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.. Rien dans les poches

Couverture du livre Rien dans les poches

Auteur : Dan Fante

Traducteur : Léon Mercadet

Date de saisie : 05/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : 13e note, Puzol, Espagne

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-84-938027-6-9

GENCOD : 9788493802769

Sorti le : 05/10/2011

Bruno Dante sort d'une énième cure de sevrage, il apprend aussi que son père est à l'agonie. Le père meurt, Bruno décide alors de partir, de tout plaquer carte bleue de sa femme en poche...L'aventure commence déjantée et furieuse.
"Rien dans les poches" est le premier roman de Dan Fante (fils de John Fante). Premier roman largement autobiographique qualifié aussi de pornographique aux états unis c'est pourquoi il n'a jamais trouvé d'éditeur. Une amie va envoyer le manuscrit en France et Robert Laffont le publiera en 1996 sous le titre "Les anges n'ont rien dans les poches".
Un livre superbe, une écriture aiguisée, on pourrait même entrevoir un peu de poésie dans son côté trash.


  • Les présentations des éditeurs : 05/12/2011

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Léon Mercadet

Nouvelle édition du premier roman de Dan Fante, paru en 1998 chez 10-18 sous le titre Les anges n'ont rien dans les poches.

À peine sorti d'une énième cure de sevrage, Bruno Dante apprend que son père agonise à l'hôpital Cedar Sinaï, à Los Angeles. Le père meurt, Bruno prend le large... avec la carte bleue de sa femme, la voiture de son frère et Rocco, le chien de son père. L'aventure commence, déchirante, grotesque, furieuse.

«La vue aérienne de Los Angeles se révéla plus effrayante encore que dans mon souvenir. [...] La lumière du jour faisait place à des milliards de particules de pollution qui donnaient à l'obscurité grandissante la teinte du sang dans un siphon d'évier. Cette ville énorme comme un cochon obèse, d'un rose corrompu, se déroulait au sol aussi loin que portait la vue, crachante et ronflante, vampirisant ce qui avait été jadis un éden immaculé.»

«Être chauffeur de limousine à L.A. est une drôle de façon de gagner sa vie. Un peu comme de bouffer de la merde au cul d'un chien, pour faire plaisir à Dieu le Père. La clientèle de Dav-Ko L.A. était principalement constituée d'oiseaux de nuit et autres zombies : riches producteurs suramphétaminés ou jeunes stars du rock aussi cons que gâtés, rappeurs style gangsta avec le flingue enfoncé dans le calbute, anciens acteurs alcooliques privés de permis, et une tripotée de frimeurs pétés de thune. Des êtres humains incarnant les pires travers de L.A. : un ego surdimensionné et beaucoup trop de blé.»
Dan Fante, Limousines blanches et blondes platine.

Dan Fante est le fils de l'écrivain John Fante. Il a connu vingt ans d´alcoolisme au cours desquels ses... déboires, assortis de malentendus juridiques, lui valurent de fréquentes arrestations.
Dan Fante est l'auteur de romans, de poèmes, de nouvelles et de pièces de théâtre. Il continue à écrire en Arizona où il vit avec sa femme Ayrin et son fils Giovanni. Dan a laissé des instructions pour que, le moment venu, ses cendres soient larguées au-dessus de Los Angeles, mêlées à des excréments de chiens.


  • Les courts extraits de livres : 05/12/2011

Je m'appelle Bruno Dante et voici ce qui m'arrive. Le 4 décembre, le service des alcooliques et malades mentaux de l'hôpital Saint-Joseph de Cupertino, dans le Bronx, sur Mosholu Parkway, m'a laissé sortir. On m'a relâché, pour changer. Comme à chaque cure, j'ai constaté l'augmentation des tarifs. Cette fois, je m'étais poignardé pendant un trou noir. C'était encore pire que d'habitude et ils ont failli ne pas me prendre. Tout ce que je voyais, en arrivant à l'hôpital, c'était du sang, le sang qui coulait de mon ventre sur mes habits.
La cure durait vingt-huit jours. L'assurance d'Agnès, ma femme, avait payé le premier séjour à Saint-Joe, qui m'avait profité. J'ai fréquenté un psy pendant deux ans avant de rechuter - dix jours de cuite et tentative de suicide. Cocktail alcool-cocaïne. La deuxième fois, la note a sauté de huit mille cinq cents dollars à douze mille, et là nous en étions de notre poche. Il nous restait de l'argent à la banque, mais j'ai quand même arrêté le psy parce que ça n'allait pas mieux, je buvais toujours. Le dernier séjour, le troisième, j'y suis allé aux frais de l'Assistance. Sinon, ça m'aurait coûté vingt-cinq mille.
Quand je bois plusieurs jours d'affilée, surtout du vin, je pense trop, ma tête a envie de me tuer. Et la dernière fois, je me suis retrouvé dans un trou de campagne, lit vissé au sol et moi sanglé sur le lit.
C'est Agnès qui m'a fait transférer à Saint-Joe. Une désinto, pour les gens normaux, ce n'est pas la prison. Une personne normale, c'est quelqu'un qui ne se réveille pas un matin avec un couteau dans le ventre. Moi si, j'ai des moments d'absence et plus ça va, plus j'oublie ce que je fais pendant. Des trous noirs, exactement, je sais de quoi je parle.
Si mon comportement est souvent extrême, destructeur, c'est qu'à jeun, quand la mémoire revient ou qu'on me raconte mes exploits, je ne me supporte pas. Je rebois pour oublier. Du vin, surtout du vin. Les autres alcools m'ont laissé tomber depuis belle lurette. J'en bois encore pour tenir le coup, mais, depuis un an environ, seul le vin me fait passer de l'autre côté.
La dernière fois, avant la tentative de suicide, c'est vin et sexe qui ont déclenché la crise. Je ne suis pas homosexuel, mais défoncé au Mad Dog 20-201 j'avais pété les plombs, et dans un cinéma porno de la Quatorzième Rue j'ai laissé deux types regarder et se branler mutuellement pendant que j'en baisais un troisième. Ma conscience clignotait, allumé éteint, pourtant je me souviens de presque tout. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, sinon que j'ai dû en avoir envie.


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