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Auteur : Annie Degroote
Date de saisie : 12/10/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France
Collection : France de toujours et d'aujourd'hui
Prix : 20.50 € / 134.47 F
ISBN : 9782702142301
GENCOD : 9782702142301
Sorti le : 05/10/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Une romancière qui aime parler d'aujourd'hui en écrivant dans l'Histoire. Une femme amoureuse de l'Histoire, des Arts, de la vie.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Un roman qui met en scène les ombres et lumières de deux époques lointaines l'une de l'autre et qui ont tant de points communs. Une passerelle entre la fin du Moyen-Âge et aujourd'hui au travers de deux destins de femmes.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
".... Je sens que le moindre souffle de vent peut faire renaître cette époque lointaine, et recréer cette étrange connivence avec Insbette, mon amie médiévale "
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique baroque, Purcell, Haendel...
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'émotion, et la tendresse pour mes personnages.
Fin du XIVe siècle, en Flandre. Sa condition d'exclue n'a pas brisé la joie de vivre de la petite Insbette, enfant recueillie par une famille de paysans. En ces temps troublés, alors que les hommes d'armes surgissent des ténèbres pour semer la désolation, une orpheline est une proie facile. Une bienfaitrice inconnue la sauve du danger. Conduite à Cassel auprès de Yolande de Flandre, Insbette en devient la dame de compagnie et la confidente. Commence alors pour la jeune roturière, aux côtés de cette femme d'État éblouissante, une aventure initiatique qui la mènera, grâce à un vieil astronome érudit et à un maître verrier passionné par son art, sur les traces de ses mystérieuses origines... Insbette ignore que son secret, traversant les siècles, est appelé à bouleverser une autre destinée que la sienne...
Des ombres et lumières du Moyen Âge aux incertitudes de notre époque, à travers les reflets croisés de deux portraits de femmes étonnamment proches malgré leur éloignement dans le temps, Annie Degroote, auteur de Renelde, fille des Flandres, des Silences du maître drapier et de tant d'autres succès, explore dans ce roman envoûtant les affinités souterraines dans lesquelles s'enracinent nos destins.
L'auteur
Native des Flandres françaises, Annie Degroote vit à Paris. Avant de se consacrer à la littérature, elle fut comédienne, metteur en scène, et auteur dramatique. Personnalité du Nord, chroniqueuse à LA VOIX DU NORD, récompensée par le Grand Prix des Lettres de la Société des arts et des lettres de la ville de Lille, ses treize précédents romans ont rencontré un succès qui s'étend aujourd'hui à toute la France.
Flandre-Cassel, aube de 1373
«Je suis née dans la violence. Ainsi soit-il.»
Renaude se signa. Une étrange anxiété lui serrait la gorge. Elle était seule. Seule à la montée de la nuit, c'était rare. Elle était assise dans la pénombre qui peu à peu envahissait la cuisine. D'ordinaire, ils priaient en commun avant le coucher.
Son grand frère lui avait conté les circonstances de sa naissance, et celles de la mort de leur mère. Mais pourquoi ces sombres pensées surgissaient-elles à l'approche de son mariage ? Le fait d'être seule, sans doute.
Aujourd'hui, elle était plutôt confiante. Elle avait tellement vécu dans la peur durant son enfance. Si petite, si démunie face aux dangers de la vie et aux mystères de l'au-delà. Hantée par le spectre de la famine, l'effroi de demeurer seule au monde sans son frère, la crainte de la justice et de la punition divines. Aujourd'hui, elle allait se fiancer. Son mariage, enfin, se profilait. Non, elle n'était plus dévorée par la peur. Sauf peut-être encore à la tombée de la nuit, comme tout le monde.
Immobile, elle attendait le jeune vicaire, Thomas.
La pluie, qui ruisselait dans les ruelles de Cassel, s'était arrêtée. Le temps du labeur s'achevait. L'agitation s'assourdissait. Les clameurs de la journée se dissipaient. Elle entendit les claquements significatifs de la fermeture des échoppes, ceux des sabots sur le pavement de la grand-place. Les apprentis se hâtaient vers les cabarets et les auberges. À la cloche du couvre-feu, les patrons ne donnaient plus à boire, sauf aux étrangers. Il y eut des piétinements, des aboiements. Puis une accalmie. Chacun aspirait au repos. Et au-dehors, on ne distingua plus le chien du loup.
Elle écoutait le silence de la nuit se répandre peu à peu. Au moindre bruit insolite, elle ouvrait les paupières.
«Méfie-toi. Ne sors jamais à cette heure», lui recommandait son frère Arnaut.
Elle haussa les épaules. Qu'irait-elle faire dehors à cette heure ? Comme toute personne sensée, elle ne se risquait pas la nuit dans les rues. Était-ce parce que lui-même, jadis, en compagnie des fils de maîtres et des autres valets, libérait ses instincts bouillonnants sur la chaussée ? Elle ne voulait pas le savoir. Les garçons étaient portés aux folies nocturnes, aux bravades, aux jeux brutaux. Cela leur passait avec l'âge. Ils recherchaient les filles de bordel ou d'étuves. Cela leur passait avec le mariage.
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