de l'Est, venus aux États-Unis en quête d'une vie meilleure. Avec une sensibilité incisive mais pleine de compassion, elle restitue le détail de ces vies, souvent des vies de femmes, faites de petites ou de grandes tragédies, où l'espoir ne cède jamais à la désillusion. Une oeuvre remarquable d'une humanité étonnante.

«Sana Krasikov a écrit un livre délicat sur l'économie des relations humaines, devenues monnaie d'échange pour ces personnages exilés, réfugiés et rapatriés, qui réussissent le tour de force d'habiter plusieurs territoires et époques à la fois.»
The New York Times

«Dans la lignée des grands nouvellistes, Sana Krasikov excelle à emporter le lecteur au-delà de l'histoire qu'elle raconte.»
The Sunday Times

Née en Ukraine, Sana Krasikov a grandi dans l'ancienne république soviétique de Géorgie avant d'émigrer aux États-Unis avec sa famille à l'âge de huit ans. Elle a suivi des études à l'Iowa Writers' Workshop. A 33 ans, elle vit à New York et termine son premier roman.
Ses nouvelles ont été publiées dans de prestigieux magazines comme The New Yorker et The Atlantic Monthly. En 2009, elle a reçu le O. Henry Award et le prix Sami Rohr qui récompense un jeune écrivain juif, et a été finaliste de nombreux autres prix tels que le prix PEN/ Hemingway.

L'AN PROCHAIN À TBILISSI DANS LA PRESSE ANGLOPHONE

Sana Krasikov décrit comme aucun autre écrivain les défaites et les victoires des immigrés d'Europe de l'Est venus aux États-Unis en quête d'une nouvelle vie... Sa perspicacité et l'économie de son style traduisent en peu de mots l'ambition et les échecs de vies entières.
The Guardian (GB)

Dans la lignée des grands nouvellistes, Sana Krasikov excelle à emporter le lecteur au-delà de l'histoire qu'elle raconte. Un paragraphe ou une expression évoque les histoires du passé, une phrase ou un simple mot brosse avec intensité le portrait des personnages.
The Sunday Times (GB)

Les exilés, les réfugiés et les rapatriés qui peuplent ces nouvelles évoluent dans ou hors de la sphère de l'amour - ou de ce qui y ressemble. Sana Krasikov a écrit un livre délicat sur l'économie des relations humaines, devenues monnaie d'échange pour ces personnages qui réussissent le tour de force d'habiter plusieurs territoires et époques à la fois.
The New York Times

L'écriture de Sana Krasikov est précise, ses histoires sont brillantes, complexes et passionnées.
Publishers Weekly

Si Sana Krasikov semble impassible dans le portrait qu'elle fait des confusions de ses personnages, son ton n'est jamais condescendant. Son refus de laisser le caractère poignant des situations prendre le contrôle de son écriture est impressionnant.
The Boston Globe

Un début prometteur, lucide, exploitant le thème de la désillusion amoureuse tout en laissant juste assez de place à l'espoir.
Kirkus Reviews

On attend avec impatience le prochain livre de Sana Krasikov. (...) Son nom sera bientôt célèbre.
The Miami Herald

Avec ce premier recueil de nouvelles, Sana Krasikov se place comme l'un des auteurs les plus prometteurs de ces dernières années.
The New York Sun



  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, novembre 2011

Sana Krasikov signe huit nouvelles qui chuchotent la douleur de l'exil. Avant de s'installer aux Etats-Unis, ils habitaient en Géorgie ou en Russie. Les personnages que l'on croise dans le premier recueil de nouvelles de la jeune et talentueuse Sana Krasikov ont tous quitté leur terre natale...
D'abord publiées dans le New Yorker ou dans The Atlantic Monthly, ses nouvelles révèlent un écrivain déjà en pleine possession de ses moyens. Impressionnant de maîtrise et de maturité, L'an prochain à Tbilissi montre avec une rare finesse des hommes et des femmes qui essayent d'avancer droit. Des êtres qui voudraient bien arriver à réaliser leurs rêves et composent avec les cahots de l'existence.


  • La revue de presse Stéphanie Dupays - Le Monde du 20 octobre 2011

Fuir la grisaille de l'ex-URSS et céder aux sirènes du rêve - du fantasme ? - américain, les personnages de Sana Krasikov n'ont espéré que cela. Ils ont choisi l'exil pour laisser derrière eux fantômes et mauvais souvenirs, échapper à ces trous "qui tôt ou tard se refermaient sur vous", ou tout simplement suivre parents et amis pour ne pas rester sur la touche...
Les huit nouvelles qui constituent ce premier livre portent toutes en elles à la fois une promesse et un regret, et c'est cette tension qui fait la force du récit...
Elle possède ce rare talent de faire surgir en quelques phrases des visages et des lieux, de relever les infimes détails qui font basculer une existence. Le lecteur suit, emporté par ces histoires de vie, simples et saisissantes, dont certaines ont été publiées dans de prestigieux magazines, comme le New Yorker. A 33 ans, Krasikov termine son premier roman : on l'attend déjà.


  • Les courts extraits de livres : 22/10/2011

Dame de compagnie

Depuis son arrivée en Amérique et son divorce, on avait à trois reprises essayé de caser Ilona Siegal. Le premier homme n'était pas n'importe qui, mais un Moscovite titulaire d'un doctorat, lui avait dit l'amie qui avait organisé le rendez-vous. Lorsqu'Ilona ouvrit la porte, elle le trouva sur son perron, vêtu d'un short jaune fin comme du papier. Il était maigre, à la manière famélique des ruminants et des coureurs de fond, avec des replis de peau autour des genoux et des muscles secs de lapin entrelacés sur la face interne des cuisses. Il tenait sous le bras quelque chose que, dans un instant d'égarement, elle prit pour une bouteille de vin. Quand il entra, elle vit que c'était seulement un litre d'eau qu'il portait ainsi. Ils avaient eu comme projet de se promener dans un parc voisin et de sortir déjeuner. Mais il revenait justement du parc. L'endroit n'avait rien d'exceptionnel, disait-il. Il venait d'aller y courir. Il n'aimait pas manquer son jogging, et comme il avait fait un détour d'une heure et demie en voiture pour venir la rencontrer, il en avait profité pour courir en premier. Ilona lui servit un verre de jus de pamplemousse et l'écouta parler de son travail aux Laboratoires Bell. Il était affalé dans son fauteuil, genoux écartés, inconscient que l'un de ses testicules dépassait légèrement de la doublure de son short. Elle fixait son visage, s'efforçant de ne pas baisser les yeux.
Le deuxième homme était un Américain, un collègue qu'on avait amené à une fête pour qu'il la rencontre. D avait des cheveux roux grisonnants et des cils clairs couverts d'un genre de pellicules. H l'emmena à un concert en plein air dans un centre universitaire du coin. Ensuite elle patienta pendant qu'il fouillait dans les placards de sa cuisine, dont il finit par sortir un plateau de crackers et un morceau de Brie desséché. Tout ce qu'elle se rappelait maintenant de son petit appartement, c'était la lumière aveuglante de son réfrigérateur vide.
Le dernier homme était trop jeune pour elle et manifestement gay. Il avait accepté de la rencontrer parce qu'il avait cru qu'elle était une immigrée clandestine qui devait se marier pour rester dans le pays. Dès qu'ils eurent pris place à la terrasse d'un café, il lui confia qu'en temps normal il n'aurait jamais examiné une telle proposition, mais sa mère était tombée malade et il lui fallait payer son traitement. Ilona hocha la tête avec compassion et demanda au jeune homme de répéter plus lentement. Elle comprit que son propre cas avait été relégué si loin dans les recoins de son réseau de relations qu'à présent les gens qui donnaient son numéro de téléphone ne savaient plus qui elle était ni ce qu'elle voulait.


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