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.. Comédiens & costumes des Lumières : miniatures de Fesch et Whirsker, collection de la Comédie-Française

Couverture du livre Comédiens & costumes des Lumières : miniatures de Fesch et Whirsker, collection de la Comédie-Française

Auteur : Joël Huthwohl

Préface : Christian Lacroix

Date de saisie : 21/11/2011

Genre : Arts

Editeur : Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France | Centre national du costume de scène, Moulins, France

Collection : D'un regard l'autre

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 9782358480307

GENCOD : 9782358480307

Sorti le : 06/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 04/02/2012

Conservée par la Comédie-Française, l'exceptionnelle collection de gouaches réalisées par Jean-Louis Fesch et son associé Whirsker entre 1760 et la Révolution est présentée ici pour la première fois dans son intégralité. Elle fait revivre les scènes de la Comédie-Française, de la Comédie-Italienne et de l'Opéra autour desquelles gravitait le Paris artistique et littéraire de l'époque : ces deux maîtres de la miniature saisissent des «arrêts sur image» de comédiens dans le mouvement de l'action dramatique et restituent avec minutie ces autres acteurs clés de l'illusion théâtrale que sont les costumes.

Durant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le Paris et l'Europe des arts et de la littérature gravitent autour de la vie théâtrale, alors foisonnante et animée comme rarement. Ce livre en témoigne à travers une collection de fines «miniatures» (des gouaches sur vélin) qui font revivre les grandes scènes de l'époque, à commencer par celle de la Comédie-Française. Leurs auteurs, portraitistes de talent, font oeuvre originale en saisissant des arrêts sur image de comédiens en pied dans le mouvement de l'action dramatique.
Et ils éclairent cet acteur clé de l'illusion théâtrale qu'est le costume. Ainsi cet ouvrage complète-t-il L'art du costume à la Comédie-Française, «beau livre» publié simultanément à l'occasion de l'exposition au Centre national du costume de scène de Moulins.


  • Les courts extraits de livres : 04/02/2012

Extrait de la préface de Christian Lacroix

Je viens de découvrir les gouaches de Fesch et Whirsker que j'ignorais. Avec un minuscule effort d'imagination, j'ai presque l'impression de voir exhumés là un incunable du cinéma «ante-Lumière» (les frères), une insoupçonnable lanterne plus que magique : réelle, naturelle, scientifique. J'en entendrais presque les voix de la Clairon ou de Lekain, scandant leurs alexandrins, déclamant leur tirade ou déclenchant les rires du public de la Comédie-Française. Fascination quasi «pathologique» chez moi, depuis l'enfance, que cette Recherche du temps perdu-z. Si le paradis existe, je le verrais volontiers comme une machine à remonter le temps. Non pas pour «rencontrer», comme lors de ces caricaturales séances de spiritisme, les people de l'histoire - Cléopâtre et Napoléon semblant les plus «invoqués» - mais bien plutôt pour scruter le quotidien, les couleurs, les goûts, les odeurs, les intonations, les accents, les voix, les demeures, les paysages. Et bien entendu les spectacles, décors et costumes.

Fesch et Whirsker comblent donc une partie de cette curiosité maladive, cet attrait incoercible pour les siècles passés qui m'ont longtemps fait penser que je ne pouvais travailler qu'avec un Luchino Visconti, expert à ressusciter les époques dans leurs moindres détails. Avant que je ne comprenne que c'était là mission vaine, illusoire, impossible, d'atteindre à la fois le maestro et un tel idéal de reconstitution. Mais c'est une autre histoire. Qui ne m'empêche pas de rêver à la restitution, même chimérique, fallacieuse, truquée d'avance, des costumes représentés sur ces gouaches. Non seulement les étoffes, les teintures, les savoir-faire, même s'ils peuvent nous sembler parfois immémoriaux, ont changé, évolué, irrémédiablement, mais ils ont été créés dans le bain d'une période évanouie. Et, bien sûr, «interprétés» par Fesch et Whirsker, malgré tout leur souci sincère de réalisme et de précision du moindre détail.

Au déroulement du «film» de toutes les figurines se dessine un «style» F&W : un trait, avec parfois des maladresses un peu naïves ou archaïques, comme dans la raideur de certaines postures et, parallèlement, paradoxalement, une belle habileté, comme dans le mouvement évocateur de l'Arlequin en Colonel Bombe à la tête de son régiment. À moins que cette rigidité compassée autant que cette vivacité suggestive ne soient justement le fidèle reflet, au plus près des mimiques et de la gestuelle, de ce qu'était alors l'art de la tragédie et de la comédie - c'est plus que probable. Et la gaucherie, au-delà du charme, est elle-même expressive, malgré l'impression, souvent, que «F&W», appelons-les un peu cavalièrement ainsi, utilisent parfois des «gabarits» de chaque «star» qu'ils «rhabillent» d'un rôle à l'autre. Mais sans doute aussi ces comédiennes et acteurs avaient-ils basé leur gloire sur un style propre, reconnaissable entre tous, comme, bien plus près de nous, les gesticulations d'un Louis de Funès, les poses d'une Marie Bell, d'une Edwige Feuillère, ou la fougue d'une Maria Callas.


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