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.. Les 100 mots de la musique classique

Couverture du livre Les 100 mots de la musique classique

Auteur : Thierry Geffrotin

Date de saisie : 17/11/2011

Genre : Musique, Chansons

Editeur : PUF, Paris, France

Collection : Que sais-je ?, n° 3930

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-13-058907-5

GENCOD : 9782130589075

Sorti le : 28/09/2011

  • Le courrier des auteurs : 04/11/2011

1) Qui êtes-vous ? !
J'aimerais pouvoir répondre : un amant des mots. Ce dont je suis sûr, c'est que j'en suis amoureux. Mais suis-je payé de retour ? Je l'espère vraiment. Ainsi en va-t-il aussi de la musique lorsque je suis devant un clavier -un orgue, un clavecin ou un piano.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La musique que l'on dit classique et qui sait ne pas toujours l'être.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La citation du chef d'orchestre et compositeur allemand, Wilhelm Furtwängler, qui figure en préambule du «Que Sais-Je» et qui pourrait sonner comme un avertissement : «C'est une chose bien épineuse que d'avoir à parler de musique avec des mots sans l'avoir en permanence sous les yeux ni dans l'oreille».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une composition gigantesque et tellement inouïe écrite par Monteverdi, Bach, Beethoven, Chopin... sans oublier des musiciens a priori moins classiques comme Leonard Bernstein, Cole Porter ou Michel Legrand...Vous imaginez l'oeuvre ! !

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Une idée qui me tient particulièrement à coeur : la musique classique n'est la propriété d'aucun clan, d'aucune caste. C'est un trésor qui appartient à chacun d'entre nous ; pourvu qu'il ose se laisser surprendre et ignore les idées reçues. Pas besoin de parler la langue pour l'aimer.


Thierry Geffrotin, au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 04/11/2011

100 mots pour évoquer la musique classique, c'est beaucoup plus que les 3 clefs utilisées par les compositeurs, beaucoup plus que les 5 lignes d'une portée musicale et les 12 notes de la gamme. Mais 100 mots pour évoquer la musique classique, c'est finalement peu : comment présenter les mots techniques, le jargon, les emprunts faits aux autres arts, à l'italien ou à l'allemand, et espérer ainsi épuiser toutes les ressources du langage musical ?
En fait, les 100 mots choisis par Thierry Geffrotin sont autant d'étapes, attendues ou surprenantes, d'un délicieux parcours musical. De «A cappella» à «Zarzuela», en passant par «Fricassée» ou «Sonate», il nous invite à partager sa connaissance de la musique classique, à en ressentir la passion, la jubilation, la souffrance parfois et le travail acharné qui ont présidé à la naissance d'oeuvres exprimant plus d'émotions que tous les mots de toutes les langues !

Thierry Geffrotin est journaliste à Europe 1 dont il dirige le service culturel. Il a publié, en juin 2009, une histoire de la vie de Mozart dans un coffret de deux CD édité aux Editions Éponymes, puis une vie de Chopin et enfin une consacrée à Brahms (2010) dans la même collection. Il est aussi claveciniste et organiste.


  • Les courts extraits de livres : 17/11/2011

Avant-propos

«C'est une chose bien épineuse que d avoir a parler de musique avec des mots sans l'avoir en permanence sous les yeux ni dans l'oreille.»

Wilhelm Furtwängler (1886-1954)
Chef d'orchestre et compositeur allemand.

Cent mots pour évoquer la musique classique c'est beaucoup plus que les trois clefs utilisées par les compositeurs ; beaucoup plus que les cinq lignes d'une portée musicale, beaucoup plus que les douze notes de la gamme.
Mais cent mots pour évoquer la musique classique c'est finalement peu. Vouloir recenser tout le vocabulaire, les mots techniques, le jargon, sans oublier les emprunts faits aux autres arts, à l'italien, à l'allemand et à d'autres langues encore, espérer épuiser toutes les ressources du langage musical relève de la gageure.
Choisir cent mots, c'est donc en oublier, volontairement ou non, des centaines d'autres. L'exercice est forcément périlleux ; même s'il relève moins de l'arbitraire que de la culture.
Les cent mots figurant dans ce livre ont été choisis ou se sont imposés à l'aune d'un parcours musical personnel. Donc, le lecteur trouvera des mots et expressions qui figurent dans tout ouvrage de base traitant du même sujet. Vivaldi, Mozart et Brahms les employaient à leur époque. Figurent aussi des mots moins courants, plus jeunes, et d'autres enfin qui, a priori, n'ont pas leur place dans un livre sur la musique classique.
Que les néophytes se rassurent : le propos n'est pas celui d'un spécialiste ou d'un musicologue. Et si la tentation avait pu se présenter, Claude Debussy aurait rappelé l'auteur à l'ordre avec bienveillance : «Je n'aime pas les spécialistes. Pour moi, se spécialiser c'est rétrécir d'autant son univers et l'on ressemble à ces vieux chevaux qui faisaient tourner anciennement la manivelle des chevaux de bois et qui mouraient aux sons bien connus de La Marche Lorraine !»
Mais cent mots pour découvrir la musique classique n'est-ce pas finalement beaucoup trop ? L'art relève de l'indicible et vouloir tout nommer, tout analyser revient à restreindre l'univers musical, à le borner. Aussi, ayons toujours à l'esprit ces lignes écrites par le compositeur et critique, Reynaldo Hahn, qui remettent la musique classique à la place qui est la sienne : «La musique possède une vertu plus mystérieuse que celle d'émouvoir : c'est le pouvoir de créer des images, de faire surgir, comme dans un miroir, des choses qui s'étaient effacées du souvenir et, ce qui est plus surprenant encore, de suggérer à l'imagination des choses qui lui étaient inconnues et que, pourtant, elle reconnaît.»
Cette réflexion si juste est à mille lieues des propos qui sont souvent tenus sur la musique classique. Le qualificatif à lui seul d'ailleurs est un véritable repoussoir. Il évoque un monument qui impose le respect, reflet fidèle d'une pensée bien structurée mais sans aspérité.
La norme froide. Pas de défaut, c'est-à-dire aucune qualité.
La musique classique n'échappe pas à cette image. Elle serait lointaine, et pas seulement dans le temps.
Ce serait oublier que l'imagination, la passion, la jubilation, la souffrance aussi, et pas seulement le travail acharné, ont présidé à la naissance d'oeuvres qui traduisent plus d'émotion que tous les mots de toutes les langues.


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