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Auteur : Ake Edwardson
Traducteur : Marie-Hélène Archambeaud
Date de saisie : 27/12/2011
Genre : Policiers
Editeur : Lattès, Paris, France
Prix : 20.90 € / 137.10 F
ISBN : 978-2-7096-3682-7
GENCOD : 9782709636827
Sorti le : 05/10/2011
Une nouvelle enquête du commissaire Erik Winter, travaillant sur d'étranges enlèvements d'enfants, brefs et sans violence, à proximité de leur crèche et sur des agressions de jeunes gens dans le centre ville de Göteborg. Les recherches sont rendues délicates par la difficile interprétation du témoignage des enfants et par le silence des victimes.
Plongée amère et sombre dans les violences, familiales ou causées par des proches, à l'origine de traumatismes perpétuant ce cycle, mais aussi dans les angoisses ressenties pour ses enfants et dans les mésententes causées par l'incompréhension, les silences ou l'indifférence.
En cette fin d'automne, trois antennes locales de la police de Göteborg reçoivent des plaintes similaires :un inconnu accosterait des enfants dans un parc. Mais comme aucun crime ne semble avoir été commis, ces dépositions sont laissées de côté. Jusqu'à ce qu'un garçonnet de quatre ans soit enlevé dans ce même parc, puis retrouvé blessé.
Erik Winter, qui enquête sur de violentes agressions touchant des étudiants, finit par penser que les deux affaires sont peut-être liées. Commence alors un travail délicat pour trouver des informations auprès des enfants victimes et de leurs parents désespérés.
A quelques jours de Noël, le commissaire est entraîné dans une course contre la montre pour éviter une terrible catastrophe.
Ake Edwardson, surnommé le Simenon du froid, signe ici l'un de ses meilleurs romans. Traduites dans plus de vingt langues, les aventures d'Erik Winter ont reçu des distinctions dans le monde entier, dont une nomination pour le Los Angeles Times Book Prize, et ont été adaptées pour la télévision.
On y retrouve l'héroïne principale de tous les romans d'Edwardson : la ville de Göteborg. Depuis son premier livre, elle est au coeur de chaque aventure et l'auteur a voulu, en dix volumes, décrire son évolution sociale et politique, loin du paradis suédois tant célébré. Deux enquêtes se croisent : une affaire d'agressions violentes sur des étudiants et, surtout, une histoire complexe d'enlèvements d'enfants dans un parc, près d'une école. Edwardson réussit à rendre palpable l'angoisse des familles tout en suivant le ravisseur dans ses doutes, ses peurs, ses infantilismes dangereux, à quelques jours de Noël.
Cette enquête, justement, que Winter va devoir boucler en un temps record s'il veut rejoindre sa famille à temps pour Noël sur la Costa Del Sol, l'entraîne sur le chemin des enfants. En cette fin d'automne, trois antennes de la police locale de Göteborg reçoivent des plaintes similaires : un inconnu accosterait des enfants dans un parc. Un seul policier prend en considération la plainte d'une mère. Mais pour autant, que faire quand un crime n'a pas été commis ? Il faudra l'enlèvement d'un petit garçon que l'on retrouvera plus tard blessé et choqué pour que les forces de l'ordre se mobilisent. Dans le même temps, une autre enquête semble se dessiner. Des étudiants ont été violemment agressés. Winter est convaincu que les deux affaires sont liées. Description étouffante d'une campagne sauvage et austère par un auteur qui la connut si bien dans son enfance. Une campagne où les violences restent un tabou, les taiseux sont légions.
L'un des enfants se précipita du haut de son perchoir et atterrit dans le bac à sable, puis il éclata d'un rire bref. Ça avait l'air amusant. Lui aussi voulait sauter, mais alors il lui faudrait sortir de la voiture, longer la grille et franchir le portillon pour grimper sur les barres jaunes et rouges.
L'autoradio était allumé, mais il s'en fichait. Une giclée de pluie éclaboussa la vitre. Il leva les yeux : le ciel s'était assombri. Il tendit le regard vers le terrain de jeux, vers les arbres, sur la gauche. Les branches avaient perdu leurs feuilles, les arbres étaient nus. À présent, on voyait ce qui restait invisible l'été. La ville était nue. Il y avait pensé en roulant le long des rues mouillées. Cette ville se retrouvait encore toute nue. Il n'aimait pas ça. C'était presque pire qu'avant.
Un deuxième enfant sauta de l'échelle et s'esclaffa à l'atterrissage. La radio ne le gênait pas, il ne l'écoutait pas. Il écoutait le rire de l'enfant. Il riait avec lui. Sans raison particulière, mais il riait parce que c'était drôle de l'entendre rire et d'être un enfant, de sauter, de se relever, de sauter à nouveau.
La pluie cessa avant même d'avoir commencé. H baissa la glace un peu plus. On sentait le début de l'hiver. Une odeur sans pareille. Sur le sol, des feuilles noircissaient. Des promeneurs suivaient les allées du parc. Avec des poussettes parfois. Quelques adultes étaient présents sur l'aire de jeux. Pas beaucoup. Des enfants, oui, et qui pour la plupart riaient.
Lui aussi, il avait ri quand il était petit. Il se rappelait, une fois, sa maman l'avait soulevé très haut dans ses bras et il avait ri, sa tête avait touché le plafonnier allumé. Il n'y avait plus de lumière quand elle l'avait reposé par terre.
Des paroles à la radio. Il n'entendait pas, car il était resté dans le pays de son enfance. Il était redescendu par terre et sa maman lui avait dit quelque chose. Il ne s'en souvenait plus, plus du tout, mais elle lui avait dit quelque chose. Il y avait tellement repensé, après, à ce qu'elle avait dit, c'était important pour lui ses dernières paroles au moment de franchir la porte, pour ne plus jamais revenir.
Elle n'était jamais revenue.
Sa joue se mouillait comme la vitre de la voiture si la pluie avait continué. Il s'entendit prononcer un mot. Lequel ?
Il revint aux enfants.
Puis à la chambre, c'était plus tard, mais il était encore petit. Assis près de la fenêtre, rayée par la pluie, il avait dessiné les arbres dehors, qui n'avaient plus de feuilles. Sa mère se tenait sous ces arbres. S'il dessinait une voiture, elle était à l'intérieur. Un cheval, elle le montait. Un petit enfant, elle le tenait par la main. Ils marchaient sur une pelouse parsemée de fleurs rouges et jaunes.
Il dessinait un champ. Et la mer après le champ.
Le soir, il faisait le lit pour sa maman. Il avait une petite banquette dans sa chambre, alors il mettait une couverture et un oreiller. Si elle revenait, elle pouvait dormir là. S'allonger directement, sans faire le lit, pas de problème.
Il baissa entièrement la glace et respira péniblement. Il la remonta et démarra pour faire le tour du terrain de jeux en quête d'une place à proximité de l'entrée. Il ouvrit la portière. D'autres voitures étaient stationnées là. Il percevait les voix des enfants comme s'ils avaient été assis à côté de lui. Comme s'ils étaient montés dans sa voiture, pour le voir.
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