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Auteur : Samuel Chardon | Céline Roussel
Date de saisie : 25/10/2011
Genre : Bandes dessinées
Editeur : Oiseau Porte-Plume, Billom
Prix : 14.50 € / 95.11 F
ISBN : 9782951913578
GENCOD : 9782951913578
Sorti le : 07/10/2011
Du carnet de voyages à la bande dessinée...découvrez le premier tome d'une trilogie pleine de clins doeil (Olivier relève les plaques...) d'humour, action et de politique... sans primaires
1) Qui êtes-vous ? !
Nous sommes auteurs éditeurs.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central est l'esclavage historique et moderne à la fois.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"L'esclavage "africanisé" institutionnalisé, est l'un des fondements majeurs de notre histoire à tous, notre héritage."
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique tribale africaine ou caraïbéenne (genre incantation vaudou)
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une mise en lumière sur cette histoire, sur ce thème de l'esclavage.
Trois personnages pour trois continents, l'Europe, l'Afrique et l'Amérique, à l'image du «commerce triangulaire» : Toile de fond de cette série basée sur l'esclavage d'hier à aujourd'hui.
Une histoire d'esclavage moderne : Gladis s'enfuit alors qu'elle était retenue prisonnière chez un notable, un attaché d'ambassade, comme bonne à tout faire, sans papier d'identité ni salaire...
Une «aventure politique» riche en scènes d'action et en rebondissements !
Appel du président Bolivien Evo Morales (16 juin 2008)
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens d'Europe pour que ne soit pas approuvé le texte de la «directive retour».
Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent pour les Amériques, pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
(...) Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle.
(...) Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. (...) Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.
Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7% du PIB d'aide au développement. (...)
(...) Si nous concevons que chaque État ou groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.
La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papiers jusqu'à dix-huit mois avant leur expulsion - ou «éloignement», selon le terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce : «1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État. 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.» Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner les mères de famille et des mineurs sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.
Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? (...) Où est la «liberté de circuler», la protection contre les emprisonnements arbitraires ? Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un «accord d'association» qui inclut en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la protection juridique, on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. (...) Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement... cela est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. (...)
Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité, alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux n'est en rien une solution. (...) Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
(...) J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du tiers-monde et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos «politiques d'intégration» comme vous avez échoué avec votre supposée «mission civilisatrice» du temps des colonies.
Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les «clandestins».
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