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Auteur : Éric Alibert
Date de saisie : 06/11/2011
Genre : Art - Peinture
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 58.00 € / 380.46 F
ISBN : 9782832104620
GENCOD : 9782832104620
Sorti le : 09/11/2011
Ce livre est celui d'un peintre amoureux de la montagne, marcheur contemplatif fasciné par la beauté et la diversité du massif du Mont-Blanc. Pendant plusieurs saisons, Eric Alibert a parcouru le sentier qui fait le tour du massif et traverse trois pays : la France, l'Italie, la Suisse.
Depuis les forêts où tambourine le pic noir jusqu'aux névés que survole l'aigle royal, l'artiste a dessiné et peint une nature superbe : le bleu intense et intraduisible de la petite gentiane vernale au col de Tricot, une lumière inouïe sur les Grandes Jorasses, un soir au refuge Bonatti, la petite chapelle de Ferret qui attend l'hiver...
Cet ouvrage est une invitation au voyage, à l'humilité qu'inspire la montagne quand nous la découvrons.
Avant-propos de Jean-Pierre Coutaz, Conservateur du Château de Saint-Maurice
Comme l'écrivait le poète vaudois Jean Villard-Gilles : «Le bonheur est chose légère.»
Pas étonnant dès lors que l'aquarelle soit la technique que privilégie Eric Alibert pour nous faire partager son bonheur. Rien de tel que quelques pochades jetées au coeur d'une feuille immaculée pour évoquer ce paradis... terrestre qu'est le massif du Mont-Blanc, tout en laissant aux marges leur virginité pour permettre au panorama de se dilater.
Si l'art, dit-on, n'a pas de frontières, la nature non plus ! La balade autour du Mont-Blanc emprunte des chemins à la fois français, helvétiques et italiens qu'Eric Alibert décrit aussi bien de la plume que du pinceau. Son objectif ne prétend rivaliser ni avec l'aspect scientifique de Viollet-le-Duc, ni avec le romantisme de William Turner. Cependant les parentés sont indéniables et les classements rigoureux s'estompent.
Cette montagne si longtemps maudite et crainte, conquise seulement vers 1786, va enfin conquérir à son tour les alpinistes et les peintres. L'histoire de l'art pourra ajouter un nouveau thème à ses domaines de prédilection : le paysage alpin.
Eric Alibert ne révolutionne pas le genre en mettant ses pas dans ceux de ses illustres prédécesseurs.
En digne fils des paysagistes du XIXe siècle, il se contente d'être simple et vrai, en adéquation avec cette nature qu'il aime, qu'il admire et que son métier acquis de longue date lui permet de transcrire avec une apparente facilité et une fraîcheur indéniable.
Mais qu'est-ce donc que le bonheur pour ce peintre naturaliste qui saisit aussi bien le vol d'un corbeau que l'ombre chinoise d'un chamois ou les nuages ourlant la base de pics mordorés au soleil couchant ? Ne cherchez pas plus loin : le bonheur réside justement dans ces visions fugitives que le pinceau gorgé d'azur dépose sur la feuille en silence.
Le bonheur c'est la solitude du croqueur de paysage, en osmose avec l'âpreté du minéral, la fragilité de l'anémone ou la douceur du crépuscule.
Le bonheur c'est aussi cette humble satisfaction de réussir à fixer d'une écriture cursive l'instant précis d'une lumière insaisissable ou un filet myosotis qui serpente et se dissout dans la réserve des nuages.
N'en déplaise à Paul Fort, le bonheur n'est pas que... dans le pré, il s'accroche parfois à une branche effilochée sur laquelle est posée la mésange huppée telle un gros bourgeon duveté.
Comment décrire ce moment magique qui n'est pas sans évoquer ces fulgurants lavis japonais où la douceur de l'oiseau est obtenue avec l'exact dosage d'encre et d'eau, en un seul passage, où pattes, oeil et bec ponctuent nerveusement d'un geste irrémédiable la boule de plumes ?
Si l'on est davantage dans l'évocation que dans la description c'est que les moyens sont limités. Quand la polychromie cède la place aux camaïeux c'est du pur bonheur. Eric Alibert excelle dans le registre intimiste où l'outil crée la forme et laisse les pigments s'épouser en une alchimie aléatoire et bienheureuse.
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