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.. Boys don't cry : les garçons ne pleurent (presque) jamais...

Couverture du livre Boys don't cry : les garçons ne pleurent (presque) jamais...

Auteur : Malorie Blackman

Traducteur : Amélie Sarn

Date de saisie : 26/10/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Milan jeunesse, Toulouse, France

Collection : Macadam

Prix : 10.90 € / 71.50 F

ISBN : 9782745954992

GENCOD : 9782745954992

Sorti le : 19/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 26/10/2011

J'ai fixé Mélanie.
Elle n'avait pas 19 ans. Comment avait-elle pu être assez stupide pour tomber enceinte ? Elle n'avait jamais entendu parler de la pilule ?
- Dante, tu m'écoutes ?
- Hein ?
J'essayais encore d'intégrer que Mélanie était mère quand elle a pris une grande inspiration, puis une autre.
- Dante, c'est toi le père. Emma est ta fille.

Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l'université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé.
Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n'est pas le facteur, c'est Mélanie. Son ex-copine, dont il n'a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien.
Le leur.
Être père à 17 ans ? Il y a de quoi pleurer.
Mais les garçons ne pleurent jamais...


  • Les courts extraits de livres : 26/10/2011

I. Dante

Bonne chance pour aujourd'hui. J'espère que tous tes souhaits se réaliseront :-)

Le téléphone à la main, j'ai souri en lisant le texto que Colette, ma petite amie, venait de m'envoyer. Mais mon sourire n'a pas duré longtemps. J'étais trop stressé. Nous étions jeudi, le jour de mes résultats d'examen. Je ne m'attendais pas à être aussi nerveux. J'étais sûr et certain d'avoir réussi. Enfin, presque sûr. Mais ce «presque» faisait toute la différence. Entre le moment où j'avais rendu mes copies et le moment où les profs les avaient notées, il avait pu se passer cent mille choses. L'examinateur pouvait avoir abîmé sa voiture ou s'être disputé avec son ou sa petite amie - il pouvait s'être passé n'importe quoi ayant provoqué sa mauvaise humeur et l'ayant incité à me mettre une sale note. Bon sang ! Un rayon cosmique pouvait avoir touché mes copies et changé mes bonnes réponses en mauvaises !
J'ai essayé de me raisonner :
«Ne sois pas bête ! Tu sais que tu as réussi !»
Je n'avais pas le choix. Je DEVAIS avoir réussi. Il n'y avait pas d'alternative. Il me fallait les meilleures notes. Ensuite, je pourrai aller à l'université. Loin d'ici. Et un an avant les autres.
Tu as réussi...
Pensée positive. J'ai tenté de battre le rappel de ma confiance en moi mais je me suis senti encore plus idiot et j'ai arrêté. Malgré moi, la voix de Papa résonnait dans ma tête : «Les occasions sont à chaque coin de rue, mais l'opportunité ne frappe qu'une fois à ta porte.»
Je savais trop bien que mes bonnes notes étaient l'opportunité qui me permettrait de ne plus courir mais de m'envoler. Mon père avait des tas de proverbes de ce genre. Il appelait ça des «leçons de vie». Pour mon frère Adam et moi, c'était juste des sermons pénibles, entendus des milliers de fois. Mais quand nous essayions de le faire comprendre à Papa, il répondait : «J'ai gâché toutes les chances qui se sont présentées à moi. Je ne laisserai pas mes fils en faire autant.» Autrement dit : «C'est pas demain la veille que j'arrêterai de vous bassiner avec ça !»
Dante, arrête de flipper. Tu as réussi.
L'université n'était qu'un moyen pour atteindre une fin. Bien sûr, j'avais hâte d'y être, de faire de nouvelles rencontres, d'apprendre de nouvelles choses, de vivre ailleurs et de devenir indépendant. Mais mes réels espoirs se situaient bien au-delà de ça. Dès que j'aurais un bon travail, tout serait différent. Du moins, dès que j'aurais remboursé mon prêt étudiant. Ma famille n'aurait plus à se mettre en quatre pour le moindre penny. Je ne me rappelais même plus la dernière fois où nous étions partis en vacances à l'étranger.
Mes cent pas m'avaient mené près de la fenêtre du salon. Écartant les rideaux en crochet grisâtres, j'ai regardé dans la rue. Ce matin d'août était magnifiquement ensoleillé. Peut-être était-ce un bon présage - enfin, si on croyait aux présages. Officiellement, je n'y croyais pas.
Où était ce fichu facteur ?


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