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.. La vengeance de mademoiselle Jin

Couverture du livre La vengeance de mademoiselle Jin

Auteur : Véronique Bréger

Date de saisie : 13/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : les Ardents éditeurs, Limoges, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782917032275

GENCOD : 9782917032275

Sorti le : 23/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 29/11/2011

Hiver 1739. Les grandes familles royales du vieux confinent s'entredéchirent pour asseoir leur souveraineté et leur puissance. Des alliances se nouent, des complots se trament. A l'est des frontières occidentales, les forces ottomanes fourbissent leurs armes. C'est dans ce contexte détonant qu'un navire en flammes s'échoue aux abords d'un village turc de la mer Noire. À son bord, un émissaire porteur d'un message qui pourrait bouleverser la donne.

De nos jours. Depuis son retour en région parisienne, l'agent de recherches privées Évi Marc ne parvient pas à oublier les événements survenus en Limousin huit mois plus tôt. Lorsqu'elle est missionnée par les services secrets français pour récupérer une icône du XVIIIe siècle dans un monastère grec, elle est loin de se douter de la machination implacable dans laquelle elle va se trouver piégée.
Un groupe de janissaires surgis du passé. Un gentilhomme français, grand aventurier et visionnaire. Un richissime homme d'affaires prêt à tout pour parvenir à ses fins. Un faux moine téméraire et fidèle. Une redoutable triade. Évi Marc aura fort à faire si elle souhaite... rester en vie !

Après le succès de La Nuit des Orpailleurs, Véronique Bréger retrouve son personnage d' Évi Marc dans un roman d'aventures alliant à des tonalités fantastiques un suspense palpitant. Elle est aussi l'auteur des illustrations.


  • Les courts extraits de livres : 29/11/2011

Extrait du prologue

Nuit sans lune. D'épais nuages se déplacent dans le ciel au-dessus de la ville. Dans ce quartier résidentiel rempli de bâtisses aux murs épais et parfois décrépis, on est loin des bruits de la cité. L'air sent l'humidité, l'orage est proche. Ici bat le coeur de la vieille ville, ici, les témoignages des relations entre l'ancien Empire ottoman et les grandes puissances européennes sont nombreux. Les premières gouttes frappent le bitume. Insensibles au déluge qui s'apprête à se déverser sur eux, six hommes pressent le pas. Deux d'entre eux se détachent du groupe et bifurquent en direction d'une impasse. Les quatre autres poursuivent sans ralentir, leur destination se dresse droit devant. Tel un vol de rapaces en chasse ils se dispersent, fondant chacun sur un objectif prédéfini. Dix-huit minutes ; le compte à rebours est enclenché.
Tapis dans l'ombre des arbres décharnés, les guerriers attendent. Leur course finale ne les a pas essoufflés. Des mois d'entraînement les ont portés vers cet instant. Paupières closes, sens en alerte, ils se concentrent sur le présent, l'odeur de l'écorce contre leurs joues, le grincement des branches qui s'entrechoquent sous l'effet de la bourrasque. La pluie se répand sur les stèles funéraires dont les contours foisonnent alentour. D'un geste, l'un des hommes capture un trait humide venu se loger dans sa barbe naissante. L'eau purificatrice lave le monde. L'heure n'est pas à la prière, le moment est venu de passer à l'action. Le cadran lumineux des montres confirme l'approche de l'échéance. Quinze secondes. Ils s'accroupissent et saisissent les barres de fer déposées là à l'occasion de précédentes visites. Ils inspirent et soufflent. Les coeurs sereins, les âmes tendues vers un but. La mission a été parfaitement préparée. Cinq, quatre, trois... Chaque détail, identifié. Deux, un, zéro...
Un éclair claque au-dessus des toits, la déflagration qui l'accompagne fait vibrer le sol. Patienter encore un peu. La chaude lueur des flammes envahit les environs, ils ne voient pas le théâtre des événements, ils savent. Une seconde explosion retentit. Les deux hommes se relèvent. Cris, hurlements. On se précipite au secours de ceux qui viennent d'être frappés ; on se focalise sur un lieu, un drame, que tous demain nommeront l'attentat du Palais de France. La voie est libre. Le cimetière n'est pas aussi vaste qu'il y paraît. Les hommes se faufilent entre les sépultures avec la précision de félins. Si, par mégarde, ils effleurent l'une d'entre elles, ils murmurent aussitôt une demande de pardon. Ils respectent la mémoire de tous ceux qui sont enterrés en ces lieux. Tous ? Non, pas exactement. Leurs pas les dirigent vers un tombeau sur lequel se dresse un monolithe vertical couvert d'inscriptions élogieuses et chapeauté d'un imposant turban. Ils dégagent la terre des interstices confectionnés par un complice affecté à l'entretien des lieux. D'un même élan, les pieds de biche s'enfoncent sous la dalle. La poussée simultanée libère l'espace suffisant pour la suite des opérations.
Non loin de là, à quelques pâtés de maisons, les véhicules de pompiers arrivent, suivis de près par les ambulances. La plainte stridente des sirènes bouscule la quiétude du cimetière. Concentrés sur leur ouvrage, les vivants qui s'y trouvent ne prêtent pas attention au remue-ménage. Tels les mécaniciens méticuleux et précis d'un circuit de formule 1, les deux hommes s'affairent en silence à l'ultime tâche qui leur est impartie en cette nuit de janvier. Celui qui a été désigné par ses pairs se glisse à l'intérieur du caveau, tandis que l'autre fait le guet.
Quelques minutes plus tard, la plaque est remise en place, les traces d'effraction masquées au moyen de pierrailles. Les deux acolytes se séparent, sans un mot. Le premier disparaît dans une ruelle sombre, emportant avec lui les instruments du forfait. Le dernier à quitter l'endroit ne peut s'empêcher de lire l'épitaphe gravée. Elle est ancienne, pourtant les lettres sculptées restent lisibles comme si elles défiaient le temps.


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