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.. La nuit des pantheras

Couverture du livre La nuit des pantheras

Auteur : Nina Blazon

Traducteur : Nelly Lemaire

Date de saisie : 10/11/2011

Genre : Jeunesse à partir de 13 ans

Editeur : Seuil Jeunesse, Paris, France

Collection : Fiction grand format

Prix : 16.90 € / 110.86 F

ISBN : 9782021041521

GENCOD : 9782021041521

Sorti le : 27/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 10/11/2011

A la nuit tombée, les Pantheras errent dans la ville. Chacun pour soi et aucun pour tous, telle est la règle de ce peuple aux instincts de félins, qui cache à tous sa véritable nature. Le jour où plusieurs Pantheras sont assassinés, ça ne fait aucun doute : il y a un traître parmi eux. Alors, Gil se sent menacé. D'autant plus qu'il s'est entiché de Zoé, une jeune fille qui ignore encore qu'elle appartient, elle aussi, au peuple de la nuit... Osera-t-il enfreindre la loi ancestrale pour lui venir en aide ? Et Zoé lui accordera-t-elle sa confiance, dans un monde où règnent la méfiance et la peur ?

Née en 1969, Nina Blazon a publié plusieurs romans fantastiques et historiques, dont La Femme du vampire au Seuil Jeunesse. Elle est passionnée d'histoire, très attachée aux moeurs et croyances populaires de l'Europe de l'Est et à l'histoire scientifique, médico-historique des vampires.


  • Les courts extraits de livres : 10/11/2011

Signes

Elle dansait sous le stroboscope, dans un déluge d'éclairs. Et comme elle dansait ! En transe, les yeux clos. Ce n'était pas bon signe. Elle pouvait aussi bien cligner des yeux et se retrouver soudain à un autre endroit, un autre jour, avec une autre musique. La mâchoire ankylosée et des croûtes brunes sous les ongles.
Quel âge avait-elle ? Seize, dix-sept ans ? En tout cas, elle était un peu plus jeune que moi. À deux heures du matin, des filles comme elle devraient se trouver dans leur lit et s'agiter en rêvant au contrôle de maths du lendemain. Je me demandais comment elle avait fait pour entrer au Mata Hari. Le gorille de faction ne l'avait sans doute pas vue à cause de la bagarre. Elle était assez petite pour ça. Je n'ai rien d'un géant, mais elle m'arrivait tout au plus à l'épaule. C'était l'une de ces filles délicates au teint de Blanche-Neige. L'une de celles qui croquent n'importe quelle pomme empoisonnée. Pourtant, elle ne donnait pas l'impression de se laisser facilement tuer par le poison.
Je fis comme si je ne l'avais pas remarquée. Mais quand il faut se mentir à soi-même lorsque les pensées commencent à vibrer, que les couleurs deviennent plus vives et que l'on ne voit plus que cette fille sur la piste, ce n'est pas bon signe. En tout cas pas chez moi.
Ni ? la regarde plus, m'ordonnai-je. Fiche le camp ! Ça vaut mieux pour elle. Et pour toi.
Mais mon corps ne m'obéissait pas. Je percevais les détails les plus infimes : ses cheveux noirs et lisses qui lui tombaient dans le dos, ses longs cils et la fine ligne de ses pommettes. Il y avait dans ses traits quelque chose de doux et de touchant - je sentis mon coeur battre chaudement, là où siégeait parfois aussi la douleur. Elle portait un jean blanc et un T-shirt avec un énorme point rouge sur la poitrine. Une fana du Japon ? Une onde d'inquiétude refoula juste à temps mon désir de l'aborder. Laisse-la ! Ça ne te regarde pas. Et tu ne l'intéresses pas. Je fus alors presque soulagé de me convaincre que je ne ressentais que de la pitié. Rien que de la pitié, Gil ! Pas de danger pour toi !
Bon sang, elle ne se doutait vraiment de rien.
Cette façon qu'elle avait de rejeter ses cheveux en arrière au rythme de la musique, le trouble que l'air puisait entre nous, tout cela m'empêchait de me détourner d'elle. Dans la lumière heurtée du stroboscope, où les danseurs évoluaient par saccades, ses mouvements glissaient. Elle bougeait plus vite que les autres, mais elle ne le savait pas. Et c'était manifestement un troisième mauvais signe.


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