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.. Le sabre du condamné : Une enquête de Sugawara Akitada

Couverture du livre Le sabre du condamné : Une enquête de Sugawara Akitada

Auteur : Ingrid J. Parker

Traducteur : Isabelle Chapman

Date de saisie : 17/11/2011

Genre : Policiers

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Belfond noir

Prix : 20.50 € / 134.47 F

ISBN : 9782714447029

GENCOD : 9782714447029

Sorti le : 03/11/2011

  • Les présentations des éditeurs : 17/11/2011

Amours impossibles, trahisons, crimes crapuleux, le nouveau volet d'une série récompensée par le prestigieux Shamus Award. Un roman policier épique au coeur de l'ancien Kyoto.

Pour Sugawara Akitada, un serment est sacré. Aussi, quand il apprend la mort de son ami Haseo, injustement envoyé au bagne, il n'hésite pas un instant à déserter son poste au ministère de la Justice pour honorer sa promesse : réhabiliter le nom de son camarade.
Mission délicate quand on a pour seul indice le sabre laissé par le condamné...

Dans un Kyoto en pleine épidémie de variole, déserté par ses dirigeants, tombé à la merci de gangs assoiffés de violence, Akitada et son fidèle serviteur Tora vont se lancer dans une périlleuse enquête, sur les traces d'une vénéneuse fausse nonne, d'un maître d'armes véreux et d'un assassin plus que mystérieux...

Née en Allemagne, I. J. Parker est une spécialiste de la culture et de l'histoire du Japon. Après, entre autres, L'Énigme du second prince et L'Énigme du paravent des enfers. Le Sabre du condamné est le sixième volet de la série publiée chez Belfond et reprise chez 10/18.

«Parker a créé un formidable héros en la personne d'Akitada qui, pieds et poings liés par la tradition, me retrouve en conflit avec sa bonne volonté naturelle. Ses personnages secondaires [...] sont peints avec beaucoup de réalisme. Elle nous met à notre aise avec le Japon du XIe siècle en montrant les similarités entre le passé et le présent : les polices territoriales, le spécialiste médico-légal hautain, les baumes et les potions les plus récentes, les effets secondaires apaisants d'une gorgée de vin, l'intemporalité des discordes familiales, l'avidité et la luxure, le danger et le meurtre. Comment un homme bon peut être dissuadé de faire ce qu'il sait, en son coeur, être bien.»

Boston Globe


  • Les courts extraits de livres : 17/11/2011

Extrait du prologue

LES CLOCHES DU TEMPLE

À LA QUINZIÈME NUIT DU CINQUIÈME MOIS, Tomoe trouva la mort. Hormis qu'elle avait omis de fêter son anniversaire, c'était la fin d'un jour comme un autre. Elle connaissait bien le chemin pour l'emprunter quotidiennement depuis deux ans, toujours avant la tombée de la nuit, afin d'être encore en mesure de s'aider du peu de formes qu'elle distinguait.
En passant devant le cabaret, le riche arôme de la soupe de poisson lui emplit les narines. L'eau lui monta à la bouche : si seulement elle avait pu boire une coupe de saké pour marquer l'heureux événement ! Mais elle n'aurait ni liqueur de riz, même de la plus mauvaise qualité, ni soupe de poisson. Pourtant, aujourd'hui, parmi sa récolte de piécettes de cuivre brillait une pièce d'argent. En serrant son luth contre sa poitrine, elle sentit les ronds de métal rouler sous le revers de son vêtement.
Au moment où elle franchissait la porte monumentale du marché, quelqu'un la bouscula. Une main se coula contre son flanc par-derrière et lui palpa le sein. Avec un cri de fureur, elle fit volte-face et se dévoila le visage. Le malotru émit un juron : celle qu'il venait de peloter n'était pas une jeune et jolie prostituée mais une ogresse ! Tomoe résista à l'envie de retrousser ses lèvres et de cracher comme un chat.
Ils détestaient tous voir son visage. Et qui donc les en blâmerait ? Elle avait vu des victimes de la variole avant d'être elle-même contaminée, avant que la maladie ne la rende aveugle. La figure grêlée, le nez et la bouche déformés, tordus, la peau tavelée de rouge et de pourpre : un hideux masque de démon. L'ennui, c'était que son corps jeune et svelte attirait la convoitise.
Passé la porte du marché, elle se retrouva dans la rue. S'enjoignant au calme, elle tendit l'oreille au bruit des cavaliers et des roues des chars à boeufs. Même les coursiers présentaient un danger. Combien de fois avait-elle été renversée et piétinée !
Elle avait, outre les risques inhérents à son handicap, d'autres raisons d'avoir peur. Entre les gueux, les mendiants, les putains, il existait une solidarité dont une femme de sa caste était exclue. Celles de son espèce, on les laissait crever dans le caniveau. Dire que jusqu'à récemment elle s'était crue en sécurité dans sa nouvelle vie.
Le soleil s'était couché. Tomoe, hâtant le pas, avança sa main libre en tâtonnant à la recherche de la clôture, puis la laissa glisser sur les tiges de bambou jusqu'au mur en pisé de la maison. Le contact tactile et les odeurs lui servaient de guide. Et toujours, les sons. Quand elle respirait les effluves d'une cuisine, son estomac se contractait. Chez elle son garde-manger contenait en tout et pour tout un peu de millet, un bout de chou aux feuilles ramollies et une lamelle de poisson séché. Peu importait. Elle s'en tirerait encore un certain temps.
En longeant la maison longue où les journaliers louaient des chambres à bon marché, elle entendit de nouveau ce bruit de pas, des pas irréguliers, mais toujours les mêmes : un court, un traînant, un court, un traînant... Son sang se glaça. La première fois qu'elle avait été suivie, elle avait pensé à un vieillard qui rentrait chez lui. La deuxième fois, elle avait eu le cran de s'arrêter pour voir si l'inconnu souhaitait lui parler. Les pas avaient cessé aussitôt. Alors l'effroi l'avait saisie.
Le plus terrifiant dans la cécité, c'était que tout ce qu'on ne parvenait pas à identifier prenait dans votre esprit des allures bizarres et des proportions menaçantes.


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