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.. Je ne suis pas Eugénie Grandet

Couverture du livre Je ne suis pas Eugénie Grandet

Auteur : Shaïne Cassim

Date de saisie : 30/12/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Ecole des loisirs, Paris, France

Collection : Médium

Prix : 10.00 € / 65.60 F

ISBN : 9782211206549

GENCOD : 9782211206549

Sorti le : 27/10/2011

"Ma soeur, je me demande comment elle est encore en liberté. C'est devenu un danger public de l'émotion incontrôlable. Je plaisante mais c'est vrai, ça, les gens qui vous bouleversent à tout bout de champ, on va finir par ne plus les supporter et les enfermer."
C'est ainsi que commence Je ne suis pas Eugénie Grandet. C'est Alice qui parle, elle a dix-sept ans. Alice est une jeune fille plutôt réfléchie, mesurée, tandis que sa grande soeur prend beaucoup de place avec son caractère exubérant.
Un jour, elles visitent toutes les deux l'exposition de Louise Bourgeois sur le personnage de Balzac, Eugénie Grandet. Et c'est le choc pour Alice : elle ne veut pas devenir comme Eugénie Grandet, prisonnière, oubliée, derrière l'ombre de sa soeur.
S'ensuit alors une crise existentielle pour la jeune fille, qui passera par la découverte de l'amour (toujours l'amour !), et qui lui permettra aussi de faire le point avec sa famille (plus précisément avec une grand-mère acariâtre et une mère absente).
J'ai aimé la lecture de ce roman farfelu, même si l'histoire est un peu bancale. Le problème d'Alice est un peu oublié en cours de route, comme si le simple fait d'avoir identifié son mal être permettait de le résoudre totalement.
Disons que le fil conducteur de ce récit est la littérature, traitée de manière amusante, et de fait, il donne envie de lire ou relire Balzac et Tchekhov (car on parle aussi beaucoup de Tchékhov, et de théâtre, dans l'histoire !).
Cela part un peu dans tous les sens, c'est un peu dommage, mais heureusement cela ne gâche pas la fraîcheur de ce roman, dont l'histoire a le mérite de sortir du lot habituel des romans pour ados (ici point de loups-garous et de vampires !).


  • Les présentations des éditeurs : 17/11/2011

Tout à commencé à cause de l'exposition Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet... C'est Anne-Louise qui a eu l'idée d'y emmener sa petite soeur, Alice.
Anne-Louise est excessive, passionnée : un danger public de l'émotion incontrôlable. Sa soeur est sa digue, son rempart.
Alice a essayé de lire Eugénie Grandet, le roman de Balzac, mais l'histoire de cette jeune fille sacrifiée, qui se fane sous les yeux du lecteur, la perturbe. En contemplant les oeuvres de Louise Bourgeois, elle est saisie d'un vertige. Elle suffoque. Elle a peur du temps qui passe, peur de rater sa vie. Un sentiment qu'Anne-Louise ne connaîtra jamais.
Alors, pour la première fois, Alice repousse Anne-Louise. Elle préfère prendre du recul pour réfléchir, elle ne veut plus être dans l'ombre de sa soeur. Une chose est sûre : elle n'aura pas le destin d'Eugénie Grandet.

Shaïne Cassim est née à Madagascar. Elle a d'abord travaillé comme lectrice, avant de devenir traductrice puis éditrice jeunesse. Elle a publié des romans pour adolescents chez différents éditeurs et un roman pour adultes, Qui a tué Héloïse Van Hool. Je ne suis pas Eugénie Grandet est né de l'émotion qu'a éprouvée Shaïne Cassim après avoir vu l'exposition Louise Bourgeois à la Maison de Balzac. Pour se défaire de ses propres sensations, elle a inventé le personnage d'Alice, qui les a portées pour elle.


  • Les courts extraits de livres : 17/11/2011

J'adore Anne-Louise Pratt.
Je me méfie d'Anne-Louise Pratt.

Ma soeur, je me demande comment elle est encore en liberté. C'est devenu un danger public de l'émotion incontrôlable. Je plaisante mais c'est vrai, ça, les gens qui vous bouleversent à tout bout de champ, on va finir par ne plus les supporter et les enfermer.
Si ça se trouve, ces personnes vont devenir un problème pour la stabilité émotionnelle du pays.
Si ça se trouve, dans peu de temps, le gouvernement va chasser les individus qui représentent un souci pour l'ordre public parce qu'ils éprouvent des choses saugrenues.
Si ça se trouve, plus aucune pensée grotesque ou surprenante ne sera tolérée.
J'espère que ça n'arrivera pas.
J'espère que ça n'arrivera jamais.
J'adore Anne-Louise Pratt. Je me méfie d'Anne-Louise Pratt. Anne-Louise Pratt, c'est ma soeur.
Elle a vingt ans, une allure pas possible, quelque chose entre le canard et le cygne, de grands yeux qui se renversent vers le ciel quand elle réfléchit. Et mon Dieu, qu'est-ce qu'elle réfléchit. Du matin au soir, elle pense à haute voix. Elle éreinte tout le monde, en particulier ses amis, son père, Georges, et sa petite soeur, Alice (c'est moi, Alice). Notre mère n'étant pas concernée puisqu'elle a refait sa vie à l'autre bout du monde et qu'elle se fout éperdument d'Anne-Louise Pratt.
A son boulot, ils l'adorent, ce sont des inconditionnels. Évidemment, elle ne débranche jamais. Elle travaille comme costumière dans un théâtre. Max, le metteur en scène, la retrouve endormie sur des monceaux de soie ou allongée au petit matin contre un décor, l'aiguille encore à la main pour coudre la manche de la robe de Liouba dans La Cerisaie de Tchékhov. Max est aussi son petit ami. Je trouve qu'eux deux ensemble, c'est nitro + glycérine. Max est aussi excessif qu'elle. En ce moment, il se balade avec La Cerisaie sous le nez sans arrêt. On le croise avec son exemplaire annoté aux quatre coins du quartier, de leur appartement, du nôtre. Il a même surgi dans la boulangerie, demandant une Cerisaie pas trop cuite, s'il vous plaît, madame, à la boulangère interdite. Je le sais, j'étais avec lui, me retenant de rire. Hier soir, ils étaient invités à dîner à la maison. Au moment de passer à table, mon père a adressé un sourire menaçant à Max :
- Je suis ravi de vous avoir à dîner, Max, mais si vous rangiez Tchékhov dans votre poche juste pour ce soir, je serais très honoré.


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