Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. Héros anonymes

Couverture du livre Héros anonymes

Auteur : Saphia Azzeddine

Date de saisie : 11/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782756103372

GENCOD : 9782756103372

Sorti le : 28/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 22/10/2011

«J'aurais bien aimé que ce soit vraiment des Arabes qui pulvérisent les tours jumelles. Ça aurait enfin signifié qu'ils sont de nouveau capables de flirter avec le grandiose. Fini la dérive, bonjour l'audace. Du travail d'Arabes mais de chirurgiens arabes s'il vous plaît. Fiérot, je visionnais en boucle ces images délirantes depuis mon réveil. Très vite le réel détrôna la fiction et je compris tout seul que mon peuple était bien trop étriqué dans son calbute pour foutre un bazar aussi démesuré. Les images n'en perdaient pas pour autant de piquant mais ce jour-là je troquai mon keffieh pour ma casquette des Yankees. Je m'étais réjoui trop vite, aucune performance à signaler du côté des merguez ce 11 septembre 2001.»

Dans son nouveau livre, Saphia Azzeddine nous invite à entrer dans la tête d'un «héros anonyme» et à mesurer à quel point c'est effrayant d'être un «lambda» et de se sentir, pourtant, tout-puissant.

Saphia Azzeddine est écrivain et cinéaste. Elle a adapté et réalisé Mon père est femme de ménage, et s'apprête à réaliser La Mecque-Phuket. Héros anonymes est son quatrième roman.



  • La revue de presse Patrick Besson - Paris-Match du 10 novembre 2011

Saphia Azzeddine a un certain nombre de choses hostiles, ­aigres, crues et cruelles à dire sur notre monde désenchanté, elle a trouvé quelqu'un pour le faire à sa place : un poseur de bombes. ­Personne ne naît terroriste et tout le monde ne le devient pas, tout est question de couilles et de circonstances. Même les mauvais petits ­garçons ne sont pas nés pour le mal...
Loin d'Azzeddine le projet d'excuser l'inexcusable, c'est à peine si elle l'explique : elle se contente de le raconter très bien. On a eu raison de lui donner le prix Nice-Baie des Anges en 2008 pour son premier roman «Confidences à Allah», on aurait dû lui ­donner le prix Renaudot pour ce ­quatrième roman qui est encore mieux.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, octobre 2011

Depuis le succès de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine a su imposer sa langue et son univers. Elle le confirme avec Héros anonymes, portrait acide d'un jeune homme tyrannique...
Le Ryan de Héros anonymesa tout du sale gosse, grandi trop vite, à qui ses parents ont tout cédé, et qui est devenu un véritable petit tyran domestique. La crise d'adolescence ? Cette "fantastique invention du XXe siècle" n'est rien d'autre qu' "un catalyseur de "oui" en cascade". Les choses ne vont pas s'arranger lorsque son père quitte sa mère, devenue "grosse, vieille et alcoolique", pour une pimbêche intrigante.


  • Les courts extraits de livres : 22/10/2011

J'aurais bien aimé que ce soit vraiment des Arabes qui pulvérisent les tours jumelles. Ça aurait enfin signifié qu'ils sont de nouveau capables de flirter avec le grandiose. Fini la dérive, bonjour l'audace. Du travail d'Arabes mais de chirurgiens arabes s'il vous plaît. Fiérot, je visionnais en boucle ces images délirantes depuis mon réveil. Très vite le réel détrôna la fiction et je compris tout seul que mon peuple était bien trop étriqué dans son calbute pour foutre un bazar aussi démesuré. Les images n'en perdaient pas pour autant de piquant mais ce jour-là je troquai mon keffieh pour ma casquette des Yankees. Je m'étais réjoui trop vite, aucune performance à signaler du côté des merguez ce 11 septembre 2001.
Mais comme la situation demeurait confuse, je préférais ne rien précipiter et marier les deux, keffieh et casquette des Yankees, comme un bon petit soldat de l'amour et de la tolérance. Et même de la résistance. Résistance à l'inimitié entre les peuples. Ces peuples libres, égaux et fraternels qui ne parviennent pas à pactiser une bonne fois pour toutes et qui taguent tous leurs bâtiments officiels de cette boutade laxative. Il suffit d'observer les ruses dont on use pour s'approprier l'accoudoir dans un avion et les seuls peinards finalement sont les manchots.
Dans la rue, je tombai sur une journaliste de trottoir qui interviewait les gens à chaud après l'E-vé-ne-ment qui allait tout cham-bou-ler. De platitudes en lieux communs et de cabale en conspiration, le citoyen télégénique à qui l'on tendait une perche s'en donnait à pleins poumons. Mon déguisement n'échappa pas à l'équipe de tournage sur le trottoir d'en face qui en une image avec moi retraçait toute la couillonnade dont j'étais l'objet. Moi le moitié-moitié, souriant et pacificateur, le bon élève basané qui se réhabilite par le chapeau.
Dans ma chambre, j'avais toujours plus de cran qu'à l'extérieur. J'étais plus radical et moins racoleur. C'est vrai que j'avais apprécié, quelques secondes, d'être l'interprète de l'Histoire plutôt qu'un figurant derrière mon écran d'ordinateur qui débloque sur les blogs. La journaliste m'avait posé des questions imbéciles comme on le lui apprenait en stage et s'était délectée de ma tenue vestimentaire qu'elle avait qualifiée de superbe symbole de paix. La connasse. Et moi j'avais souri. Le traître.
Dehors on raffolait des gens comme moi, des métis porteurs d'espoir, commodes et pas renseignés. Je rassurais par mes mots doux et légitimais par ma peau terreuse. Deux en un, comme la lessive moderne qui adoucit plus qu'elle ne lave. J'inondais mon discours de poncifs conciliants et la journaliste se régalait de ma mollesse intellectuelle. Mais en vrai, ce que j'aurais voulu dire en vrai, le vrai fond de ma pensée, l'inqualifiable vrai, c'était : tant mieux pour ces bouffeurs de chips qui en deux cents ans d'Histoire ont provoqué deux cents guerres. Un jour, eh bien il faut casquer. Et on va vous en foutre plein la gueule. Et j'espère que c'est que le début. Et j'adore voir vos Gis rentrer avec un double orifice ou un crâne cotonneux. Voilà ce que j'aurais voulu dire aux gens mais on m'aurait coupé. En deux.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia