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Auteur : Hubert Monteilhet
Date de saisie : 17/10/2011
Genre : Policiers
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 9782877067430
GENCOD : 9782877067430
Sorti le : 03/11/2011
Dans une verte et idyllique Dordogne, le collège Saint-Christophe a pris le nom d'un saint qui n'a jamais existé, mais les pères de la Miséricorde, ordre enseignant traditionnel, s'efforcent d'être dans le vent avec une louable prudence.
Leur pensionnat, de réputation sévère, accueille pour les pousser jusqu'au baccalauréat les enfants de la bonne bourgeoisie locale, dont Gédéon d'Arsonval, garçon brillant, fils d'un riche notaire.
Mais un ver ne serait-il pas dans le fruit ?
Le parrain de Gédéon, le père de Coursensac, est retrouvé mort empoisonné, et il s'avère que son filleul, qui avouait de surprenantes sympathies trotskistes, l'avait élu comme confesseur habituel en un temps où la plupart des jeunes gens ne songent guère à faire pénitence.
Bientôt, Gédéon s'enfuit, abandonnant le compte rendu de confessions extravagantes, où il est difficile de faire la distinction entre la sincérité du pécheur et la joie vicieuse d'un bavard amateur de mauvaises plaisanteries. Les forfaits avoués sont-ils bien réels, ou le confessé ne songe-t-il qu'à manipuler un confesseur trop confiant ?
Il est dangereux de jouer avec le feu du Ciel et des crimes incontestables viendront noircir le tableau dans le cadre d'une horreur provinciale bien de chez nous.
Hubert Monteilhet est né en 1928 à Paris. Diplômé d'histoire en Sorbonne, il enseigne une dizaine d'années dans des lycées de Tunis. Devenu écrivain, il vit aujourd'hui à Garlin, près de Pau. Il a tenu longtemps la chronique gastronomique du journal Sud-Ouest. Lui-même pratique l'art culinaire avec beaucoup de savoir-faire. Il s'est d'abord rendu célèbre avec une série de romans très prisés par les vrais amateurs de romans policiers. Plusieurs d'entre eux ont été portés à l'écran. Parmi les plus célèbres, on peut citer : Les Mantes religieuses, Le Retour des cendres, Les Pavés du diable, La Part des Anges, Oedipe en Médoc, Le Ruban bleu, Sans préméditation, etc. En 2009 il obtient le Prix Arsène Lupin pour Choc en retour.
Monteilhet a mené parallèlement une carrière de romancier historique. En 1984, il publie avec un énorme succès de librairie et une presse élogieuse son fameux Néropolis, ouvrage consacré à la Rome de Néron et aux premiers chrétiens. En 1988, La Pucelle. En 1992, Eudoxie ou la clef des champs. En 2004, Les Bouffons, sur les années terribles de la Révolution française. En 2008, Au vent du boulet, roman des temps napoléoniens.
Le vendredi 11 juin 2010 à neuf heures du matin, Maître Charles-Édouard Drouet d'Arsonval m'apporta à mon bureau du commissariat, avec son enveloppe, le mot anonyme qu'il avait reçu le 5 juin précédent et qu'il me présenta d'un air faussement détaché. En fait, Maître d'Arsonval n'avait pas l'air dans son assiette.
Plutôt que de téléphoner, ce distingué poseur s'était fait précéder d'un bristol gravé à l'ancienne sollicitant un entretien «pour une affaire grave». Le prix du téléphone avait été pour l'État.
Maître Drouet d'Arsonval, un des notaires les plus estimés de Bergerac, résidait en un bel hôtel particulier du XVIIIe entre cour et jardin, sis impasse des Cannettes, dans le vieux Bergerac, entre le Musée du tabac et l'église Saint-Jacques.
Ce d'Arsonval était honteusement riche - comme disent les Français pour amuser les Américains. En plus des gras revenus d'une étude qui ratissait large, il pouvait compter sur des investissements de toutes sortes, dont quelques-uns auraient pu surprendre des censeurs pointilleux.
On murmurait même qu'il n'hésitait pas à prêter de l'argent ou à recevoir des fonds sans trop se soucier des règlements en vigueur dans sa profession.
C'est ainsi que, chez les notaires, une affiche prévient la clientèle : la Chambre des notaires ne rembourse que les canailleries commises dans le cadre de la réglementation notariale.
Si un notaire vous fait les poches dans le métro, vous n'êtes pas couvert.
Assisté d'une ribambelle de clercs chevronnés, d'Arsonval, qui avait obtenu une Légion d'honneur pour de fumeux motifs, ne se tuait pas au travail et menait une vie mondaine active. Il avait un voilier de douze mètres à Royan, était féru d'aviation et faisait courir un trotteur sur les champs de courses de la région.
Tombé veuf courant juillet 2009, notre notaire s'était remarié dès septembre de la même année avec une beauté d'origine plébéienne qui avait dépassé la trentaine.
J'avais eu l'avantage d'être invité avec ma femme à ce remariage, qui s'était signalé à l'attention des populations éblouies par des pompes religieuses et profanes mémorables, avec grandes orgues à la cathédrale, flots de champagnes, truffes et caviar.
C'était bien d'un d'Arsonval de caresser un humble commissaire de police, à toutes fins utiles. Il m'était arrivé de le saluer au Rotary ou au Lyon's Club, endroits où un fonctionnaire n'avait guère le temps d'être assidu.
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