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Auteur : Jean-Pierre Guéno
Préface : Denis Olivennes
Illustrateur : Jérôme Pecnard
Date de saisie : 22/10/2011
Genre : Histoire
Editeur : Les Arènes, Paris, France
Collection : L'histoire entre nos mains
Prix : 34.80 € / 228.27 F
ISBN : 978-2-35204-163-4
GENCOD : 9782352041634
Sorti le : 06/10/2011
L'HISTOIRE ENTRE NOS MAINS
Collés dans la page ou glissés dans des enveloppes, plus de cent documents inédits reproduits à l'identique permettent de découvrir les écrits des poètes, des journalistes, des hommes politiques, des intellectuels, des écrivains de la Résistance et de la Collaboration, notamment :
° La première brochure clandestine de l'été 1940
° L'acte officiel de condamnation par contumace du général de Gaulle
° Des affiches de propagande
° Des appels à la Résistance
° Un journal réalisé dans un camp d'internement
° Des journaux falsifiés par la propagande allemande
° La liste Otto des livres «interdits»
° Le manuscrit original du poème «Liberté» de Paul Éluard
° De faux actes de baptêmes
° Un manuel pour réaliser des faux papiers
° Les unes de journaux de la Collaboration et de la Résistance.
Au-delà des armes, résistants et collaborateurs se livrèrent durant quatre ans à une incroyable guerre des mots.
Manipuler soi-même les documents de l'époque, c'est plonger dans le passé tel qu'il a été vécu. Un livre à lire et à découvrir en famille pour comprendre le quotidien des Français emportés dans la tourmente.
L'Histoire de nos parents et de nos grands-parents à partager dans un album d'exception.
Le premier volume était constitué de textes et photos tirés d'archives personnelles. Celui-ci montre le rôle crucial des journaux, tracts, poèmes et chansons sous l'Occupation...
Une magnifique leçon d'histoire et de lettres en 3D.
Introduction de Jean-Pierre Guéno
Jamais dans l'histoire de France l'écrit n'a joué un aussi grand rôle que sous l'Occupation. Il était donc logique qu'après le premier volume de Paroles de l'ombre, qui a mis entre les mains de plus de 80000 lecteurs les lettres et les carnets des Français sous l'Occupation, soient rassemblés dans ce deuxième volume les textes des écrivains, des poètes, des journalistes, des hommes politiques, des intellectuels, lorsque leurs mots autorisés ou clandestins, résistants ou collaborateurs, n'étaient pas réservés à leur seul entourage mais destinés au plus grand nombre.
Entre 1940 et 1944, la France vaincue n'est pas seulement divisée entre sa zone occupée au nord et sa zone libre au sud. Elle est déchirée par une véritable guerre des mots, qui prend sa source dans les années 1930, qui se déchaîne dès la «Drôle de guerre» et ne trouve son épilogue qu'à la fin du conflit, au terme de l'épuration et des grands procès. Les mots deviennent des armes, sous la plume des résistants, comme sous celle des envahisseurs ou des collaborateurs qui les servent. Ils occupent un vaste champ de bataille : celui de l'information et de la désinformation, de l'idéologie et du mensonge, de la propagande et de l'endoctrinement, de la pensée, de la littérature, de la poésie, de la presse, de la publicité, du divertissement, de la loi, de la politique, de la répression et du renseignement. Mots de résistance, de dissidence et de contrebande, griffonnés dans des cahiers d'écoliers, gravés sur les murs des villes et des prisons, tamponnés, recopiés, imprimés sur des «papillons» jetés sur le trottoir, sur des tracts reproduits à quelques dizaines d'exemplaires, sur des brochures plus ou moins périodiques, sur des bulletins de deux ou quatre pages par manque d'encre et de papier, dans des recueils de poèmes, dans des journaux, dans des revues et dans des livres clandestins... Mots de vie, de révolte et d'espoir qui traduisent le sursaut de certains intellectuels et celui de gens très simples qui s'improvisent soldats de l'encre et du plomb, passeurs de messages, journalistes résistants ou tribuns de l'ombre.
Mots mortifères, mots de résignation, mots de collaboration qui font d'une certaine élite et de certains Français de la rue les collaborateurs zélés et parfois furieux du régime de Vichy et des nazis. Mots de haine écrits par des intellectuels aveugles ou fourvoyés qui n'ont pas toujours l'excuse de manquer d'intelligence. Mots qui contaminent, qui infectent et qui tuent : une sorte de guerre bactériologique du langage. Mots des affiches, de la «réclame», mots de la loi. Mots secrets, mots codés. Mots des mots de passe. Noms inscrits dans les fichiers, dans les lettres de délation et sur les faux papiers. Guerre du verbe et guerre des ondes radiophoniques. Paroles d'humour. Paroles de chansons. Comme nous le rappellent Sartre et Camus à la Libération, la poésie, la littérature et le journalisme modernes que nous apprécions aujourd'hui sont nés dans l'ombre de l'Occupation. Ils sont le fruit du papier introuvable, de l'encre volée et d'un sang risqué et trop souvent versé. Ils ont puisé dans la clandestinité le sens de la concision, de la précision, de l'engagement qui les caractérisent au sortir de la Libération, lorsque tout doit être refondé sur de nouvelles bases. Ces mots d'une vie qui nous est proche et qui mettent par la magie du fac-similé notre histoire entre nos doigts deviennent aujourd'hui les mots du souvenir, de la vigilance et de la transmission. Ils ont pour toujours valeur d'actualité.
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