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Auteur : Richard Prost
Date de saisie : 18/11/2011
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 33.50 € / 219.75 F
ISBN : 9782832104651
GENCOD : 9782832104651
Sorti le : 04/11/2011
Après trente-trois ans passés au sein de la compagnie des sapeurs-pompiers de la ville de Carouge, et ayant terminé ma carrière de pompier volontaire comme remplaçant du commandant, je me suis dit que cette compagnie, la plus ancienne du canton, méritait bien un ouvrage racontant son histoire.
Ce livre didactique se veut d'expliquer d'une manière simple et documentée l'histoire de ces soldats du feu qui, dès 1780, se mirent au service de la population.
Au début, sous le pouvoir politique bienveillant de Victor-Amédée III, roi de Sardaigne, un matériel rustique fut mis à disposition de nos sapeurs, payé par souscription.
Au fil des années, et après plusieurs bouleversements politiques, la ville de Carouge se développa d'une manière importante, jusqu'à l'aube du XXe siècle. Cela obligea les autorités communales à organiser un service d'incendie de grande importance, en fonction de l'augmentation de la population.
Plus près de nous, et après deux guerres mondiales, l'obligation d'avoir une compagnie de mieux en mieux équipée, et de plus en plus entraînée, amena les sapeurs-pompiers de la ville de Carouge à devenir en cette année 2011 une des plus importantes compagnies du canton.
Nous ne doutons pas que nos chers pompiers continueront leur mission contre vents et marées durant encore de très nombreuses années, et ne pouvons que leur souhaiter une longue vie.
Extrait de l'introduction
La genèse de la lutte contre le fléau du feu, commence déjà à la haute Antiquité. Au vnT siècle avant J.-C., le poète grec Homère raconte dans l'Iliade la destruction de la ville de Troie située en Asie mineure, par un gigantesque incendie à la suite de la guerre qui aurait opposé les Grecs d'Achille aux Troyens de Priam.
Depuis cette époque, le nombre des grands incendies recensés est impressionnant. On peut noter l'incendie de l'Acropole en 480 avant J.-C, ainsi que le grand incendie de Rome en l'an 64 de notre ère. Cet incendie, qui ne fut pas le premier dans cette cité, s'était déclaré dans la partie contiguë au mont Palatin. Seuls quatre quartiers sur quatorze furent épargnés. Ce gigantesque feu dura plusieurs jours.
Mais sous l'Empire romain, les prémices d'une organisation avait été mis en place. Les «Vigiles urbani» étaient aptes à combattre le feu au moyen de seaux et de pompes rudimentaires pour le transport de l'eau d'extinction. Cela permit dès cette époque d'avoir des moyens d'intervenir plus ou moins efficacement sur des sinistres de peu d'ampleur.
A Genève, c'est en 1321 que l'on retrouve une première mention détaillée d'un grave sinistre, qui se déclara à la hauteur de l'actuelle rue de la Rôtisserie, dont le nom pourrait provenir, selon certaines sources, de cet énorme feu.
Le 4 septembre 1334, eut lieu le plus grand incendie de la Genève du Moyen Age. Les deux tiers de la cité furent alors détruits, et 480 personnes semble-t-il, périrent dans la cité qui comptait alors environ 4 000 habitants.
Puis, dans la nuit du 21 avril 1430, c'était au tour de la cathédrale Saint-Pierre, qui brûla presque entièrement à la suite d'un incendie qui s'était déclaré quelques rues plus loin.
Un désastre majeur survenu dans notre pays fut le tremblement de terre de Bâle, le plus important événement sismologique connu d'Europe centrale. Il fut suivi le 13 octobre 1356, vers 22 heures, d'un gigantesque incendie à l'intérieur des remparts.
Il dévasta entièrement la ville. De très nombreuses destructions furent constatées dans une région s'étendant à la France et à l'Allemagne. Des répliques suivirent durant la nuit du 18 au 19, et les secousses sismiques durèrent une année. La magnitude à été estimée à environ 6,5 sur l'échelle de Richter. À peu près 300 morts furent à déplorer dans la seule ville de Bâle.
En 1405, c'était la ville de Berne qui était touchée, dont les trois quarts partirent en fumée. Dès cette date, les constructions en bois firent place peu à peu à des maisons à colombages et en pierre. Les toits, constitués de bardeaux de bois, ont été remplacés progressivement par des tuiles en argile.
Genève, dut de nouveau faire face à un énorme incendie dans la nuit du 17 au 18 janvier 1670 où, peu avant minuit, le feu se déclencha au «pont bâti», qui enjambait le Rhône pour relier «La Monnaye à Saint-Gervais». Ce pont en bois, construit sur pilotis, était jalonné de chaque côté en aval et en amont du Rhône, de rangées de maisons en bois traversant l'île, déjà flanquée d'une tour. L'incendie se déclara dans les parties inférieures des habitations pour une raison inconnue, trouvant dans les échoppes des artisans un combustible de choix. Les habitants, résidant en majorité dans les étages, furent piégés par le feu et la fumée. En moins de deux heures, l'intégralité de la partie gauche du pont en suivant le fil du Rhône, fut détruite. L'incendie fut stoppé par la tour de la Monnaie, et par la tour de l'île en son centre.
Au petit matin, l'on dénombra pas moins de 122 morts, hommes, femmes et enfants, et 800 sinistrés et blessés.
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