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.. Jusqu'à la folie

Couverture du livre Jusqu'à la folie

Auteur : Jesse Kellerman

Traducteur : Julie Sibony

Date de saisie : 01/12/2011

Genre : Policiers

Editeur : Ed. des 2 terres, Paris, France

Collection : Best-seller

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-84893-101-2

GENCOD : 9782848931012

Sorti le : 05/10/2011

Jonah, étudiant en médecine, vit à un rythme effréné dicté par des gardes successives et interminables et par les brimades de ses supérieurs.
Une nuit, à la suite d'une garde impromptue à l'hôpital, au détour d'une ruelle, il se trouve nez à nez avec une femme poignardée et... son agresseur ! Sans réfléchir, il se porte tout de suite au secours de la victime et tue l'homme sans le vouloir. C'est alors le début d'une lente descente aux enfers pour Jonah ?
Un thriller très bien mené qui vous tient en haleine et vous porte jusqu'aux frontières de la folie !


  • Le journal sonore des livres : Nina Salter - 16/11/2011

l'éditrice Nina Salter, au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 19/11/2011

«Suprêmement angoissant !»

The Washington Post

Dans une rue sombre de Manhattan, très tard dans la nuit, une jeune femme est agressée par un homme armé d'un couteau. Jonah, un étudiant en médecine surmené, vole à son secours et tue accidentellement l'agresseur. Pendant que les médias font de lui un héros, le procureur s'interroge sur son geste héroïque. La victime, quant à elle, veut retrouver son sauveur et tient à lui montrer sa reconnaissance. Les événements s'enchaînent, et Jonah est entraîné dans une spirale terrifiante. S'il est vrai qu'aucune mauvaise action ne demeure impunie, le châtiment de Jonah ne fait que commencer...

Jesse Kellerman est né à Los Angeles. Son premier roman publié en France, Les visages, connut un succès immédiat en librairie, remporta le grand Prix des Lectrices de Elle en 2010 dans la catégorie policier et figura pendant plus de 40 semaines dans les classements des meilleures ventes. Jesse Kellerman vit en Californie avec sa femme et leur fils.



  • La revue de presse François Lestavel - Paris-Match du 20 octobre 2011

Depuis la parution des «Visages», resté quarante semaines dans la liste des meilleures ventes et grand prix des lectrices de «Elle», les Français ont découvert que l'auteur de thrillers Jonathan Kellerman avait un héritier surdoué. Entre son père, créateur à succès du héros Alex Delaware - psychologue pour enfants qui aide la police de Los Angeles -, et sa mère, Faye, qui a vendu près de 20 millions de livres dans le monde, Jesse, 33 ans, semblait prédestiné à glisser sur la pente fatale du crime...
Avis aux amateurs de thrillers, Jesse Kellerman est peut-être en train d'inventer un nouveau genre : le polar existentialiste !


  • La revue de presse Raphaëlle Leyris - Le Monde du 6 octobre 2011

S'emparer d'un axiome éternel, le décaper de ses couches de poussière et de son côté simplet pour lui donner une force nouvelle : c'est à cela, aussi, que peut se reconnaître le talent d'un écrivain. Dans le cas de Jesse Kellerman, cette maxime pourrait être : il faut se méfier des apparences. Prenez Les Visages (Sonatine, 2009), phénoménal succès en France avec ses 370 000 exemplaires écoulés : il racontait comment un galeriste d'art, tombé par hasard sur de magnifiques dessins anonymes, découvrait qu'ils représentaient en fait les visages d'enfants violés et assassinés des années plus tôt. Voyez Jusqu'à la folie, son deuxième roman traduit en France, tout juste paru : il part d'un acte héroïque pour décrire ses conséquences catastrophiques, et joue constamment avec l'inversion des valeurs communément admises. L'amour s'y transforme en plongée dans la violence, la vie du héros, étudiant en médecine, à l'hôpital, est une succession ininterrompue d'humiliations...


  • Les courts extraits de livres : 19/11/2011

jeudi 19 août 2004
CHIRURGIE VISCÉRALE ET DIGESTIVE, PREMIÈRE SEMAINE

Jonah Stem entendit un cri.

Il était 3 heures moins le quart du matin et il marchait en direction de Times Square pour s'acheter de nouvelles chaussures. Les banales et robustes Rockport Walker qui avaient survécu à deux ans de médecine théorique avaient fini par succomber à ses réalités bassement glaireuses. Souillées au-delà du réparable, elles faisaient un bruit de succion et laissaient une traînée dans leur sillage, comme deux escargots géants. Parmi les qualités peu communes qu'elles avaient récemment acquises, on pouvait noter leur épouvantable odeur de merde humaine.
Mais ce n'était jamais que des chaussures. Leur dégradation en soi ne dérangeait pas Jonah, si ce n'est qu'elle mettait cruellement en évidence sa propre incompétence, chose qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle ces temps-ci vu le nombre de personnes.qui se faisaient un plaisir de s'en charger.
Pour ce fiasco, comme pour tout en général, Jonah ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Il connaissait les règles ; il avait lu la «Bible», il avait eu des échos par les Gentils Fantômes de la Troisième Année. Dès que vous aviez fini votre journée, la seule stratégie fiable, c'était la DLP : débarrasser le plancher. Et le plus vite possible. Pour peu que vous vous attardiez et qu'on vous mettait le grappin dessus, vous étiez DLM. Dans la merde. Surtout en chir. Les chirurgiens - ou plutôt les internes en chirurgie - se fichaient pas mal que vous ayez fini votre service depuis plus de vingt minutes (les praticiens se fichaient pas mal de vous tout court). Quand ils avaient besoin de vous, vous y alliez, point-barre. Et la meilleure façon d'éviter qu'on ait besoin de vous, c'était de déguerpir plus vite que votre ombre.
Au lieu de quoi il avait traîné. Il avait douze semaines à passer là, ça valait le coup de faire une reconnaissance du terrain. A trop poser de questions - même des questions inoffensives du genre : «Où est-ce qu'on se retrouve ?», ou bien : «Où sont les toilettes ?» - on passait pour un bleu. Et c'était la porte ouverte au harcèlement, parce que si les dieux de la Chirurgie ne se rappelaient jamais votre nom, ni que vous aviez peut-être d'autres obligations, que vous étiez un être humain avec du sang dans les veines et une volonté propre, en revanche ils n'oubliaient jamais, jamais, vos faiblesses. Ils repéraient ceux qui laissaient paraître leur ignorance et ils leur tombaient dessus, avides de leur transmettre leur implacable pédagogie médicale, dépourvue du moindre état d'âme et tournant en boucle sur elle-même, jusqu'à les faire pleurnicher comme des fillettes qui auraient fait pipi dans leur culotte.
Jonah aimait les hôpitaux à ce moment-là, théoriquement la fin de la journée de travail, quand les patients avaient fini de dîner à l'heure des poules et s'installaient en gémissant devant leur télé et leur kétorolac. Alors, en plein coeur de Manhattan, Saint Agatha - un ogre vrombissant de linoléum stérile, de fauteuils roulants, de montagnes de paperasse, d'oreillers hypo-allergéniques, de blessés accidentés, de malades du cancer, de râles, de calculs rénaux, d'armoires à échantillons, de seaux à serpillière remplis d'eau grisâtre, de fraudes aux assurances, de virus, de bactéries, de prions, fractures, lésions, déchirures, de récepteurs nociceptifs tantôt en alerte, tantôt relâchés -, Saint Agatha reprenait son souffle. Un endroit comme celui-là n'était jamais réellement silencieux, mais, à l'instar de tous les grands établissements médicaux, il semblait ralentir aux alentours de 18 h 30, créant une illusion de paix ; ou une idée de ce à quoi aurait pu ressembler la paix si vous n'étiez pas cloîtré dans un foutu hôpital.


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