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.. Treize années à la cour de Russie : par le dernier précepteur des Romanov

Couverture du livre Treize années à la cour de Russie : par le dernier précepteur des Romanov

Auteur : Pierre Gilliard

Préface : Mario Pasa

Date de saisie : 06/11/2011

Genre : Histoire

Editeur : Payot, Paris, France

Prix : 21.50 € / 141.03 F

ISBN : 9782228906883

GENCOD : 9782228906883

Sorti le : 12/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 06/11/2011

«En août 1920, après trois ans de séjour en Sibérie, je pus enfin rentrer en Europe. Une réhabilitation de la personnalité morale des souverains russes s'imposait. C'est le drame de toute une vie que je vais essayer de décrire, tel que je l'ai tout d'abord pressenti sous les dehors d'une cour fastueuse, tel qu'il m'est ensuite apparu pendant notre captivité, alors que les circonstances me permettaient de pénétrer dans l'intimité des monarques.»

Arrivé en Russie en pleine révolution de 1905 et reparti en pleine guerre civile, le Suisse Pierre Gilliard (1879-1962) partagea durant plusieurs années le quotidien de Nicolas II, de son épouse Alexandra, de leurs quatre filles et de leur fils hémophile, dont il devint officiellement le précepteur en 1913. Ce fin observateur qui photographiait volontiers la famille impériale et développa une pédagogie originale avec le tsarévitch Alexis n'en déplorait pas moins les erreurs de l'autocratie et l'influence de Raspoutine, mais il redoutait que la chute du tsarisme ne précipite le pays dans une sanglante anarchie.

La tourmente de l'histoire renforça les liens de Gilliard avec les Romanov, et c'est volontairement qu'il partagea leur captivité à Tsarskoïe Selo puis Tobolsk. Séparé d'eux moins d'un mois avant leur exécution, il eut bien du mal à regagner la Suisse avec la gouvernante des filles du tsar, Alexandra Tegleva, qu'il épousa. Il s'employa ensuite à dénoncer l'imposture de la fausse Anastasia de Berlin.

Édition établie et présentée par Mario Pasa.
Avec un portrait de l'auteur par Pierre-Frédéric Gilliard.


  • Les courts extraits de livres : 06/11/2011

Extrait de la présentation

«"Vous savez, Alexis Nicolaïevitch, votre père ne veut plus être empereur."
«Il me regarde, étonné, cherchant à lire sur ma figure ce qui se passe.
«"Comment ? Pourquoi ?
«- Parce qu'il est très fatigué et qu'il a eu de grandes difficultés ces derniers temps.
«- Ah ! oui ! Maman m'a dit qu'on avait arrêté son train quand il voulait venir ici. Mais papa sera de nouveau empereur après ?"
«Je lui explique que le tsar a abdiqué en faveur du grand-duc Michel, lequel s'est désisté à son tour.
«"Mais alors, qui est-ce qui sera empereur ?
«- Je ne sais pas... Maintenant, personne..."
«Pas un mot sur lui, pas une allusion à ses droits d'héritier. Il est très rouge et ému.
«Au bout de quelques minutes de silence, il me dit :
«"Mais alors, s'il n'y a plus d'empereur, qui est-ce qui va gouverner la Russie ?"»

Les deux personnages qui dialoguaient ainsi, le 21 mars 1917 au palais Alexandre de Tsarskoïe Selo, étaient le dernier tsarévitch de Russie, alors âgé de treize ans, et son précepteur, Pierre Gilliard, qui malgré ses hautes fonctions n'avait que trente-sept ans.
Le 17 juillet 1998 à Saint-Pétersbourg, leurs ossements auraient dû s'ajouter à ceux, inhumés dans la cathédrale Pierre-et-Paul, du tsar Nicolas II, de son épouse Alexandra Feodorovna, de trois de leurs filles, du docteur Botkine et de trois domestiques, tous assassinés dans la maison Ipatiev d'Ekaterinbourg quatre-vingts ans plus tôt jour pour jour. Mais les restes d'Alexis ne furent retrouvés qu'en 2007. Quant à Gilliard, les bolcheviks l'avaient définitivement séparé de son élève un mois avant le carnage, bien qu'au fil des événements il fut devenu aussi proche de la famille impériale que le médecin et les serviteurs qui paieraient de leur vie cette fidélité.
Il écrira ne pas comprendre pourquoi il a été épargné, mais peut-être sa nationalité suisse y fut-elle pour quelque chose... C'est cette même nationalité qui lui avait permis de donner des cours de français aux filles du tsar à partir de 1906, puis au tsarévitch à partir de l'automne 1912, avant de devenir officiellement son précepteur à l'été 1913. Au XVIIIe siècle déjà la tsarine Catherine II avait confié l'éducation de ses petits-enfants à des concitoyens de Gilliard, et chez les Romanov comme dans la noblesse russe la tradition avait perduré. La plupart de ces aristocrates qui parlaient si volontiers notre langue entre eux appréciaient ces Suisses romands de grande morale protestante parce qu'ils étaient francophones sans être les héritiers de 1789 et de Napoléon.


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