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.. Ces voix que j'entends encore

Couverture du livre Ces voix que j'entends encore

Auteur : Madeleine Chapsal

Date de saisie : 05/01/2012

Genre : Essais littéraires

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 9782213666471

GENCOD : 9782213666471

Sorti le : 09/11/2011

  • Les présentations des éditeurs : 19/11/2011

«Dans ma bibliothèque gît un trésor !
Vingt-deux gros volumes qui rassemblent tous les premiers numéros de L'Express qui vont de 1953 à 1964. A côté des signatures de l'élite politique et intellectuelle, on y trouve mes entretiens littéraires.
Ceux que j'ai recueillis au cours de cette prestigieuse décennie auprès d'écrivains et d'artistes renommés, pour la plupart d'entre eux les uns restés célèbres, les autres moins, mais tous représentant un sommet.
Merveille de constater à quel point ces paroles émises avec profondeur et intelligence nous touchent et aussi nous amusent : chacun ayant la langue aussi bien aiguisée que la plume...
Si je les entends encore, c'est que, d'une certaine façon, ces belles et fortes voix nous accompagnent et parfois nous précèdent.»

Madeleine Chapsal

Madeleine Chapsal compte parmi nos auteurs français les plus populaires. Ses fidèles lectrices lui avouent se reconnaître dans chacun de ses livres.
Romancière, journaliste, dramaturge, elle a récemment publié chez Fayard : A qui tu penses quand tu me fais l'amour ?, La mort rôde et Deux Soeurs. Après le premier tome de son Journal d'hier et d'aujourd'hui, Madeleine Chapsal, ancienne membre du jury Femina, a raconté comment elle en a été exclue avec fracas dans L'Exclusion.
Depuis, elle a publié deux autres tomes de ce journal, ainsi que Paroles d'écriture (Bordessoules) et Vionnet, ma mère et moi (Michel Lafon).
Madeleine Chapsal crée aussi pour les enfants comme en témoigne Bzzi Bzzi vole dans la prairie (Le Croît vif Junior) dont elle a dernièrement signé illustrations et textes.



  • La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 4 janvier 2012

Le journalisme, c'est l'art de la rencontre. Être là au bon moment, devant la bonne personne. Planter son regard sur la réalité et écouter ceux qui font l'actualité. Comme tapi dans l'ombre, observateur le plus discret possible. Puis, rentré chez soi ou au bureau, raconter ce que l'on a vu et entendu. Elle en a vu et entendu, Madeleine Chapsal ! Elle en a raconté et rencontré, des gens et des événements. Parvenue non loin du terme de ce parcours professionnel (elle est née en 1925), la prolifique journaliste et romancière propose dans le dernier de ses nombreux ouvrages (pas loin de quatre-vingt-dix en quarante ans !) une série d'entretiens et de rencontres réalisés pour L'Express entre 1959 et 1964...
En picorant dans ce recueil, où l'on monte et descend car tout ne se vaut pas (Belmondo n'est pas Paulhan...), on rencontre des personnages attachants, déroutants, troublants, ou admirables, détachés, souverains, obscurs ou franchement surréalistes.


  • Les courts extraits de livres : 19/11/2011

10 septembre 1959

Jean-Paul Sartre

Quand j'ai entendu parler de Jean-Paul Sartre, c'était après la guerre et ce fut l'explosion. Chacun de ses livres, qu'on lisait dans l'instant, paraissait capital tant cet auteur indéfinissable, prônant la liberté en tous domaines, couvrait de terrain. Aussi bien celui de la pensée que de la littérature, de l'histoire et de la politique. L'époque avait besoin de nouveauté et ce petit homme aux yeux discordants l'apportait à foison !
Dans sa vie privée, déjà, par la multiplicité affichée de ses liaisons et son amour «contingent» pour Simone de Beauvoir.
Né à Paris le 21 juin 1905, normalien, agrégé de philosophie, il se lance très vite dans l'écriture et la publication : Le Mur, La Nausée, L'Être et le Néant -, mais ce n'est qu'après la Libération qu'il devient le «pape de l'existentialisme», mouvement de pensée inspiré par les philosophes allemands Husserl et Heidegger. Dès lors tout lui réussit : son théâtre (Huis clos, Les Mouches, La Putain respectueuse, Les Mains sales...), ses essais (Réflexions sur la question juive, Les Chemins de la liberté, Saint Genêt, L'Idiot de la famille...), son récit autobiographique : Les Mots...
Contesté sur le tard pour ses prises de position en faveur du Parti communiste, puis des groupuscules gauchistes, affligé de cécité, critiqué mais non délaissé, il meurt à Paris le 15 avril 1980. Généreux par nature, ouvert à autrui, il m'a répété : «Et vous, qu'écrivez-vous ? Vous devriez écrire... Tout le monde doit raconter sa vie...»

Sartre surveille le lancement d'une tragédie, celle des hommes du demi-siècle.

Dans le silence désert de la salle toute refaite, toute repeinte du théâtre de la Renaissance, porte Saint-Martin, la voix de Serge Reggiani détone en éclats brefs. Assis dans un fauteuil de velours rouge tout neuf également, un seul spectateur : Sartre. Depuis quinze jours il est là chaque soir, servant activement de lien entre son texte, le metteur en scène François Darbon et les acteurs, surveillant la naissance de sa pièce qui doit être montrée le 19 septembre.
Serge Reggiani, blouson noir (dans la pièce il sera en uniforme allemand), Marie Ollivier, un large visage de chatte blonde, un chandail jeté sur les épaules de sa robe claire, «filent» une nouvelle fois la scène I de l'acte II. Darbon les interrompt, cherchant avec eux la meilleure façon de ne rien perdre d'un texte dense et tragique. Sartre donne de temps à autre des précisions ; voilà ce qui se passe chez Franz, chez Léni.
On vient le prévenir que des journalistes l'attendent. Nous traversons les coulisses où Evelyne Rey, lisse et belle jeune femme, essaie une robe qu'elle portera dans la pièce. Vibrant de cette attention et de cette politesse vraie qui font de lui un homme à part, J.-P. Sartre va s'entretenir quelques instants avec les envoyés de France-Soir, du Figaro, de France-Observateur. (Quel est le sujet de votre pièce ? Que pensez-vous de la déclaration qu'a faite sur vous André Malraux ? Sartre : «Un individu privé n'a pas à se défendre contre les calomnies d'un ministre... Je ne polémiquerai pas non plus directement, d'écrivain à écrivain avec lui... Pas de querelle de Vadius à Trissotin...»)


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