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.. Promotion Jean Moulin : février 1948-décembre 1949

Couverture du livre Promotion Jean Moulin : février 1948-décembre 1949

Auteur : Comité d'histoire de l'Ecole nationale d'administration

Préface : Jean-Louis Crémieux-Brilhac | Jean-Marc Sauvé

Date de saisie : 27/10/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Documentation française, Paris, France

Collection : Cahiers pour une histoire de l'ENA, n° 4

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 9782110087904

GENCOD : 9782110087904

Sorti le : 23/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 25/11/2011

Ce Cahier pour une histoire de l'ENA est consacré à la promotion Jean Moulin. Il est passionnant, comme le soulignent M. Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'État, président du Conseil d'administration de l'ENA et M. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, conseiller d'État (h), historien et ancien directeur de la Documentation française dont nous tenons à reproduire quelques extraits de la présentation qu'ils en ont faite.
M. Jean-Marc Sauvé écrit : «Évoquer l'histoire de l'École nationale d'administration, c'est continuer de donner vie aux aspirations et aux buts qui ont donné naissance à cette école et qui doivent, encore aujourd'hui, inspirer son action et son évolution. Ce quatrième Cahier l'illustre avec un grand éclat.
«L'ENA est née d'une volonté, celle dont Michel Debré a fait part au général de Gaulle en avril 1945 et dont il a retracé la genèse dans ses Mémoires, de mettre au service des ministres "un corps de fonctionnaires d'une compétence affirmée, confirmée, notamment pour tout ce qui touche les affaires économiques et sociales" et dont chacun aurait "conscience des exigences nationales"... C'est de cette volonté de reconstruire notre pays en le dotant d'une fonction publique compétente et accessible à tous les citoyens, sans autre distinction que celle de leur vertu et de leur talent, que l'ENA est née le 9 octobre 1945, à peine quelques mois plus tard.
«Je tiens à saluer le patient effort de recherches.de collectes et d'analyse entrepris depuis sa création par le Comité d'histoire de l'École nationale d'administration. Les fruits de ce travail dont les Cahiers pour une histoire de l'ENA rendent compte, permettent de faire vivre durablement des acteurs des débuts de l'École et l'esprit qui les anime. Ils sont un appui utile pour le futur.»

Quant à M. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, il souligne : «Ce quatrième numéro nous livre une exceptionnelle documentation dont l'intérêt devrait être sensible à un public largement plus étendu que celui des anciens de l'École... Certains pourraient ne voir dans ce Cahier que les reliques d'un passé sur lequel se pencher avec curiosité, voire nostalgie ; le bouleversement de la conjoncture, après deux tiers de siècle, lui confèrent, me semble-t-il, un tout autre intérêt et, de façon paradoxale, une actualité imprévue... On souhaiterait qu'en même temps la volonté féconde de renouveau des lendemains de la Libération, si transparente dans ce Cahier, contribue à une prise de conscience renouvelée. Puisse-t-elle redevenir source d'inspiration et d'action pour une France du XXIe siècle confrontée à de nouveaux et périlleux défis.»


  • Les courts extraits de livres : 25/11/2011

Avant-propos de Jean-Marc SAUVÉ, Vice-Président du Conseil d'État et président du conseil d'administration de l'ENA

Évoquer l'histoire de l'École nationale d'administration, c'est continuer de donner vie aux aspirations et aux buts qui ont donné naissance à cette École et qui doivent, encore aujourd'hui, inspirer son action et son évolution. Ce quatrième cahier pour une histoire de l'ENA est consacré à la promotion Jean Moulin.

L'ENA est née d'une volonté. Celle, dont Michel Debré a fait part au général de Gaulle en avril 1945 et dont il a retracé la genèse dans ses Mémoires, de mettre au service des ministres «un corps de fonctionnaires d'une compétence affirmée, confirmée, notamment pour tout ce qui touche les affaires économiques et sociales», et dont chacun aurait «conscience des exigences nationales». Pour cela, l'École qu'il envisageait devait, avant tout, rompre avec les «cloisonnements» et les «inégalités» préjudiciables à l'intérêt général, qu'avaient créés les concours particuliers jusque-là organisés par les grands Corps et les différents ministères. Elle devait accueillir tous les jeunes de mérite qui désiraient s'orienter vers le service de l'État et les former; que ceux-ci soient issus de l'Université ou de l'Administration. Mais elle devait aussi s'ouvrir à «ceux qui ont combattu dans la France libre ou la Résistance et ceux qui reviennent des camps de prisonniers ou de déportation». Ces derniers, l'École les prendrait sur leurs titres de guerre et, après des épreuves très simples, les formerait.

C'est de cette volonté de reconstruire notre pays en le dotant d'une fonction publique compétente et accessible à tous les citoyens, sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents, que l'ENA est née le 9 octobre 1945, à peine quelques mois plus tard.

De la volonté de Michel Debré d'ouvrir la fonction publique à tous les mérites, par-delà la naissance et la fortune, la promotion Jean Moulin - tout comme, avant elle, les promotions France Combattante et Croix de Lorraine -a été une traduction évidente. Les témoignages, les documents et les analyses rassemblés dans la première partie de ce cahier montrent que les épreuves et les critères de recrutement de ces «promotions spéciales» ont été adaptés pour permettre la prise en considération, non seulement des mérites intellectuels des candidats, mais aussi des mérites dont ils avaient témoigné pendant la Guerre au service de la France. Car l'esprit qui a animé la création de l'ENA requérait des élèves qu'elle allait former; avant même la maîtrise de matières académiques ou techniques, la volonté de servir le pays «dans la seule lumière du bien public». De fait, la promotion «Jean Moulin» a conduit aux plus hautes fonctions publiques, pour le plus grand bien du pays, des candidats qui, avant la création de l'École, en auraient été exclus en raison des exigences de la Guerre qui les avaient poussés à interrompre leurs études, mais aussi de leurs origines sociales et géographiques, plus modestes et moins parisiennes que celles des agents publics recrutés jusque-là par les corps de contrôle et les ministères. Les pans d'histoire de l'ENA que retrace ce cahier ouvrent ainsi sur le présent : la fonction publique républicaine est non seulement compatible avec la diversité des voies de recrutement, mais elle n'en est que plus variée, donc plus riche et encore mieux à même de remplir sa mission, pourvu qu'«une fois le seuil franchi», plus rien ne distingue les élèves, «quelle que soit leur origine».

Je tiens à saluer le patient effort de recherche, de collecte et d'analyse entrepris depuis sa création par le Comité d'histoire de l'École nationale d'administration, sous la coordination de son secrétaire général, Robert Chelle. Les fruits de ce travail, dont les cahiers pour une histoire de l'ENA rendent compte, permettent de faire vivre durablement les acteurs des débuts de l'École et l'esprit qui les a animés. Ils sont un appui utile pour le futur

Que tous ceux qui s'y consacrent en soient remerciés.


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