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Tout a commencé le jour où Janin est allé faire des courses avec l'oncle Jean, et où l'épicier les a pris pour père et fils.
Comment Janin ne s'est-il pas aperçu plus tôt qu'il est le seul à la maison à avoir le teint pâle et les cheveux blonds ?
Il commence à faire de terribles cauchemars.
Le lendemain, il est au lit avec de la fièvre. Mais il a aussi une bonne idée pour se mettre à ressembler à ses parents et à son petit frère.
Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.
Xavier-Laurent Petit est né en 1956. Après des études de philosophie, il devient instituteur puis directeur d'école, mais reste avant tout un passionné de lecture. Une passion qui le conduit à franchir le pas de l'écriture en 1994, avec deux romans policiers publiés chez Critérion. Il entre à l'École des Loisirs avec "Colorbelle-ébène" qui obtient le prix "Sorcières" en 1996. Suivent d'autres romans pour la jeunesse, le plus souvent ancrés dans l'actualité. Mordu de montagne, il se consacre maintenant à l'écriture et n'imagine pas de laisser passer plus d'un an sans partir au moins une fois loin et haut...
Il y a souvent une histoire vraie à l'origine d'un roman de Xavier-Laurent Petit. Ce dévoreur de journaux a découvert l'existence de Chemokil Chilapong dans un article de Courrier international qui racontait comment cette simple fermière avait pu financer la scolarité de ses enfants grâce à sa victoire au marathon de Nairobi. Il n'en fallait pas plus pour que son imagination s'emballe et nous entraîne dans les foulées de Maswala, la mamantilope d'une petite fille au coeur malade...
Les courts extraits de livres : 17/11/2011
Tout a commencé le jour où je suis allé faire des courses avec mon oncle Jean.
L'épicerie de l'Italien était juste au coin de la rue et ressemblait à une jungle, avec plein de trucs partout. Les jambons pendaient du plafond comme des chauves-souris géantes, les saucissons se tortillaient comme des serpents autour de crochets en fer, les bouteilles de vin toutes rondes ressemblaient à de gros fruits... Ça sentait terriblement bon.
Avec l'oncle Jean, on s'est taillé un chemin à travers une forêt de charcuterie et on a découvert l'Italien au détour d'une bouteille de chianti. Comme d'habitude, il a plongé la main dans la boîte de nounours en chocolat, m'en a donné un avec une petite tape sur la tête... Et c'est à ce moment qu'il a regardé l'oncle Jean.
- C'est pas croyable comme il vous ressemble, le petit... a-t-il fait. (Il prononçait : ch'est pas crouyable coumme il vous rechemble, lé potit !)
Il m'a redonné une petite tape sur la tête en ajoutant :
- Pas vré que tou loui rechembles à toune papa ?...
Moi, j'étais rouge comme un coquelicot. J'ai bafouillé que ce n'était pas mon papa. Que papa, il avait les cheveux bruns, les yeux en amande et une fossette sur le menton. Qu'il était bien plus grand et surtout qu'il était le mari de maman. Alors que lui, là, c'était l'oncle Jean, et pas du tout mon papa. Mais avec le nounours que j'avais dans le bec, ça a fait une sorte de gargouillis auquel personne n'a rien compris. J'ai imploré l'oncle Jean du regard pour qu'il dise quelque chose. Mais non ! Il souriait.
Il m'a regardé un moment avant de répondre :
- Ah bon ? ! Vous trouvez...