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.. La trilogie des confins

Couverture du livre La trilogie des confins

Auteur : Cormac McCarthy

Traducteur : François Hirsch | Patricia Schaeffer

Date de saisie : 16/12/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 9782879298658

GENCOD : 9782879298658

Sorti le : 30/10/2011

  • Le journal sonore des livres : Lu par Olivier Cohen - 24/11/2011

L'éditeur Olivier Cohen au micro de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 17/12/2011

«Ils couraient dans la plaine à la poursuite des antilopes et les antilopes se déplaçaient comme des fantômes dans la neige et voltaient et tournoyaient et la poudre sèche soufflait autour d'elles dans la froide lueur de la lune et leur haleine montait en pâle fumée dans le froid comme si elles avaient brûlé d'on ne savait quel feu intérieur et les loups se tordaient et tournoyaient et bondissaient dans un tel silence qu'ils semblaient d'un autre monde tout à fait différent.»

Né à Providence (Rhode Island) en 1933, Cormac McCarthy a passé sa jeunesse dans le Tennessee. Dès ses premiers livres, il est comparé à Herman Melville, James Joyce et William Faulkner. Couronné par le National Book Critics Circle Award et le National Book Award, son oeuvre est considérée aujourd'hui comme l'une des plus marquantes de la littérature américaine contemporaine.



  • La revue de presse André Clavel - L'Express, décembre 2011

L'auteur de La Route n'a jamais dévié de la sienne, solitaire et secrète. La réédition de sa magistrale Trilogie des confins le rappelle...
Quant à la prose de McCarthy, elle claque comme un fouet et fait résonner une musique lancinante, un staccato étourdissant auquel s'accrochent des baroudeurs aux semelles usées par le malheur : dans un monde devenu fou, leur quête semble vouée à l'échec, mais ils n'y renoncent jamais et c'est ce qui la rend bouleversante...
C'est l'histoire de leur propre damnation que racontent les personnages de cette trilogie, mais il y a aussi, autour d'eux, l'éblouissante magie des grands espaces, des images poétiques fulgurantes découpées dans les horizons calcinés. Comme un western cosmique, une épopée américaine digne de Faulkner.


  • Les courts extraits de livres : 24/11/2011

LA FLAMME du cierge et l'image de la flamme du cierge captives dans le trumeau vacillèrent puis se relevèrent quand il entra dans le vestibule et de nouveau quand il referma la porte. Il retira son chapeau et s'avança lentement. Les lames du parquet craquaient sous ses bottes. Vêtu de son costume noir il se dressait dans la glace sombre parmi les si pâles lys penchés dans leur vase de cristal à la taille effilée. Il faisait froid dans le couloir où passaient à reculons les portraits d'ancêtres dont il n'avait qu'une vague idée et tous étaient sous verre et vaguement éclairés au-dessus de l'étroit lambris. Il baissa les yeux sur les restes du cierge fondu. Il pressa l'empreinte de son pouce dans la mare de cire tiède sur le chêne verni. Il finit par regarder le visage si creux parmi les plis du drap funéraire, les traits si tirés, la moustache jaunie, les paupières minces comme du papier. Ça ce n'était pas le sommeil. Ce n'était pas le sommeil.
Il faisait sombre dehors et froid et il n'y avait pas de vent. Un veau meuglait au loin. Il restait immobile son chapeau à la main. Tu te coiffais jamais comme ça de ton vivant, dit-il.
Il n'y avait pas d'autre bruit à l'intérieur de la pièce que le battement de la pendule sur la cheminée du salon. Il sortit et referma la porte.
L'obscurité et le froid et pas de vent et un mince récif grisâtre qui commençait à l'est au bord oriental du monde. Il fit quelques pas sur la prairie et s'immobilisa comme un suppliant son chapeau à la main, tourné vers les ténèbres qu'il y avait au-dessus de tous et il resta longtemps ainsi.
Il allait faire demi-tour pour rentrer quand il entendit le train. Il s'arrêta pour l'attendre. Il pouvait le sentir sous la plante de ses pieds. Le train surgi de l'est comme un obscène satellite du soleil prochain arrivait en hurlant et en mugissant au loin avec dans le long faisceau du phare filant à travers la broussaille enchevêtrée des mesquites l'interminable clôture découpée sur la nuit le long de la voie rigoureusement rectiligne pour être ensuite restituée fils et poteaux kilomètre après kilomètre aux ténèbres où la fumée de la chaudière se dissipait lentement sur le vague horizon naissant et maintenant le bruit mettait plus longtemps à lui parvenir et il restait là immobile avec son chapeau tenu à deux mains dans l'éphémère secousse souterraine suivant des yeux le convoi jusqu'à ce qu'il l'eût perdu de vue. Puis il fit demi-tour et rentra dans la maison.
Elle était devant le fourneau de la cuisine et elle releva la tête quand il entra et elle l'examina de bas en haut puis de haut en bas en le voyant habillé comme ça. Buenos dias, guapo, dit-elle.
Il suspendit son chapeau à un crochet près de la porte parmi des cirés et d'épais surtouts et toutes sortes de pièces de harnais et s'approcha du fourneau pour y chercher son café et le posa sur la table. Elle ouvrit le four et en retira un plat de brioches au sucre qu'elle avait préparées et en posa une sur une assiette qu'elle lui apporta et la posa devant lui avec un couteau pour le beurre et elle lui passa la main sur la nuque avant de reprendre sa place devant le fourneau.
Merci d'avoir allumé le cierge, dit-il.


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