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_ Ceux de Podlipnaïa

Couverture du livre Ceux de Podlipnaïa

Auteur : Théodore Rechetnikov

Préface : Frédéric Saenen

Illustrateur : Alain Verdier

Traducteur : Charles Neyroud

Date de saisie : 14/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Arbre vengeur, Talence, France

Prix : 14.00 € / 91.83 F

ISBN : 978-2-916141-74-9

GENCOD : 9782916141749

Sorti le : 14/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 15/10/2011

On croyait connaître la misère que la littérature naturaliste a exploitée à l'envi.
Avec ce roman redécouvert après des décennies d'oubli, celle qui nous est racontée explose par sa violence et son fatalisme. Aventures de deux crève-la-faim qui vont tenter d'échapper à la mort qui les guette depuis leur naissance, Ceux de Podlipnaïa nous mène aux confins de la Sibérie à la suite de deux bourlaki, ces haleurs qui manoeuvrent de lourdes barques sur des cours d'eau impitoyables, ignorants de leur condition atroce et incapables de révolte.
Féroce et souvent drôle ou émouvant, écrit dans une langue rugueuse, ce texte où la vérité ne se pare pas de moralisme, est un précurseur de l'essai ethnographique. Il fut publié en 1864 par un jeune auteur autodidacte qui mourut à trente ans, alcoolique et tuberculeux. Un livre glaçant et fascinant.

On sait peu de choses du Sibérien Fédor (ou Theodor) Mikhaïlovitch Rechetnikov (1841-1871).
Emporté par la tuberculose, le jeune homme ne laisse en effet dans son sillage que l'embryon d'une oeuvre prometteuse. Orphelin précoce élevé par son oncle, modeste employé des postes, il fut d'abord scribe au tribunal avant de devenir fonctionnaire au ministère des Finances. Très jeune, il entra en contact avec les cercles littéraires de Saint-Pétersbourg et c'est d'ailleurs pour poursuivre une carrière dans les lettres qu'il décida de quitter la vie active.
Son premier roman, Ceux de Podlipnaïa, fut publié en 1864 dans le journal Le Contemporain dirigé par le célèbre intellectuel libéral Nekrassov. Ce texte sans concessions frappa les lecteurs de l'époque, notamment par son évocation vériste des misérables conditions d'existence des paysans sibériens. Rechetnikov, dans la foulée du succès remporté par son premier opus, allait s'attacher à d'autres coups de sondes dans les classes laborieuses du peuple mais ses oeuvres ultérieures, dédiées principalement aux mineurs, ne furent que partiellement publiées.
Où vit-on mieux ? (1868) et Notre propre pain (1870) consacrèrent véritablement la réputation de Rechetnikov en tant que romancier du témoignage social et que précurseur de l'essai ethnographique. Malgré sa renommée croissante, Rechetnikov souffrit d'une profonde détresse morale. Eprouvant des difficultés à concilier sa vie de famille et l'exercice de son art, rongé par la dépression, il sombra dans l'alcoolisme puis contracta le mal auquel il allait succomber.
Il est enterré à Saint-Pétersbourg. Ayant illustré les livres de Diego Vecchio, Marc Stéphane ou encore Jean-Pierre Martinet, Alain Verdier ne signe pas là son coup d'essai au sein du catalogue de l'Arbre vengeur...



  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 13 octobre 2011

«Le hameau de Podlipnaïa n'est pas beau.» C'est là son moindre défaut. Car la première phrase du roman - Ceux de Podlipnaïa est paru en Russie en 1864 - ouvre sur une noirceur si épouvantable qu'elle est presque comique. Leurs maisons sont pitoyables mais «ceux de Podlipnaïa» «trouvent leurs chenils fort habitables et n'ont pas l'ambition d'avoir des maisons saines et bien éclairées». L'hiver sibérien les massacre...
Theodor Rechetnikov, né en 1841 et mort en 1871, est aujourd'hui à peu près totalement inconnu. La traduction reprend celle de 1888 que les éditions de la NRF avaient déjà reprise en 1927. A l'époque, Rechetnikov était célèbre. Frédéric Saenen, dans sa préface, cite Octave Mirbeau qui, en 1900, mettait Ceux de Podlipnaïa sur le même plan que les romans de Tolstoï et Dostoïevski.


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