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.. Plus léger que l'air

Couverture du livre Plus léger que l'air

Auteur : Federico Jeanmaire

Traducteur : Isabelle Gugnon

Date de saisie : 08/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Joëlle Losfeld, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 9782072448799

GENCOD : 9782072448799

Sorti le : 13/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 03/01/2012

Une vieille fille âgée de quatre-vingt-treize ans maintient enfermé dans sa salle de bains un adolescent qui a essayé de la voler. Elle lui précise d'emblée qu'il peut hurler à sa guise mais que cela sera sans effet. La seule condition à sa libération est d'écouter l'histoire de sa vie, parce que, au fond, cette compagnie «inespérée» permet à la vieille dame de pallier une solitude infinie et, sous couvert d'un certain moralisme, de laisser libre cours à une sorte de cruauté teintée de sadisme. Véritable suspense en huis clos, qui se termine sur un dénouement totalement inattendu.

FEDERICO JEANMAIRE est né en 1957 en Argentine. Il est l'auteur d'une vingtaine de romans. Plus léger que l'air a obtenu le prestigieux prix Clarin en 2009.

«Un pari risqué [...]. Celui de parler de la vie contemporaine, où le bien et le mal partagent une frontière mal définie.» JOSÉ SARAMAGO

«Chaque page fonctionne mieux que la précédente et vous attire davantage dans la fascinante toile d'araignée de sa maîtrise narrative.» ROSA NONTERO

«Une métaphore sur la violence et sur la solitude, les deux fléaux autour desquels tourne ce roman étonnant, écrit avec un rythme dont le brio force le lecteur à une complicité sans limites.» JUAN CRUZ RUIZ

«Une porte fermée comme métaphore d'un monde clos, asphyxiant. Un dialogue impossible qui devient le monologue halluciné d'une vieille folle ; telle une Shéhérazade cauchemardesque, la narratrice parle pour ne pas mourir.» PABLO DE SANTIS



  • La revue de presse André Clavel - Lire, novembre 2011

Le récit de Federico Jeanmaire - né en 1957, professeur à l'université de Buenos Aires - est totalement inclassable : un huis clos qui tient de la conjuration et du théâtre de l'absurde, surtout lorsque Faila se met à nourrir le jeune loubard en glissant sous la porte quelques biscuits, des escalopes et des poignées de crackers... Comme Shéhérazade, elle ne cessera de parler pour repousser la mort et le lecteur referme ce livre tragi-comique en se disant que la vraie prisonnière, c'est elle : une femme emmurée dans sa geôle mentale, comme du Ionesco revu par Beckett.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 13 octobre 2011

Ce roman, qui emprunte au théâtre classique son monologue exaspéré et au thriller moderne son suspense haletant (et son épilogue asphyxiant), est d'une puissance exceptionnelle. Rarement le drame de la solitude n'a mieux été décrit que dans ce face-à-face invisible entre la vertu et le vice où les rôles vont s'inverser. Et où même le lecteur finit par perdre la tête.


  • Les courts extraits de livres : 03/01/2012

Asseyez-vous sur le couvercle des toilettes. Vous voulez bien ? N'allez surtout pas croire que je vous y oblige. Seulement, j'ai l'impression que vous serez plus à l'aise si vous le faites. Moi, j'ai pris une chaise et je l'ai installée près de la porte.
Je vais vous raconter quelque chose.
Ne rouspétez pas. Vous vous faites du mal en vous comportant ainsi, ça ne vous apportera rien de bon. Au contraire, vous risquez une hausse de tension. Je vous jure, ça m'est arrivé.
Voilà. Je vais vous raconter quelque chose dont j'ai très envie de vous parler.
S'il vous plaît. Soyez mignon. Taisez-vous un peu, calmez-vous, arrêtez de cogner contre la porte comme un idiot et écoutez-moi gentiment, ça vous fera du bien.
Oui, oui, du bien, je sais ce que je dis.
On apprend toujours quelque chose des personnes âgées. Bien sûr, vous autres, je veux dire les jeunes, vous n'en êtes pas persuadés, vous pensez qu'une vieille femme comme moi ne peut rien vous enseigner. J'ai quatre-vingt-treize ans. Je vais sur mes quatre-vingt-quatorze. C'est beaucoup, n'est-ce pas ?
Impressionnant, je le reconnais, mais, vous savez, le temps passe à toute vitesse ; on vient tout juste de s'apercevoir qu'on est vivant qu'il faut déjà mourir. C'est vrai, même si vous n'en croyez pas un mot, et d'ailleurs, vous avez parfaitement le droit. Pourtant, je vous le répète, le temps passe vite, il file à toute allure, comme on dit. Sans qu'on s'en rende compte. On a l'impression que tout date d'hier ou d'avant-hier. Mais bon, ce n'est pas de ça que je voulais vous parler. Avec votre permission, je vais vous raconter l'histoire de ma mère, après quoi, c'est juré, je vous promets de ne plus vous embêter.
De ma mère, oui.
Ah, je vous préfère comme ça, plus docile, compréhensif, prêt à m'entendre. Vous êtes jeune, et même si rien n'est moins vrai, je suis sûre que vous vous figurez avoir toute la vie devant vous. Vous pensez avoir du temps à revendre. Bien évidemment, c'est un mensonge, un mensonge plus gros que le temps. Mais vous ne le savez pas encore et, quand vous en prendrez conscience, il sera trop tard, je peux vous le certifier. Comme pour moi. Enfin, je vous remercie d'avoir maintenant envie de m'écouter. Et aussi d'apprendre des choses grâce à moi.
Ah ? Vous n'avez pas envie. Ni d'écouter ni d'apprendre. Eh bien, c'est tout à fait possible, mais sachez que je vous raconterai quand même mon histoire, comme je l'ai décidé. Je préfère vous prévenir tout de suite. Vous restez sage comme une image, je vous raconte mon histoire, et ensuite vous me direz si elle vous a intéressé ou non. De toute manière, il faut que je vous dise que je suis un peu sourde, c'est comme ça. Je n'y peux rien, ce sont les soucis de l'âge. Alors...
Voilà. Ma mère s'appelait Delia mais on l'appelait Delita. Je ne l'ai pas connue, mais permettez que je dise moi aussi Délita. Pour moi, elle est et sera toujours Delita, vous comprenez ?


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