Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

.. La guerre d'Algérie vue par les Algériens. Volume 1, Le temps des armes : des origines à la bataille d'Alger

Couverture du livre La guerre d'Algérie vue par les Algériens. Volume 1, Le temps des armes : des origines à la bataille d'Alger

Auteur : Renaud de Rochebrune | Benjamin Stora

Préface : Mohammed Harbi

Date de saisie : 17/11/2011

Genre : Histoire

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Médiations

Prix : 23.50 € / 154.15 F

ISBN : 9782207253342

GENCOD : 9782207253342

Sorti le : 13/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 18/11/2011

Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre : rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l'aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l'autre côté de la «ligne de front» pendant le conflit.

Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu'on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d'indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu'il s'agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l'utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des «héros», tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un tour totalement différent, et très instructif, dès qu'on les considère à partir de ce seul point de vue. Ce qui permet aussi d'éclairer d'un jour nouveau le destin contemporain de l'Algérie.

Renaud de Rochebrune journaliste et écrivain, rédacteur en chef à l'hebdomadaire Jeune Afrique, est notamment l'auteur de Les Patrons sous l'Occupation (Odile Jacob, 1995).

Benjamin Stora historien professeur des universités, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont La Gangrène et l'Oubli, la mémoire de la guerre d'Algérie (La Découverte, 1991) et Algérie, 1954-1962 (Les Arènes, 2010), ainsi que de nombreux films ou émissions de télévision sur la guerre d'Algérie.



  • La revue de presse Catherine Simon - Le Monde du 17 novembre 2011

Parmi les nombreuses publications de ces dernières années, on trouve le pire et le meilleur. Le livre de Stora et de Rochebrune appartient à la seconde catégorie. Leur travail, qui marie avec bonheur le talent du feuilletoniste et l'expertise de l'historien, offre un point de vue, au sens cinématographique du terme, à la fois original et actualisé - grâce à l'accumulation historiographique et à la connaissance des recherches les plus récentes...
On y croise et on y découvre un panthéon méconnu, celui des simples militants et des dirigeants algériens, célèbres ou oubliés, leurs espérances, leurs divergences, leurs imaginaires. Une belle fresque.


  • Les courts extraits de livres : 17/11/2011

Extrait de l'introduction

Ce pays n'est pas à eux»

«La lutte s'est engagée entre deux peuples différents, entre le maître et le serviteur. Voilà tout. Il est superficiel de parler comme le font les journaux d'un réveil de la conscience algérienne. C'est là une expression vide de sens [...]. Les Algériens n'ont pas attendu le XXe siècle pour se savoir algériens.» Le montagnard kabyle qui écrit ces lignes fin 1955, un an après le début de la guerre d'Algérie, n'est pas un indépendantiste radical. Encore moins un propagandiste du FLN, dont il approuve le combat nationaliste mais dont il dénoncera régulièrement tout au long du conflit les exactions contre les civils dans son journal, qui sera publié en 1962 peu après sa mort.
Cet auteur, l'instituteur et romancier plutôt francophile Mouloud Feraoun, apportera d'ailleurs volontiers quelques mois plus tard, à l'orée de l'année 1956, son concours à Albert Camus qui veut tenter d'instaurer une «trêve civile» entre les belligérants, autrement dit leur faire signer un accord pour protéger au moins les «innocents» des effets dramatiques du conflit meurtrier. Mais après l'échec de cette initiative quelque peu utopique pour instaurer une guerre «propre», vite sabordée d'ailleurs par des «ultras» de la colonisation, il apostrophera ainsi, dans son même journal et dans le même état d'esprit, le futur prix Nobel de littérature ainsi que son collègue écrivain d'Oran Emmanuel Roblès, qui étaient - et resteront - de ses amis : «Enfin, ce pays s'appelle bien l'Algérie et ses habitants les Algériens. Pourquoi tourner autour de cette évidence ? [...] Dites aux Français que le pays n'est pas à eux, qu'ils s'en sont emparés par la force et entendent y demeurer par la force. Tout le reste est mensonge, mauvaise foi.»
Vu d'aujourd'hui, même si quelques nostalgiques des temps coloniaux pourraient encore vouloir les contester, nul ne saurait évidemment être étonné ni même choqué outre mesure par ces propos d'un «indigène» plutôt favorisé mais avide d'émancipation. Pourtant, qu'un «discours» aussi vigoureux ait pu être tenu à cette époque, peu de temps après le déclenchement de la guerre et plus de six ans avant sa conclusion encore difficile à imaginer, par un écrivain modéré et pondéré, s'adressant de surcroît à des amis français réputés compréhensifs envers les revendications politiques des Algériens musulmans, est instructif. Par sa vivacité, il témoigne à quel point les lectures de la situation en Algérie, même par des hommes éclairés des deux bords, étaient irréconciliables dès le début du conflit - et certainement depuis toujours, d'ailleurs, pour la grande majorité des intéressés. Selon qu'on était «musulman» ou «européen», comme on disait alors, et sauf exception, on ne parlait tout simplement pas le même langage, on n'éprouvait pas les mêmes sentiments. Ni face au passé ni face au présent, caractérisés par un statut politique, économique et social si différent - et inégal - pour les uns et les autres.
Camus, ici mis en cause par un ami algérien, n'a pourtant pas encore «choisi sa mère», comme il le dira fin 1957 pour expliquer son horreur du terrorisme mais aussi un attachement indéfectible au «fait français» et à une solution fédérale en Algérie excluant formellement l'indépendance que ses engagements «progressistes» ne laissaient pas prévoir aux yeux de beaucoup. Et Mouloud Feraoun, bien que lucide sur l'enjeu du conflit, ne s'apprêtait nullement au milieu des années 1950 à abandonner ses convictions humanistes pour le maniement du fusil. Le prouvera si nécessaire son comportement ultérieur, notamment comme inspecteur des très «officiels» centres sociaux créés à l'initiative de l'ethnologue Germaine Tillion à travers l'Algérie, jusqu'à son assassinat par un commando de l'OAS juste avant la fin de la guerre.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia