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.. Jerzy Kosinski

Couverture du livre Jerzy Kosinski

Auteur : Jérôme Charyn

Traducteur : Bernard Hoepffner

Date de saisie : 24/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Denoël & d'ailleurs

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 978-2-207-25707-4

GENCOD : 9782207257074

Sorti le : 13/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 08/11/2011

Portrait romancé du plus romanesque des écrivains du siècle dernier, Jerzy Kosinski tente de rendre l'énigme d'une vie littéraire tout en démesure et livre une chronique douce-amère de l'intelligentsia new-yorkaise des années 60.
Enfant survivant de la Shoah, Jerzy quitte la Pologne pour les États-Unis. Il y deviendra auteur à succès grâce L'Oiseau bariolé : soupçonné d'être un affabulateur, Kosinski finira par se suicider en s'étouffant avec un sac plastique à l'instar de Bruno Bettelheim. Entre-temps, une vie. Quelques frasques. Des amis célèbres comme Peter Sellers, Andy Warhol, Gore Vidal et tant d'autres. Et une question qui sans cesse revient :Kosinski est-il réellement celui qu'il prétend être ? Charyn, fidèle à l'esprit du roman, ne disserte guère sur la question : il effleure, il évoque à travers divers points de vue comme autant de pièces d'un puzzle la vie de cet écrivain controversé.
En émerge un insaisissable portrait, à l'image de l'homme et de l'artiste. En contrepoint de cette existence mouvementée, les souvenirs d'une Pologne envahie par les nazis viendront clore le récit. Clé du mystère ? Charyn nous laisse seuls juges.

Jerome Charyn est né à New York en 1937. Il est l'auteur de plus de trente livres, dont la célèbre tétralogie d'Isaac Seidel. Il a reçu le prix Rosenthal de l'Académie américaine des arts et des lettres et a été fait officier des Arts et des Lettres en France. Il partage son temps entre New York et Paris.



  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 24 novembre 2011

Jerzy Kosinski est une figure remarquable et mystérieuse des lettres américaines. Jerome Charyn ne cède cependant jamais à la tentation de la lumière : de Kosinski, on n'apprend rien. Obscur, toujours changeant, le portrait n'en est que plus saisissant. A la rencontre d'un homme qui collectionne les masques, on avance masqué. On choisit une ouverture dilatoire, sicilienne, par exemple. Car il est question d'échecs, ici, dans tous les sens du terme...
S'il fallait qualifier la méthode Charyn, on dirait volontiers qu'il fait le portrait de Jerzy façon Kosinski. Et qu'à l'instar du plus connu des romans de ce dernier, L'Oiseau bariolé, les régimes métaphoriques et historiques s'imbriquent tant et si bien que les enjeux de vraisemblance ou de véracité du récit s'annulent - en dépit des apparences biographiques. En somme, qu'importe le visage, c'est le masque qui fascine. C'est de son roman qu'il s'agit. Un excellent roman.


  • La revue de presse Alexandre Fillon - Lire, octobre 2011

Jerome Charyn enchaîne les épisodes à toute allure. L'écrivain y est à la fois romancier, biographe et critique littéraire. Grâce à lui, le lecteur côtoie deux énergumènes hauts en couleur et jamais avares de démesure. Un Peter Sellers à bout de souffle, qui va d'ailleurs rendre l'âme peu après la sortie de Bienvenue Mister Chance, le film de Hal Ashby tiré de La présence. Et un Jerzy Kosinski d'une rare complexité. Un homme invisible et de tous les masques. Un authentique paranoïaque persuadé que la police secrète, pour laquelle il a émargé et écrit des rapports truffés de mensonges, ne lui pardonnerait jamais L'oiseau bariolé. Un être blessé qui a séduit nombre de femmes et a eu la chance d'être l'ami de Svetlana Alliluyeva, la fille de Staline qu'il considérait comme la soeur qu'il n'avait jamais eue. Charyn ne juge pas son sujet, préfère traquer sa vérité derrière ses fêlures. Pari réussi.


  • La revue de presse François Forestier - Le Nouvel Observateur du 16 septembre 2011

Pour Charyn, Kosinski est un «Jérôme Bosch rempli de son imagination sauvage», transfiguré par la Shoah. Le style est unique, vibrant, électrique. C'est du Charyn pur, réservé à ses fans français (le livre n'a pas encore été publié aux Etats-Unis). Dont je suis.


  • Les courts extraits de livres : 08/11/2011

Avant qu'il y eût Kosinski, il y avait Peter Sellers. Sans Pete, je n'aurais connu personne - ni Stan Laurel, ni la princesse Margaret, ni Mr. Chance. J'avais rencontré Pete en 63, alors qu'il était le chéri des producteurs de cinéma. Tous les studios le voulaient après Lolita. Il n'y avait pas de rôle comique que Pete ne puisse pas jouer. Il était Laurel et Hardy, un gros garçon capable de batifoler dans un corps d'homme mince. Mais si vous l'avez aimé dans le rôle de Clare Quilty, le dramaturge dément de Lolita, allez le revoir, je vous en prie. Sellers était Quilty, dont la sarabande de voix et de masques camouflait une rage meurtrière. Il lança une chaise sur sa première femme et menaça de la tuer. Il menaça son fils et sa fille adorés. Et il me menaça. «Je vais te démolir, mon coco. Je vais te faire la peau.»
Son arrière-arrière-grand-père était Daniel Mendoza, un des boxeurs préférés des Anglais, le premier youpin à qui un souverain britannique eût jamais accordé une audience, et la mégalomanie de Pete l'avait convaincu qu'il était aussi baraqué que Mendoza. Mais il savait que mon propre grand-père, Archibald Diggers, avait été autrefois le seigneur des docks de Londres. Et c'était justement pour ça que Pete m'avait engagé. J'étais un Anglo-américain coincé à New York, acteur, dramaturge et philosophe de seconde zone conduisant une limousine pour joindre les deux bouts. Et Sellers expliqua à mon patron qu'il ne permettrait à personne d'autre qu'au petit-fils d'Archibald Diggers de lui servir de chauffeur dans Manhattan.
«Ian, dit-il, je veux tuer un homme.»
Je l'avais vu dans le rôle de Quilty. Et j'avais claqué une fortune en cours de théâtre. Je décidai de le suivre dans sa ritournelle.
«D'accord, Mr. Sellers. Tuer un homme.
- Je veux que tu l'écrases. Un bon coup de pare-chocs dans les genoux.
- Est-ce que vous serez assis devant avec moi, Mr. Sellers ? Ou bien caché sur la banquette arrière ?
- Caché ? Je ne veux pas louper ça, mon coco. Ça va être marrant.»
C'était une huile d'Hollywood qui l'avait offensé, ou qui, s'imaginait Sellers, l'avait offensé. Cette huile habitait au Pierre avec sa femme, mais il avait une maîtresse à SoHo. Alors Sellers et moi, on traîna un peu à proximité d'un loft de Léonard Street dans la Lincoln Continental de ma boîte. Le nom de l'huile était Garganus et c'était l'homme le plus gros que j'aie jamais vu, plus gros qu'un lutteur de sumo, plus gros qu'Orson Welles. Garganus devait avoir un problème glandulaire. Mais je ne lui en voulais pas pour ça. Je n'en voulais pas aux gros. C'était sa maîtresse qui me torturait la cervelle. Son erreur fatale était de me rappeler ma femme - blonde, qu'elle était, une vraie beauté, et toute en jambes.


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