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.. Pékin à l'ombre du mandat céleste : vie quotidienne et gouvernement urbain sous la dynastie Qing (1644-1911)

Couverture du livre Pékin à l'ombre du mandat céleste : vie quotidienne et gouvernement urbain sous la dynastie Qing (1644-1911)

Auteur : Luca Gabbiani

Date de saisie : 03/02/2012

Genre : Histoire

Editeur : Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, France

Collection : En temps & lieux, n° 25

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7132-2289-4

GENCOD : 9782713222894

Sorti le : 08/09/2011

  • Le courrier des auteurs : 02/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un être ordinaire de 42 ans (bientôt 43 !), marié et père de trois enfants (trois filles plus belles les unes que les autres bien évidemment), qui a la chance de pratiquer son métier d'historien (le plus beau du monde, cela va de soi) sur les lieux mêmes qu'il étudie : la Chine.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le sujet du livre est la ville de Pékin sous la dynastie des Qing (1644-1911), et le thème principal, l'administration urbaine et son évolution au cours de cette période.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Que les villes fassent à nouveau office, aujourd'hui, de laboratoires ou de terrains d'expérimentation de la Chine de demain n'est [...] pas entièrement le fait du hasard [...] : il nous importe de souligner la profondeur historique du phénomène, que ces pérégrinations à travers l'histoire du Pékin de la fin de l'empire contribuent à illustrer.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Si mon livre était une musique, j'aimerais qu'il sonne un peu à la manière du morceau «Crossroads» de Tom Waits, dans l'album «The Black Rider».

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma fascination pour l'histoire, et pour tout ce qu'elle a à nous dire des temps présents.


  • Les présentations des éditeurs : 03/02/2012

Comment la ville de Pékin fut-elle gouvernée sous la dynastie des Qing, dans un pays où la ville semble ne pas avoir eu de réalité administrative ? Après avoir dressé un portrait historique inédit de cette métropole hors du commun, Luca Gabbiani décrit au plus près le fonctionnement des instances du gouvernement urbain, dominées par le fait impérial mandchou. Les domaines de la sécurité et de la justice sont au coeur de cette gestion, de même que l'assistance publique et l'entretien des infrastructures urbaines telles que la voirie.
Un éclairage est porté sur les réformes profondes engagées au début du XXe siècle, ouvrant des perspectives aussi saisissantes que peu conformes aux opinions communément admises. Laboratoire de ces efforts de modernisation, Pékin a servi de modèle et d'étalon à d'autres villes du pays. Demeuré largement dans l'ombre jusqu'à présent, cet apport contredit l'idée communément admise, qui voudrait que l'expérience pékinoise au cours des dernières décennies du régime impérial n'ait eu qu'une incidence marginale, sinon négative, sur la transformation du pays et sur l'édification de son futur.

Historien, spécialiste de la Chine impériale tardive (XVIIe-XXe siècles), Luca Gabbiani est maître de conférences à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO). Après quatre années passées au Centre EFEO de Taipei (Taiwan) de 2007 à 2011, il est à présent en poste au Centre EFEO de Pékin.



  • La revue de presse Frédéric Keck - Le Monde du 10 novembre 2011

Il se présente comme une enquête historique sur les fonctionnaires impériaux qui ont fait Pékin à la fin du XIXe siècle. Renversant le préjugé selon lequel la capitale de l'Empire mandchou aurait connu un long déclin, tandis que la richesse passait par les ports (Tianjin, Shanghaï, Hongkong), Gabbiani montre l'inventivité des élites lettrées qui font construire lignes de tramways et voies de canalisation, alors même que la ville ne jouit pas d'un statut administratif distinct...
A l'heure où les villes chinoises font l'objet de nombreuses questions, cette histoire de Pékin offre de savoureuses archives.


  • Les courts extraits de livres : 03/02/2012

Extrait de l'introduction

L'histoire urbaine est aujourd'hui un des champs les plus dynamiques de la recherche historique consacrée à la Chine impériale tardive. Pourtant, les formes de gouvernement des villes du pays et leurs évolutions dans le temps demeurent très largement aux marges des interrogations des historiens, un constat étonnant quand on sait que, dès les années 1910, Max Weber avait élaboré son modèle de la ville chinoise comme le lieu par excellence du pouvoir étatique, tout à la fois symbole de l'autorité impériale centralisée et siège privilégié de ses représentants (WEBER, 1982 [1921] : chap. 1er, 2000 [1916] : chap. 1er). Il n'est pas question d'affirmer ici que ce volet du phénomène urbain en Chine nous soit totalement inconnu (CARTIER, 1970), mais force est de constater qu'à quelques rares exceptions près, il est difficile, dans l'état actuel de nos connaissances, de décrire de façon concrète et précise le gouvernement de telle ville avant l'extrême fin du XIXe, sinon les débuts du XXe siècle. Cette situation s'explique de différentes façons.
On notera en premier lieu que depuis l'unification de l'empire, en 221 avant notre ère, jamais les villes en Chine n'ont joui d'un statut administratif distinct. Elles furent systématiquement fondues dans le réseau des circonscriptions territoriales, composé sous les Qing de trois subdivisions hiérarchiques principales : les sous-préfectures et les départements (xian et zhou), les préfectures (fui et les provinces (sheng). Or, outre les villes elles-mêmes, qui en étaient souvent les sièges administratifs, ces entités territoriales englobaient des zones rurales très étendues. Cette caractéristique aurait contribué à brouiller la différence entre villes et campagnes dans la pratique gouvernementale, le «cahier des charges» des représentants locaux de l'État impérial ne comprenant pas de responsabilité exclusivement urbaine. Un rapide survol des nombreux manuels et vade-mecum à l'usage des fonctionnaires de la période impériale tardive confirme l'absence de perspective proprement urbaine de gouvernement, quand bien même l'essentiel de l'activité administrative de ces hommes se déroulait dans un cadre citadin En soi, cela ne signifie pas que les villes ne tenaient pas une place à part dans la pratique quotidienne des administrateurs chinois - on imagine mal en effet comment cela n'aurait pas été le cas au moins pour les plus grandes d'entre elles, tant leurs réalités respectives différaient, et tant elles se distinguaient, sous les Ming et les Qing, de l'expérience vécue par les communautés rurales du pays. Cela implique simplement qu'aucune distinction n'était établie entre les dimensions urbaines ou non de leurs responsabilités administratives.


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