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.. La conjuration des tartuffes

Couverture du livre La conjuration des tartuffes

Auteur : Mehdi Belhaj Kacem

Date de saisie : 25/10/2011

Genre : Littérature, essais

Editeur : Léo Scheer, Paris, France

Collection : Variations, n° XVI

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782756103464

GENCOD : 9782756103464

Sorti le : 02/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 29/10/2011

La Conjuration des Tartuffes tire un bilan des violentes polémiques qui ont entouré la parution du précédent livre de Mehdi Belhaj Kacem, Après Badiou. Il démonte la manière qu'auront eue ses détracteurs de contourner le nerf de la polémique : moralisme, psychologisme, voire psychiatrisation de l'auteur, le tout dégraissé de la moindre calorie philosophique, alors même que ses propres attaques épousaient point par point la philosophie d'Alain Badiou.
Mehdi Belhaj Kacem dresse le bréviaire des monstres qui restent à terrasser : agonistique «communiste» autiste, en l'absence du moindre début de philosophie du communisme ; «machisme transcendantal» doctement ignoré par les dévots ; archaïsmes ridicules de patriarche ; universalisme inconsistant, appuyé sur un positivisme épistémologique délirant ; éthique aussi abstraite dans sa formulation qu'ignominieuse dans ses intentions ; etc.

Mehdi Belhaj Kacem est romancier, philosophe, acteur. Il est reconnu comme l'un des intellectuels les plus brillants de la jeune génération.


  • Les courts extraits de livres : 29/10/2011

Le présent texte est composé de réflexions autour de l'agitation produite par la parution de mon livre Après Badiou ; en particulier, des différents textes publiés sur le blog (excellent) de Jean-Clet Martin, le seul, dans la grumeleuse soupe des à peu près médiatiques, à avoir élevé les débats à hauteur de l'enjeu, que ce soit «pour» ou que ce soit «contre» moi. Le lecteur désorienté par certaines références du texte pourra s'y reporter, afin que nulle zone d'ombre ne subsiste. Je ne les cite presque jamais dans le texte, et y fais référence en bas de page. Mais tout lecteur peut lire mon livre en passant outre. Pour tout dire, ce livre met en forme les diverses notes que j'ai prises pendant les mois de mars et avril 2011, tandis que la polémique battait son plein; ce ne fut pas une période agréable pour moi. Après Badiou était un livre de libération ; l'écriture en était euphorique. Le présent livre est un livre de deuil ; l'écriture en sera mélancolique. Il n'y a pas moins de vérité dans l'un des affects que dans l'autre.
Au fond, ce n'est pas bien compliqué. Appelons ça : le «site événementiel» de ma brouille avec Badiou. Celui-ci, il y a un an et demi, a commencé, par je ne sais quelle piqûre de mouche, à devenir constamment déplacé, offensant, intimidant, bêtement péremptoire, voire insultant dans les mails qu'il m'envoyait régulièrement. Toutes composantes, du reste, assez invariantes de sa personnalité et de son style «subjectif»; mais il semblait avoir décidé, en tout cas avec moi, de ne plus jouer que ces cartes-là. Et de retirer tout ce qu'il pouvait y avoir, dans sa discussion, de généreux, d'intelligent, d'ouvert à l'autre (hum...), parfois même, c'est bien le moins, de génial.
Alain Badiou n'est pas que l'à-bas-l'Un-Diou de Guyotat et Meillassoux ; le plus athée des métaphysiciens peut aussi bien être, à ses heures, un Bad-Diou. Depuis un an et demi, je n'avais plus droit qu'à celui-là : du bête et du méchant. Encore aujourd'hui, je ne parviens pas à pleinement m'expliquer les raisons d'un tel virage rhétorique.
Non seulement bête, non seulement méchant, comme il sait si facilement l'être ; mais toujours hors sujet, pour ne pas dire totalement à côté de la plaque. Et là, nous touchons à un syndrome plus généralisé du Badiou des dernières années : la peinture du monde en caricature généralisée. Croyons-en sa nauséabonde (et : très vulgaire) La République pour les bronzés. S'il ne s'agissait que de la masse méprisable du plus commun des mortels, on pourrait presque encore passer. Philosophie et misanthropie, on en a vu d'autres. Mais non. Comme je le dis dans mon livre, c'est à présent l'ensemble de la concurrence professionnelle, de Heidegger à Lacan, de Nietzsche à Deleuze, etc., qui est affublée de clichés et de stéréotypes tous plus ineptes les uns que les autres. Difficile à la longue de ne pas succomber d'accablement... ou pire.


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